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Faire son coming out de TSE

Cet article est un peu plus sérieux que les autres et un peu plus long aussi. Il fait suite à plusieurs demandes que j'ai eues de TSE qui voulaient des conseils. Il sera un peu unique dans son genre (je ne m'essayerais pas souvent à ce genre d'exercice... C’est... Ouahouuu... fatiguant) J'espère qu'il répondra à certaines de vos questions et la prochaine fois, on fera dans du plus léger!

Et c'est parti :

Comme on le sait si bien (sinon vous ne seriez pas là, bande de petits coquinous, vous seriez en train de jouer à Candy Crush sur Facebook / si si, je le sais, les gens font ça!), donc il n'est pas toujours facile de côtoyer des TOUT LE MONDE et nombreux sont les pièges à éviter si on ne veut pas se retrouver les deux lobes du cerveau cassés et plâtrés dans l'hôpital le plus proche un jour de fête à 3 heures du matin.

Pour éviter cela (et épargner la sécu qui a un gros trou -comme chacun le sait- ce qui n'est pas très subtil, vous en conviendrez aisément) il existe des petites astuces que j'ai expérimentées et qui ont été très efficaces pour moi et mes amis TSE. Bien sûr, je n'ai aucune vocation d'être un gourou, donc chacun fait comme il veut, écoute son cœur et ses gros orteils. Je n'énonce aucune vérité, juste quelques idées et je suis même preneuse de nouveaux conseils car on a jamais fini d'apprendre et heureusement parce qu'on se ferait sacrément chier.

Reprenons les choses dans l'ordre :

Phase 1 : Vous en êtes au début de la découverte de votre fonctionnement cognitif et émotionnel et cette nouvelle bouleverse votre vie. Vous enchaînez les périodes de joie ("C'est pour ça qu'à 5 ans blabla...") et de tristesse ("Mais alors, je suis vraiment différent, comment je vais faire, c'est affreux....") puis à nouveau de joie ( "Toi aussi tu es TSE, mais alors, je ne suis pas toute seule et tu me comprends, c'est merveilleux patati patata") puis re-de tristesse ("Mais je ne vais jamais pouvoir dire ça à quelqu'un, je me sens si seul" etc. etc.) et on continue comme ça sur plusieurs mois ou plusieurs années / tout dépend. Vous vous êtes renseigné, vous avez lu des livres, vous avez peut-être même parlé avec un psy, vous êtes allé sur des forums et vous êtes passé par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel (c'est beau les arcs en ciel!) Bref, vous SAVEZ.

Phase 2 : Vous avez donc une bonne maîtrise du sujet, vous connaissez les caractéristiques qui vous sont propres et vous êtes capable de faire une description assez exhaustive de ce qu'est un TOUS SEULS en général et en particulier. C'est bien, c'est super, vous avez fait du chemin. (Félicitations à vous, ce chemin n'est jamais facile).

Maintenant il faudrait en parler à votre entourage, à vos amis peut-être votre famille... (Attention, je parle ici uniquement de vos proches TOUT LE MONDE. Les TSE qui vous entourent ne sont pas concernés du tout par les propos qui vont suivre.) Bref, essayer d'en faire quelque chose, passer à l'action. Pour certain, cette phase est particulièrement difficile et quelques fois ça ne sera jamais dit. Ce n'est pas grave, encore une fois : Respectez-vous! Et pour quelques autres plutôt "bruts de fonderie" (sans vouloir me citer, je ne suis pas du genre à me mettre en avant :p ) vous foncez tête baissée comme un taureau, emplie de l'illusion que TOUT LE MONDE sera content pour vous de pouvoir mettre un mot sur la souffrance que vous exprimez depuis si longtemps (et qui a tendance à gonfler TOUT LE MONDE!! - "Mais elle a tout pour être heureuse de quoi elle se plaint, celle-là!")

Et c'est à ce moment que ça devient vraiment comique parce que les bisounours, c'était dans le Club Dorothée et franchi l'écran, on est plutôt dans Ken Le Survivant et ça va saigner. Mais remercions quand même ce retour violent à la réalité qui nous permet d'avancer et de comprendre (et passons sur les petits saignements de cœur : La coagulation est un processus très efficace).

Donc je vous conseillerais toujours d'être honnête si vous en avez la force et / ou la possibilité.

Avant de vous jeter à l'eau posez-vous cette question : A quoi ça va vous servir d'en parler? Que voulez-vous vraiment?

Exemples concrets et variés : Vous voulez que votre mère cesse de vous demander de devenir une passionnée inconditionnelle du ménage et de la cuisine. Vous voulez que vos amis cessent de vous dire "Tu te prends trop la tête" 10 fois par jour. Vous voulez qu'on cesse de vous obliger à participer au repas de famille avec 20 personnes tous les dimanches. Vous voulez qu'on cesse de vous dire qu'il faut trouver un travail stable et que vous feriez un fabuleux comptable dans la fonction publique. Vous voulez qu'on cesse de vous reprocher de pleurer quand vous regarder les informations, qu'on arrête de vous dire "Tu es trop sensible" "Conduis-toi normalement" "Sors en boîte avec des amis" etc. Cette étape de questionnement sur ce que vous voulez changer dans votre vie est primordiale, car vous allez expliquer votre TOUSEULITUDE pour que les choses avancent et se transforment. Une fois tout ça bien au point dans votre tête (avec argument à l'appui, exemples etc.) vous vous lancez.

Profitez d'un moment calme devant un café avec vos parents / votre grand-mère / vos meilleurs amis / vos frères et sœurs et attaquez simplement par une question anodine, tout  à fait à propos dans la situation qui nous occupe :

Vous : "Tu as déjà entendu parler des "enfants précoces"?" (Oui, vous êtes adultes aujourd'hui mais les EIP c'est un bon repère pour les gens, en général, ils connaissent, c'est un bon début). Et là, votre sœur de vous répondre "Oui, oui, c'est les gamins qui naissent avec des mois d'avance et qu'on met en couveuse".

Alors euhhh.... Non, ce n'est pas ça. (La discussion va s'avèrer plus compliquée que prévu, mais ne perdez pas le fil accrochez-vous!) Répondez : "Non ma petite sœur chérie que j'aime de tout mon cœur, ça ce sont les "prématurés". Mais c'est une erreur commune." (Méditez, méditez, la méditation c'est bon!!) Et là vous expliquez les caractéristiques des enfants précoces. Vous n'êtes pas encore le centre de la discussion, c'est le moment de guetter les réactions de vos interlocuteurs. Si on vous renvoie de la bienveillance ou si votre interlocuteur connaît quelqu'un qui connaît quelqu'un qui a un enfant précoce ou qu'il a vu une émission sur M6 avec un enfant de 5 ans et demi qui trouvait les racines carrées de n'importe quel nombre de plus de 10 chiffres, bon. Dîtes vous qu'on y est pas mais qu'on s'en rapproche et félicitez-vous que votre père ne vous ai pas envoyé une charmante petite phrase du style "Tu nous fais chier avec tes conneries, j'aimerais bien regarder le foot tranquille!" Ils prennent le temps de vous écouter c'est déjà pas mal. (Sentez-vous satisfait.)

Ne nous leurrons pas, il y a des grandes chances qu'au moment où vous allez parler de vous, vous vous mettiez à pleurer à chaudes larmes (ce n'est pas grave, cela ne donnera que plus de relief à votre propos). Et là, vous racontez. Le comment le pourquoi, la redécouverte de votre vie à la lumière de cette information fondamentale. Et comme on dit, vous vous jetez dans le vide parce que vous ignorez l'accueil que vous allez recevoir et que vous ne savez pas si oui ou non, votre parachute est un sac à dos.

Je vais faire dans le caricatural. (Je vous présente mes excuses pour ça mais c'est une chronique et je ne pourrais pas détailler plus avant à moins de faire un livre. Or je n'ai pas le temps d'écrire un livre parce que mon chat me réclame un câlin et que j'ai le sens des priorités quand même!)

Donc vous pouvez avoir comme réaction en face de vous (la meilleure / profitez, profitez si ça vous arrive) :

"Ah bon." Silence et réflexion. Repassage dans la tête de votre interlocutrice (c'est pour ne pas répétez "interlocuteur" comme il n'y a pas de synonyme...) de l'histoire de votre vie et des différents événements qui s'éclairent sous un jour nouveau pour elle. Et puis elle se met à parler : "Ah ben oui, ça explique tout. Ah ben oui, je comprends mieux". Et là, c'est parti pour une vraie prise en compte de ce que vous êtes. Elle va vous poser des questions, vous allez expliquer, raconter et vous passerez une formidable après-midi de câlins, bercée par une empathie sincère. Merci votre interlocuteur-trice. Vous avez tout bon! Ça c'est la version "bisounours de votre coming out de TSE". Passons à la version : "Ken le survivant", un chouia moins drôle...

L'autre version sera souvent précédée d'un silence (mais pas le même que celui évoqué ci-dessus) Non. Dans la tête de l'autre à ce moment-là, voilà ce qui va défiler "Mais pour qui elle se prend? Elle est en train de me dire qu'elle est surdouée? Non mais bien sûr et moi, je suis la Reine Elisabeth , t'as raison. Qui c'est qui est allé lui foutre ces idées dans la tronche? En même temps ça ne m'étonne pas, elle a toujours pris les gens de haut. Mais elle croit quoi? Que je vais applaudir? En même temps, elle a toujours été vachement gâtée et depuis qu'elle est dans ce boulot / avec ce mec / qu'elle a son chien / qu'elle a coupé ses cheveux (vous pouvez décliner à l'infini), elle a vachement changé. De toutes façons, elle a toujours eu un caractère de merde alors s'il y a un connard de psy qui lui a dit que c'est parce qu'elle était plus intelligente que tout le monde, elle doit être bien contente tiens! De toute façon, les psys, c'est tous des cons, j'avais bien dit qu'il fallait pas qu'elle y aille! Bon, merde, elle me regarde. Putain de merde, elle chiale! Manquait plus que ça. Bon, qu'est-ce que je lui réponds? Putain, faut que je dise quelque chose, qu'est-ce que je dis?"

Et là il parle : "Ah bon" sur un ton dubitatif. "Ah ouais, il t'a dit ça ton psy?" sur un ton dubitatif encore, je me répète. "Ben écoute, c'est très bien. T'es une précoce alors. Ben si tu le dis, si ton psy même le dit, alors... M'enfin, ça n'empêche pas que tu pourrais te trouver un travail / changer de petit ami / arrêter de faire chier ta sœur / aller couper du bois / regarder le foot avec moi / aller faire la vaisselle" etc. etc. etc. Votre interlocuteur a changé de sujet, il en a même profité pour placer fermement ce qu'il attend que vous changiez en vous et dans votre vie. Il n'a absolument pas envie de savoir ce que vous essayez de lui communiquer. Il a sa représentation de vous et il est bien décidé à la garder.

Alors bien sûr, vous pouvez monter au créneau et provoquer une engueulade monstrueuse (vous avez le droit, respectez-vous) en tapant du poing sur la table, en hurlant qu'il ne vous écoute pas et qu'il ne comprend rien. Ou vous pouvez... faire votre deuil d'être comprise un jour par cette personne là.

Méditez, méditez, c'est bien la méditation.

La troisième possibilité est un peu plus douce en apparence mais aboutira à un résultat similaire. La personne va vous dire : "Ah oui, je comprends". Vous allez expliquer, donner des exemples, raconter et raconter encore ce que vous avez appris sur vous et comment cette personne peut désormais vous regarder avec un œil neuf. Elle va approuver, hocher la tête, valider et vous serez très content. Sauf que cette personne (aussi bienveillante soit-elle - ou pas / ça dépend : soit elle essaye vraiment de comprendre soit elle est en train de faire sa liste de courses parce qu'elle se fiche éperdument de ce que vous êtes en train de déblatérer) ce qui est certain en tout cas c'est que 24 heures plus tard, elle aura absolument tout oublié. Elle se rappellera vaguement que vous lui avez dit que vous étiez précoce et un peu différente. Mais bon, on est tous différents hein? (Et la marmotte, elle met le chocolat... / oui, je sais, c'est une blague des années 90, je suis vieille.) Donc vous pourrez avoir l'impression que tout cela n'a servi à rien. Mais non, rassurez-vous, vous avez mis une première pierre à l'édifice, il va falloir construire maintenant.

[Petite pause musicale bien méritée avec Cocorosie... Ouf!! Mais c'est qu'il est long cet article! Reprenons.]

Phase 3 : Construction et consolidation

Donc vous venez de faire l'expérience de la vérité. Alors, en fait, ce que je ne vous ai pas dit plus haut c'est que vous auriez pu vous en passer et arriver directement ici, en phase 3! (Je sais, je suis trop drôle comme fille, je fais des blagues tout le temps!) Non, plus sérieusement, personnellement, je suis passée par la phase "vérité" car elle était primordiale pour moi (The thruth is always the best!) mais en phase 3, nous apprenons à en faire notre deuil... C'est maintenant!

Après ça, vous allez voir que vous n'allez plus aborder le sujet avec vos proches TLM, en tout cas, vous n'allez plus vraiment parler de "douance", de "précocité" et tous les mots qui sont associés. Pourquoi? Parce qu'ils n'auront pas vraiment envie de revenir sur cette question plutôt dérangeante et aussi parce qu’ils n’ont pas vraiment compris ce que vous vouliez dire et qu'ils ne vous comprendront jamais complètement et cela : Exactement comme vous! (soyez honnêtes avec vous-même sur ce coup-là) Vous ne comprendrez jamais totalement comment fonctionnent les TLM. Ce sont des gens bizarres qui réfléchissent bizarrement, qui font des choses très bizarres, qui ont une sensibilité d'escargot la plupart du temps et qui font des blagues incompréhensibles. Et bien mes chers amis, la réciproque est vraie. Et si on fait abstraction de ceux qui ne veulent pas comprendre, de ceux que votre condition dérange voire indigne, même les autres plein de bienveillance et d'attention vis à vis de vous ne comprendront jamais totalement et surtout ils oublieront. Oui, ils oublieront tout ce que vous avez passé tant de temps à détailler, à décrire, à argumenter. Parce que c'est beaucoup trop loin de ce qu'ils sont.

Il va donc falloir résumer les choses, les rendre accessibles pour eux en vous définissant vous-mêmes par des CASES. Ces fameuses cases (voir l'article ici) vont les aider à vous comprendre et surtout à respecter vos besoins. Et il vaut mieux que ce soit vous qui choisissiez vos propres cases plutôt qu'eux qui vous mettent dans une des leurs.

On passe aux exemples? C'est parti.

Plutôt que de dire que vous êtes "surdoués" (j'emploie volontairement le mot parce que si vous leurs dîtes que vous êtes un TOUS SEULS là, vous allez carrément les perdre et ce ne serait pas très gentil de votre part!) vous allez leur dire que vous êtes "un peu autiste" (pas autiste totalement, bien sûr que non, vous ne l'êtes pas du tout) mais "un peu". Un peu ça veut dire que :

  • Vous êtes mal à l'aise en groupe, ça vous file des angoisses pas possibles / conséquence : Vous avez le droit de ne pas assister à toutes les réunions de famille le dimanche.
  • Vous avez du mal à vous concentrer longtemps (vous pouvez également parler d'hyperactivité pour ça) / ce qui vous évitera d'avoir à écouter trois heures tante Ursula vous expliquer comment faire un parmentier de saumon. Vous fatiguez vite, vous ne tenez pas en place, il faut que vous changiez de pièce.
  • Vous avez peur de la foule et du bruit (pour certains, n'hésitez pas à expliquer l'hyperesthésie, ils comprennent bien et en général, ils compatissent parce que ce n’est pas toujours marrant l'hyperesthésie.)
  • Vous avez du mal à créer des liens ("Oui je suis solitaire maman, et non, je ne suis pas à la recherche absolue d'un homme, laisse-moi tranquille! Et non, je n'ai pas beaucoup d'amis, j'en ai un seul mais il me suffit largement, je te rappelle que je suis "un peu autiste")
  • Oui je réfléchis trop mais je suis comme ça, je ne changerais jamais. Et là, vous avez le droit de leur rappeler que vous êtes un TOUS SEULS.

En gros l'idée c'est de leur parler avec leur langage et avec des images qui leurs évoquent quelque chose de précis qu'ils connaissent ou dont ils ont entendu parler. J'espère n'avoir blessé personne en parlant d'autisme parce que je connais bien le sujet et que c'est une souffrance infiniment grande d'être autiste. Vous pouvez remplacer cette expression par un autre mot (je suis preneuse!) mais il s'agit de briser les préjugés qui existent sur la TOUSEULITUDE en employant un langage différent. (La TOUSEULITUDE étant à tort associée à la réussite, l'épanouissement social, la capacité de tout faire et un sentiment de supériorité -???????-) Bref, il ne sert à rien de lutter contre ce préjugé de langage, vous allez vous épuiser. Employez d'autres mots et tout passera comme une lettre à la poste. Il est vrai que si vous avez fait plusieurs dépressions (youpi you!!!) cela passera encore mieux car vos proches auront constaté par eux-mêmes une réelle souffrance. (Mais je ne le souhaite à personne bien sûr).

Et il va falloir vous répéter, sachez-le. Il faudra répéter et répéter et répéter. Mais ne lâchez pas le steak (c’est très bon un steak!) cela va porter ses fruits. (Hihihihi, je suis fatiguée moi dis donc!) Un jour, on vous appellera en vous disant : "C'est l'anniversaire de ta cousine dimanche tu viens?" Et vous répondrez : "Oh non, je suis désolée, mais là, j'ai vu trop de gens cette semaine et je ne peux pas sortir de chez moi". Et on vous répondra "D'accord, je comprends. Alors, on t'embrasse fort, tu vas nous manquer." Cela semble anodin présenté comme ça, mais c'est une immense victoire parce que votre entourage commence à respecter vos limites sans se sentir agressé ou rejeté par vous. Ils savent que vous êtes bizarre, différent (d'ailleurs, c'est le psy qui le dit!). Ils vont donc tolérer de vous un comportement qui est différent du leur et ils peuvent même vous plaindre. Parce qu'il est important, extrêmement important qu'ils connaissent la souffrance que vous vivez au quotidien. Ils ne comprendront pas pourquoi mais ils l'accepteront car c'est un fait vous souffrez. (Encore faut-il leur dire pour qu'ils le sachent). -Sauf si vous êtes un TSE hyper épanoui dans ses baskets mais, si c'était le cas, je ne pense pas que vous auriez atterri sur ce blog- A vous de bien avoir réfléchi sur ce que vous souhaitiez voir changer dans votre vie et adaptez ces petits conseils à vos besoins spécifiques. Faîtes des listes, ça rend les idées claires.

Maintenant que vous vous respectez plus et que vous avez appris à dire non (sans passer pour un salopard d'égoïste qui se croit supérieur car ce n'est pas du tout ce que vous êtes) il faut aussi faire des efforts pour eux. Et attention : Ne confondez pas "effort" et "sacrifice". Il s'agit de respecter vos limites mais de savoir communiquer avec leurs codes à eux.

Par exemple :

  • Vous les invitez à manger chez vous. Au lieu de faire un petit repas vite fait (-mais fort sympathique au demeurant- parce que pour vous, c'est la qualité du dialogue qui compte et non pas celle de la nourriture) faîtes une petite déco sur votre table (oui, ça n'a pas d'intérêt, ça vous saoule et en plus vous ne savez pas faire) mais ce sera interprété comme une preuve d'amour et d'intérêt pour eux. Je sais, cela n'a aucun sens pour vous. Mais ça en a un pour eux. De votre point de vue, leur montrer que vous les aimez, ce serait : les écouter parler de ce qu'ils vivent, de ce qu'ils aiment, d'échanger sur leurs passions etc. Mais eux ne communiquent pas comme ça. Si vous leurs faîtes une côte de bœuf (c'est cher et c'est très bon) cela signifie que vous les aimez. S'ils sont végétariens, essayez-vous à une tourte aux poireaux (sans lardons bon sang, sans lardons!) Ne les invitez pas souvent (ça vous épuise affreusement) mais mettez les petits plats dans les grands quand ils viennent.
  • Le coup de fil hebdomadaire. Vous ne comprenez pas pourquoi depuis des années votre mère s'acharne à vous appeler tous les dimanches pour vous raconter ce qu'elle a mangé le midi et pourquoi, dès que vous parlez de quelque chose d'intéressant, elle raccroche précipitamment. Parce que ce qui importe pour le TLM c'est de vous avoir au téléphone. Pour elle / lui / eux (au choix) c'est une preuve d'amour. Le sujet de la conversation n'a aucune importance! (Ou alors, si vous avez au moins un point commun, parlez de ça!) Si vous vous évertuez à fuir ces conversations qui vous épuisent littéralement, cela ne fera que s'aggraver. Elle vous appellera plus souvent, vous reprochera de ne pas être disponible (= de ne pas l'aimer) etc. Donc faîtes ces petites concessions et vous constaterez qu'elle va se détendre et devenir (si ce n'est toute douce) au moins agréable.
  • Parlez leurs de choses qui les intéressent et limitez le temps de conversation. Ne les contactez pas pour leur dire que vous pensez que la physique quantique pourrait résoudre tous les problèmes de l'humanité selon les scénarios A, B et C que vous allez leur exposer et que vous voudriez leur avis. Cela les agresse. Parlez leur des mêmes choses que ce dont eux vous parlent (vos voisins, le temps, la couleur du canapé), mais en contrepartie limitez vos visites. Allez-y moins souvent et rester moins longtemps. Préférez les petits coups de fils réguliers et les textos. Vous vous respecterez plus, vous serez moins agressés et eux seront très heureux. Ils auront l'impression que vous avez mûrie et ils seront contents et fiers. Rappelez leur (aussi souvent que nécessaire) que vous êtes différent et que ce n'est pas facile pour vous.

Apprenez à vous respecter, à savoir ce dont vous avez besoin, ce qui vous est intolérable ou pas et arrêter de vous forcer, arrêter de jouer à être quelqu'un d'autre. Trouvez des compromis.

Bon, je pense que j'ai fait un petit tour d'horizon assez détaillé. J'espère avoir pu vous éclairer un peu et la prochaine fois, je vous écris un article léger et drôle sur la culture des escargots sauvages en Alaska!

Namasté

Ketrichen

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