Coup de gueule 17/01/2015

Publié le par Ketrichen

Coup de gueule 17/01/2015

Alors voilà, ça fait une dizaine de jours que je me tais et à force, je suis à deux doigts d’exploser (et ça ne serait pas joli joli sur les murs de mon appartement !) Bref, donc je vais faire court et je ne veux pas déclencher de polémique et je ne m’étendrais non plus.

Aberration logique :

Vous découvrez que vous avez un cancer, vous allez consulter un oncologue (soit bien sûr une personne spécialiste du cancer). Cette personne va analyser votre maladie dans tous les sens et vous prendre en charge pour vous soigner.

Aujourd’hui, on découvre que notre société est malade (enfin, certains découvrent, d’autres le savent depuis très longtemps). Les symptômes sont là, plus personne ne peut le nier, c’est sur tous nos écrans de télé, à la radio, sur les réseaux sociaux. La logique serait alors d’aller voir les spécialistes de la société comme par exemple : les sociologues ou les ethnologues, les psychologues experts en psychologie sociale (oui ça existe) voire même des experts en sciences politiques pour qu’ils analysent et qu’ils soignent le mal. C’est juste : logique. Mais NON ! Ah ça non ! Ce n’est pas ce qu’on fait. Non, non, non, chacun y va de ses petites analyses personnelles et de l’étalement public de son ego.

Transposons :

Vous avez un cancer et vous décidez de ne pas aller voir un oncologue mais d’aller consulter tous les gens qui gravitent autour de vous.

Vous commencez par vos commerçants. Vous : « J’ai un cancer, qu’est-ce que je dois faire ?» Votre boucher : « Oulala, vous avez un cancer ! Mais c’est pas bien ça, moi je suis contre le cancer ! Ben écoutez, je ne sais pas trop, je crois qu’une amie de ma femme a fait des infusions avec de la myrtille écrasée dans du thym et bouillie pendant 3 heures une nuit de pleine lune et ça a guéri son cancer. » Vous : « Ah d’accord, je vais faire ça ! »

Puis en sortant, vous croisez votre voisine de palier et vous lui expliquez la situation. Alors elle vous dit : « Un cancer ! Oh ben c’est que ça me fait un coup, ce que tu me dis là dis donc ! Ohlalala ! Mais c’est affreux ! » (C’est vrai qu’en général en cancer… Ce n’est pas vraiment la meilleure nouvelle de l’année ! ) Alors elle vous dit : « Oui mais en même temps, tu manges trop de boîtes de conserves : Ca j’ai bien remarqué que tu te nourris mal, faut pas t’étonner ! » (Paf dans ta gueule.) Et puis elle part en ruminant contre tous les cancers dans le monde !

Vous atterrissez désespérée chez votre boulanger et il vous dit : « Un cancer ! Ben ça m’étonne pas, de toute façon c’est une maladie créée par la CIA pour détruire les gauchistes comme vous tiens ! » Alors là, la cliente derrière, elle dit : « Ah non, Monsieur, vous êtes dur là. Le cancer, c’est une maladie qui est liée à la pollution ! Ça je le sais, ma fille (qui vit à Paris, et Dieu sait que Paris c’est pollué) elle en a eu un. Ma petite dame, manger des pissenlits rôtis à la poêle trois fois par jour et buvez de l’eau en bouteille. Ça devrait se guérir rapidement. »

Voilà. Donc vous avez suivi le raisonnement ? Quand on a cancer, on va voire un oncologue et quand la société est malade on va voir un sociologue et on ne fait pas le tour de l’immeuble pour avoir l’avis de chacun de nos voisins !

Mais j’ai l’impression que ce raisonnement est un peu trop complexe pour les gens.

Bon aller, je retourne dans ma grotte.

Namasté

Ketrichen

article suivant

Publié dans L'auteur, société

Commenter cet article

Ketrichen 18/01/2015 09:43

Exceptionnellement, je ne vous répondrais pas à tous personnellement afin de ne pas ouvrir un débat (pour ceux qui arrivent après) mais je vous remercie de vos commentaires avec lesquels je suis d'accord dans le fond. Des bises à vous!

jphi 17/01/2015 14:54

Disons aussi que la situation actuelle est la conséquence d'un processus profond et ancien, que les choses sont claires et le reste relève de l'entretien de l'agip prop dont le but est d'entretenir l'illusion démocratique d'un débat qui n'a pas de raison d'être puisque dans la réalité des faits actuels, les valeurs humanistes fondatrices sont échec et mat. C'est là que le déni entre en jeu. La tendance lourde aujourd'hui s'étale en effet partout comme tu le soulignes Kétrichen, et conduit à une légitimation claire de la demande sécuritaire. C'est un peu comme à l'époque de la crise de la vache folle acte 1 où l'état, au lieu d'inciter les agriculteurs à produire dans les règles ancestrales du "bon manger", surdéveloppa de manière “sécuritaire" la filière industrielle : plus de conditionnement, plus d'emballages, plus de stérilisation, etc. Comme à chaque fois, le drame profite aux dynamiques paradoxales de la gestion des masses et conduit à la suite de l'histoire, c-à-d au prochain niveau du jeu vidéo géant auquel nous assistons, lol :-)

Vincent 18/01/2015 09:38

le système ne veut changer en rien
car ces leaders y sont biens.....

Triste vérité dans cet article.

Rem 17/01/2015 14:09

Notre société n'est pas basée sur une gestion scientifique/sage mais purement politique avec des jeux d'influences.
Les experts ne sont invoqués que pour valider les discours politiques... jeu d'influences.

Ceci étant dit je suis bien d'accord avec ton raisonnement mais perso ça fait un bail que je suis en deuil des cerveaux de nos dirigeants...