L'empathie, Cassandre et la décentration 12/01/2015

Publié le par Ketrichen

L'empathie, Cassandre et la décentration 12/01/2015

Bien le bonjour et ravie de vous retrouver.

Je tiens à souligner, qu’il n’est pas facile d’enchainer après la semaine qu’on a eu quand on ne fait pas de politique. Et je ne fais pas de politique (enfin sur ce blog, bien sûr, ne vous faîtes pas trop d’illusion sur moi, j’arrive à faire de la politique seulement en respirant –et oui, c’est un art-) Mais, je ne suis pas là pour parler de moi (comme l’indique le titre du blog, je ne vais pas tout reprendre, lisez bon sang !)

Tout de même, je tiens à préciser quelques éléments essentiels à notre compréhension future et je vais le faire en une phrase (The Défi !- Notez !-) : Je suis citoyenne de la terre, j’ai un profond respect pour la foi (de toutes les confessions multiples et variées) bien que je sois profondément athée, je suis contre toutes formes de violences et pour la liberté d’expression.

Voilà, ça y est, c’est dit fermons cette parenthèse. (Vous avez remarqué que j’adore les parenthèses ? Si si, je kiffe les parenthèses et les tirets qui m’autorisent à partir dans tous les sens et il n’y a qu’avec vous que je peux faire ça, merci de me lire ! –Je vous aime !!!- Fermez le tiret.)

Alors, revenons à nos fées celtes. Donc je ne veux pas rentrer dans un débat et je ne veux même pas participer à un débat, voici le sujet de ce post. Or, comme vous l’avez remarqué, ce n’est pas du tout le titre du post. « Alors où qu’elle veut en venir ?» vous demandez-vous avec un fort accent franc comtois –parce que je touche l’intégralité de la France même les francs comtois-. (Ne soyez pas étonnés, merde, arrêtez d’avoir des préjugés !) Quel est le rapport donc, avec la cancoillotte ? Et bien vous allez le comprendre. Nous allons d’abord parler de l’empathie, puis du syndrome de Cassandre puis nous arriverons à la décentration et c’est là que vous allez pouvoir embrasser la totalité de ce que j’essaye de vous expliquer (comme un éclair lumineux qui vous frappera -« Schtlak ! » en pleine tête-) soit : la raison du pourquoi je ne pratique pas le débat. (Non, non, jamais, pas de débat, merci bien !)

Je me dois de préciser que cette passionnante et grandiose réflexion que je vais vous exposer ne touchera pas un certain nombre de TSE. « Lesquels ? » me demanderez-vous avides et sans accent. (Parce que les parisiens n’ont pas beaucoup d’accent.) « Les TSE hyper rationnels. » vous répondrais-je avec mon accent lyonnais  prononcé (qui en fait ne s’entend pas dans cette phrase).

Les TSE hyper-rationnels (voire les différents structures mères des TSE dans le Livre de Fabrice Bak : « La précocité dans tous ses états » un peu expliqué ici) ont souvent l’impression de ne rien ressentir du tout. –Hé, je le sais, j’en connais plein !- Les hyper rationnels quand ils lisent des livres sur les TSE? Ils se disent  « Ah ben, je ne le suis pas, moi, je n’ai aucune empathie! » Ils regardent des films sans verser une larme, ils se sentent décalés des sentiments, ils ont l’impression de n’avoir aucune capacité émotionnelle. (Et souvent ils s’en veulent un peu ou ils se disent qu’ils sont fous ou tout ça, tout ça…) Mais en fait, ils ressentent –rassurez-vous- sauf qu’ils n’y ont pas accès. Eux, ce sont de vrais cerveaux sur pattes, analysant tout ce qui bouge à la vitesse de la lumière sans passer par la case « émotion » (pourtant présente). Et comme je ne suis toujours pas P….. (Je vous laisse deviner)… Patrick Bruel ! (Non non, toujours pas -Notez que vous seriez sacrément surpris!-) … Ni P …Paléontologue… Non plus –c’est facile pourtant, je ne cesse de le répéter.- C’est Psychologue ! Je ne suis toujours pas psychologue ni psychiatre d’ailleurs. Je vous invite donc pour creuser ce sujet, à vous adresser à des professionnels. Quoi qu’il en soit, vous hyper-rationnels TSE que vous êtes, risquez fortement de ne pas vous reconnaître dans l’article qui va suivre. C’est pourquoi (si tel est le cas) je vous autorise à filer sur votre ordinateur pour jouer à CIVILISATION –ce sera vachement plus amusant pour vous-.

L’empathie :

Depuis que vous êtes petit, vous vivez quotidiennement ce drame de savoir exactement ce que ressentent les gens sans qu’ils aient envie que vous le sachiez et sans que vous n’ayez rien demandé non plus. Par exemple : La première fois que vous avez vu un clochard allongé sous une couverture en plein hiver, vous avez bêtement éclaté en sanglots. Vous n’avez pas pu vous contrôler car vous avez vécu en même temps que lui, le froid qui le rongeait, la solitude, la faim et la soif. Cela faisait beaucoup d’émotions pour votre petit cœur tout mou et vos yeux se sont mis à fondre. Votre grand-mère qui vous accompagnait ce jour-là, a été attendrie (vous aviez 10 ans) mais vous a quand même trouvée un peu bizarre.

Et puis ça n’a fait que s’amplifier. Croiser des gens en deuil vous mettait à terre et vous coupait le souffle. Entendre des gens hurler vous rendait malade etc. etc. Vous viviez au quotidien un envahissement absolu de l’extérieur sur votre intérieur. Vous qui ne souhaitiez que passer votre petit bonhomme de chemin tranquillement, c’était sans compter ce déluge d’informations émotionnelles si envahissant qu’il vous fallait quelques fois plusieurs heures pour vous remettre.

Heureusement vous avez grandi et votre super ami-cerveau vous a aidé à prendre un peu (je dis bien : un peu) de distance avec ces moments traumatisants pour vous et pour vous seuls (parce que vous avez bien constaté que cette malédiction n’était pas donnée à tout le monde). Donc il s’est mis en marche à toute berzingue et il a commencé à vous expliquer ce que vivaient les gens et pourquoi ils étaient dans de tels états (= souffrance, colère voire violence). Et c’est après plusieurs années de vie (ça peut être assez rapide) que vous êtes arrivée au syndrome de Cassandre. (Je ne m’attarde pas plus sur l’empathie parce que tout le monde connait, qu’il est facile de se renseigner sur le sujet et que comme elle m’a un peu harcelée cette semaine, je ne vais pas lui faire le cadeau de parler d’elle pendant trois heures ! C’est ma vengeance. « Tiens prends ça dans ta face, l’empathie ! »)

Le syndrome de Cassandre :

Je tiens à saluer Vincent qui a écrit un très beau texte sur ce sujet (dans l’onglet vos créations) et qui résume bien l’idée développée ci-dessous. Alors, la mythologie grecque nous raconte cette histoire : Une jeune femme dénommée Cassandre, se vit offrir le don de prédiction par Apollon parce qu’elle était super canon. Apollon lui a dit : « C’est ok, je te donne le don de voyance mais après, paf, tu couches avec moi ! ».  Et Cassandre lui a répondu : « Ok, on deale mec ! » Et elle lui a serré la main pour sceller leur accord. Elle a reçu le don de prédiction. Sauf que Cassandre elle voulait bien le don mais elle ne voulait pas coucher avec Apollon ! (Elle avait d’autres choses à faire, faut bien le dire et puis elle se réservait pour un mec plus intelligent –ce qui était une bonne idée en soi-). Le problème c’est qu’on ne dit pas oui puis non à un Dieu grec sans qu’il te fasse tomber dessus une malédiction horrible ! (Faut dire que les Dieux grecs étaient tout sauf gentils et compréhensifs !) Du coup, il était bien énervé et il lui a dit : « Tu te refuses à moi et bien Paf, je te crache dans la bouche –c’est le passage dégoutant de l’histoire, berk !- et du coup, Paf, personne ne pourra plus jamais te comprendre, ni n’écoutera tes visions ! ». Elle, elle a répondu : « Ok, je m’en fous t’es qu'un con, j’coucherais pas avec toi, Nom de Dzou ! » Et alors, la très belle Cassandre prédit plein de trucs mais tout le monde s’en foutait et personne ne l’écoutait jamais. Elle a prédit la chute de Troie par exemple et elle a passé sa vie à savoir que tout le monde allait mourir sans jamais pouvoir l’empêcher. Bref, elle en a sacrément bavé la choupinette ! (C’est que je n’aurais pas aimé être à sa place.)

Moralité, beaucoup de TSE souffrent de ce syndrome. Ils savent, ils devinent ce qui va se passer mais personne ni ne les écoute, ni ne les croit. Des exemples ? Allez des exemples.

Vous voyez votre meilleure amie se déliter progressivement dans son travail. Son état vous inquiète et vous ressentez sa souffrance au point de vous ronger les sangs pour elle toute la journée. Mais elle s’évertue à vous expliquer que tout va bien, qu’elle est très épanouie seulement un peu stressée. Vous guettez la suite des évènements, vous ne cessez de l’exhorter à changer de travail et elle commence à vous en vouloir de lui dire ce qui lui semble être totalement faux. Vous vous fâchez pour de bon avec elle et cela vous attriste beaucoup. Heureusement, elle vous aime quand même car deux mois plus tard, c’est vous qu'elle appellera en premier pour vous dire qu’elle est en burn out. « Non ? Sans déconner ? Je ne m’y attendais pas. » Vous êtes là pour elle évidemment.

Autre cas difficile : Vous travaillez dans l’Education Nationale et un certain collégien vous inquiète fortement. Comportements étranges, pas d’amis, repli sur lui et surtout, jolis symptômes de comportement animal… Hummm... à 11 ans, il faut se méfier tout de même. Vous alertez le proviseur, la CPE, l’assistante sociale, la maman (qui elle, s’inquiète aussi) et votre hiérarchie et vos collègues vous expliquent « Mais pas du tout, il fait son intéressant, si on arrête de se focaliser sur lui, il rentrera dans le rang ! » Bref, vous passez pour une tarée et c’est un an plus tard que vous apprendrez qu’il a atterri en hôpital psychiatrique pour une durée indéterminée. Oui, elle n’est pas marrante cette histoire mais surtout, elle est tellement réelle ! ARG !

Et enfin (après on arrête l’énumération parce qu’on connait bien la souffrance, ce n’est pas la peine d’en rajouter des tartines !) il y a ce couple que vous aimez beaucoup et que vous regardez progressivement s’échouer sur la berge d’une séparation imminente. Il est évident qu’elle sait et que lui, lui, ne veut surtout pas voir.  Vous vous inquiétez beaucoup beaucoup et vous en parlez à ceux qui les connaissent et tout le monde vous rit au nez. Sauf que manque de bol, vous aviez bien raison et quand lui s’écroule avec perte et fracas pour finir à l’hôpital, tout le monde tombe des nues et vous appelle pour vous déclarer, stupéfié : « J’aurais jamais pensé !! » et vous n’avez pas la force de leur dire alors : « Mais j’ai essayé de t’en parler maintes fois! » -désespoir, désespoir / Cassandre CQFD-  et vous acquiescez, parce que ces personnes attendent de vous que vous soyez aussi sidérée et surprise qu’elles. Vous ne l’êtes pas. Vous êtes juste traumatisée de n’avoir  rien pu faire  et de n’avoir jamais été entendue.

Très bien. On a mis les choses en place, vous voyez arriver les drames comme on entend arriver un éléphant dans un magasin de verrerie mais vous êtes bien la seule. Comme la plupart des gens ne voient pas l’éléphant (un éléphant rose au milieu de la ville quand même !!! Mais bon….) vous vous demandez tout le temps si vous n’êtes pas en train de délirer. Bien sûr, ça vous arrive. (Oui, parce que vous n’êtes pas vraiment Cassandre en fait, vous n’avez jamais rencontré Apollon et si c’était le cas, vous auriez probablement couché avec !) Mais si vous comptez bien –vous avez de l’expérience maintenant que vous avez passé la trentaine depuis belle lurette- vous avez tort dans 30 % des cas, ce qui vous laisse un bon 70 % de votre côté.  Alors, faîtes-vous confiance et partagez avec ceux qui vous écoutent !

La décentration :

Alors la décentration est la troisième étape de votre développement empathique (ou alors, c’est parallèle ou simultané? Bonne question, je la note.) Vous avez cette capacité extraordinaire de vous décentrer. (C’est une qualité rare, prenez-en soin). Et oui, vous êtes capable de voir par les yeux de l’autre en vous logeant directement dans son cerveau et dans son cœur. (Non ceci n’est pas le premier chapitre d’un livre de science-fiction, c’est bien réel). Alors bien sûr, il est toujours compliqué de démêler ce qui appartient à « nos projections » et ce qui tient de notre capacité réelle de décentration. On apprend avec le temps à repérer l’un ou l’autre et il y a des fois un peu des deux. Vous êtes subjectif, c’est normal, vous êtes un être humain. Mais c’est une autre question que je n’aborderais pas dans ce post. (On aura bien l’occasion d’en reparler plus tard ou dans les commentaires).

Reprenons. Donc vous êtes capable de vous mettre aisément dans la peau d’un vieux paysan du fin fond de la Creuse (enfin faut quand même le rencontrer, hein, vous ne faîtes pas ça par télépathie). Vous pouvez également facilement enfiler le corps d’une pin-up obsédée par la couleur de son vernis. (Et on ne fait pas de commentaire sur le mot « enfiler » je vous prie, ce n’est pas toujours facile de trouver des synonymes !) Bien sûr, quand cette personne est très très loin de votre univers, il vous faudra quand même un temps d’observation et d’écoute avant d’arriver à vous dire « Ca y est, j’ai compris, je vois ». Mais tout de même, vous êtes un ethnologue sur patte bien malgré vous. Vous comprenez la petite mamie raciste qui s’enferme à double tour chez elle et qui passe sa journée à gueuler. (Vous n’êtes pas d’accord, ça vous révulse mais oui, vous arrivez à penser par ses yeux - c’est marrant comme image tiens !-) Vous comprenez ce chef d’entreprise obsédé par l’argent, vide à l’intérieur et très préoccupé par sa BMW. Vous comprenez tellement bien que vous pouvez prédire ses actes futurs et même échanger avec lui pendant une heure sans qu’il ne puisse se douter que vous êtes foncièrement révoltée par son mode de vie. Et bien oui, vous avez su vous suradapter toute votre vie alors vous connaissez bien la démarche.

Et quand vous regardez le monde, en macro (étudiez toutes les forces en présence, les enjeux de pouvoirs, l’économie, l’écologie etc. etc. -je pourrais faire une liste de 5 pages-) puis en micro (les failles narcissiques des dirigeants,  les capacités intellectuelles des uns et des autres, les motivations de chacun (leur nombril ou l’avenir du monde / tout dépend) leurs origines sociales ou culturelles, leurs codes de langage, leurs codes de comportement, leurs différents traumatismes etc. Et bien vous voyez devant vous se dessiner un sacré bordel qui n’a ni queue ni fin. Vous comprenez tout le monde, hein, cela va sans dire, vous pouvez vous mettre dans la peau de tous. Mais vous voyez l’ensemble de ce marasme, vous le sentez et vous pouvez même presque prédire tout ce qui va se passer. La seule chose qui vous parait une évidence c’est que faire un reset ne suffira pas. Non, non, il faudrait carrément reformater le disque dur de la Terre pour reconstruire tout depuis le début. (Mais hé, ce n’est pas possible hein ! Vous, vous êtes juste une petite fourmi perdue dans l’océan des fourmis et des tamanoirs et c’est tout.)

Quand on est capable de se « décentrer » et qu’on discute avec des gens –sur un mode « débat »- quel que soit le sujet, on se rend vite compte de ce qu’on peut dire ou pas, de ce qui va être compris ou pas. Mais c’est difficile de se positionner quand on ressent si fort les attentes de l’autre, ce qui le motive pour dire ceci ou cela, ce qui est sous-jacent à son discours, sa propre souffrance, ses frustrations etc. Alors on ponctue nos phrases de « Je comprends. » et c’est vrai qu’on comprend intellectuellement mais surement pas qu’on approuve.  C’est fatigant. C’est une perte de temps.

Il est vrai aussi que lors d’un débat, personne ne s’écoute. C’est une constante, les gens ne sont pas là pour apprendre les uns des autres mais bien pour s’imposer les uns sur les autres, découvrir des alliés ou des ennemis. Alors je ne débats pas. 

La seule chose que je trouve vraiment sympa, c’est de se faire des câlins et de rigoler ensemble quand on peut.

Je vais vous laisser là et si en ce moment vous êtes très triste, je vous fais un bisou sur le nez pour vous réconforter.

Je vous souhaite de la douceur et beaucoup d’amour.

"L'exemple n'est pas le meilleur moyen de convaincre, c'est le seul." Gandhi

Namasté.

Ketrichen

article suivant

 

Commenter cet article

celia 21/05/2017 15:03

Bonjour, votre article vient de provoquer une grande prise de conscience en moi. Moi qui me sens incomprise de tous, particulièrement mes proches, et étais tristement arrivée à accepter l'idée du suicide comme seule option pour ne plus souffrir de l'incompréhension générale... Cet article et d'autres que j'ai enfin eu le courage (ou la prétention) d'aller chercher, m'ont ouvert les yeux : je ne suis pas folle, l'hypersensibilité n'est pas un défaut, les autres sont bien bêtes. Je ne veux plus m'ôter la vie et je veux aider les autres comme vous le faites à travers vos articles. MERCI ! MERCI ! MERCI !!!!

Ketrichen 03/07/2017 14:18

Bonjour Célia! Oui je préfère que vous évitiez de vous ôter la vie... Vraiment, je le vivrais mal! Je suis contente de vous avoir mis du baume au coeur et j'espère que vous continuerez dans ce sens. Prenez soin de vous. Namasté. Ketrichen.

Jamy 04/03/2017 12:39

C'est juste incroyable par ce que je me retrouve dans chaque article de ton blog, a tel point que je finis de les lire avec la boule au ventre tellement ça me rassure de ne plus être seule dans ce cas.. J'aime vraiment ton travail et je te remercie de le faire :)
Pour ma part, la douleur due à l'empathie est tellement grande que je me réfugie dans une logique qui ne correspond pas ma nature, et je me vois faire du mal aux gens en répondant logiquement à leurs besoins émotionnels, alors que je sais parfaitement quoi leur dire et comment les écouter :/ Ca me tue, tout ça..

Ketrichen 02/07/2017 14:02

Salut Jamy!!! Hummmmm... Non, il ne faut pas que ça te tue, tu n'es pas responsable de tout cela. Tu fais comme tu peux avec les moyens que tu as pour ne pas te laisser envahir. Je comprends. Au plaisir. Namasté. Ketrichen.

calistange 05/11/2016 00:58

Merci........ je prends conscience que je me coupe du monde, je suis fatiguée cérébralement physiquement par je ne sais quoi, je suis agacée par le manque de bon sens des gens,agacée par les évidences ignorée des gens..ou.détournée, je comprends plus ce monde..... ni les gens qui m'entourent...... l'impression d'être sur le coté de la route les regarder sans participer tout en validant ce qu"ils disent tel un caméléon ........bref (suis je dingue? surement ) mais après lecture de ton article je m’interroger.... un peu perdue
bonne et douce nuit

Ketrichen 02/07/2017 13:07

Bonjour Callistange (presque 8 mois plus tard... Pardon......) J'espère que tu as pu te retrouver (puisque tu te sentais perdue) et je te souhaite de ne plus être caméléon mais toi même mille fois. Des bises à toi. Namasté. Ketrichen

Mystic 03/07/2016 20:32

Moi non plus je ne debat pas. Et merci pour le bisou sur le nez cest exactement ce dont j'avais besoin.

Ketrichen 06/10/2016 21:43

Moi aussi dès fois, j’ai besoin de bisous sur le nez, je comprends :o) A bientôt. Take care. Ketrichen.

longuepee 28/02/2015 11:44

merci et bien venue au club

Ketrichen 06/10/2016 21:43

Je t'en prie. ;o)

Jphi 13/01/2015 16:34

Salut tout le monde,

Une petite contribution fondée sur l'expérience perso à ce bel article que tu nous proposes Kétrichen. Alors, empathie, capacité à ressentir ce qui se passe à l'intérieur des autres, à voir au delà du cartésianisme rationnel, et se retrouver à assumer ce risque majeur de dire le truc à la personne qui, et ensuite paf, voir que ca ne passe pas, etc,… et ainsi de suite, jusqu'à finalement approuver non pas ce qui est dit, mais ce qui se passe et qui n'est ni dit ni vu par d'autres… bref… c'est par où la sortie ? faut-il seulement en en sortir ? Difficile de se libérer de nos propres capacités vous ne trouvez pas ?

Un soir que j'étais en orbite paisible, je suis parti en galopade sur le dos de ma licorne bleue. et tandis que ses sabots piaffaient sur la voie lactée, une évidence est apparue : finalement, cette capacité à ressentir et à éprouver, serait peut-être le langage de l'amour pur, qui seul serait capable de ressentir les vibrations fines des êtres. Ce coeur d'amour pur, quand on le porte en soi, conduirait à ressentir les choses avec les yeux de la vie dans sa plus pure expression et ainsi peut-être comprendre le pourquoi de cette entrée en résonance avec ce qui est et que nous sommes si souvent seul(e)s à ressentir si vivement : la misère du clochard, la violence de ce couple, la détresse de cette mamie, la solitude de cet homme, le désespoir, la joie immense, etc… Le reste, de mon point de vue, n'est que confrontation, rapport de force, et donc comme tu le dis Kétrichen, perte de temps et fatigue énergétique inutile… Evidemment, de cette capacité à ressentir la pureté de ce qui est conduit à la tentation d'alerter, de prévenir, à faire comme Cassandre justement. Là encore, un seuil d'équilibre se trouverait, lorsque l'on accepte que les choses soient à leur place, et nous aussi par conséquent, de sorte que si nous ressentons tout cela ce n'est pas pour rien, et même si je ne comprends pas pourquoi aujourd'hui, sans doute le comprendrai-je lorsque je serai prêt à le comprendre… Dès lors que resterait-il sinon la confiance absolue en l'amour pur et dans le rire cristallin qui cascade et entraine tout avec lui. D'ailleurs, dans les sms que les clowns zébrés envoient depuis leur planète ils nous rappellent souvent que l'homme est terne s'il cesse de rire. Alors rions ! Et puis merci pour l'image des deux nounours embrassés, j'avais les mêmes enfant et ils avaient disparus… content de les avoir revus :-) un bisou amical sur le bout du nez itou

Ketrichen 15/01/2015 19:25

Que te dire Jphi? ;) C'est très beau ce que tu écris et je suis bien d'accord avec toi. Je crois que ça résume parfaitement ma pensée. Merci pour ce partage.

Sem 12/01/2015 23:13

Oh là là Ketrichen ! Je comprends plein de choses :) Comme je suis empathique, je comprends les autres et je réalise que je confonds comprendre / aimer / m'attacher... à des gens qui ne me correspondent pas forcément... Le truc de Cassandre là, je voyais ça comme un truc surnaturel (lol bien sûr) et je me disais que ben non non je ne l'avais pas. Mais c'est ce que j'appelle (quand on est TSE qui s'ignore, on se fait ses petites théorises) le bon sens. Je vois ça, la personne est comme ça, forcément il va arriver ça. Et le pire c'est que je le fais pour moi aussi mais que je ne m'écoute pas et du coup je suis très triste après. Mais comme tu fais un bisou sur le nez, tout va bien. Sacrée semaine quand même. J'ai regardé les infos mercredi et j'ai pleuré. Pareil hier soir. Alors moi qui fuyais déjà ça, je ne suis pas prête de prendre des nouvelles de ce monde... Mais nous savons déjà à peu près où il va de toute façon...

Ketrichen 13/01/2015 10:44

Merci Sem! Je vois bien bien le fonctionnement dont tu me parles. Et non, ce n'est pas juste du bon sens, sinon beaucoup de gens l'auraient. :) Sacrée semaine, oui, très dure, je ressens aussi un besoin profond de m'isoler du monde en ce moment. Je suis contente que mon bisou sur le nez t'ai réconfortée! Belle journée à toi.

lillo 12/01/2015 21:54

j adore te lire, c'est comme si tu mettais des mots sur mon "moi" . ça fait plaisir de voir que je ne suis pas le seul à "être" ainsi. tout est juste dans cette article.
Par contre, J aime le débat, je crois même que c'est salutaire. l’équilibre ne s’obtient que par la synergie des forces contraires. ( ainsi parla Yoda et la Nature aussi) Même si je dois l admettre beaucoup d'ennui s'ensuive et peu de résultat mais c'est le seul moyen d’évoluer.
Toujours un plaisir de te lire :)

Ketrichen 13/01/2015 10:41

Merci Lillo! C'est super encourageant ce que tu me dis "que je t'aide à mettre des mots". Merci merci de prendre le temps de me le dire. Je suis d'accord bien sûr avec notre ami Yoda mais une grande expérience des débats (plusieurs longues années) ont fini par m'en dégouter.Masi heureusement qu'il y a des gens comme toi qui continue à la faire.Très belle journée à toi.

Xine 12/01/2015 21:07

Super Ketrichen ! Quelle intelligence ! Tu sais, j'ai beau être certainement une toute seule bien plus vieille que toi, tu m'apprends beaucoup.
Par exemple : pourquoi c'est difficile de débattre...moi perso, parfois je me fais peur à être d'accord avec tout et son contraire ;-) avec le dernier qui a parlé....c'est juste que quand une personne parle, ben, comme tu le dis, je dois tellement bien me décentrer que je ne sais plus quel est MON avis.
Autre chose : comme tu sais je fais de la poésie, du slam et j'ai un style plutôt provoc et cynique. Du coup, je voulais faire un slam au sujet de ce qui s'est passé cette semaine (il y a une scène slam fin janvier). Je me disais "tiens un truc où je serais dans la tête du terroriste, et où je serais tellement nul que je ferais rigoler, merde ma godasse, putain ma carte d'identité, quel blaireau...quelle burne, je connais le jour de la conf de rédac mais j'ai oublié de vérifier l'adresse : c'est au 6 ou au 10?". Bref. Mue par cette volonté, je me suis penchée sur la bio de cherif qui affirme "Les attentats-suicid(es) sont toujours un bienfait. C’est écrit dans les textes que c’est bien de mourir"...étudié sa vie, son parcours...et finalement j'ai été prise de ...je sais pas...compassion? en tout cas incapable d'aller dans ce sens sans passer, j'imagine, pour quelqu'un qui lui chercherait des circonstances atténuantes ou quelqu'un qui chercherait à minimiser l'acte. Alors que, c'est clair , tuer les gens avec lesquels tu n'es pas d'accord, c'est juste....
J'ai laissé tomber, du coup.

Ketrichen 13/01/2015 10:38

Xine, ton commentaire m'a beaucoup touchée (merci). Je me reconnais bien dans ce que tu dis sur les débats.. C'est tout à fait ça. Après je sais bien ce que je pense parce que je passe beaucoup beaucoup de temps toute seule à me "recentrer justement". Je dirais aussi que mes amis TSE m'aident pour me comprendre car discuter avec eux est un vrai partage et nous permet à tous "d'accoucher" de ce que nous sommes. Pour le terroriste... Je comprends, je comprends. On peut bien sûr avoir de la compassion pour lui (je ne développerais pas mais je comprends tout à fait) et la compassion n'excuse en rien ce qu'il a fait. Je comprends que tu ais renoncé à ce slam. A tout bientôt -vu le nombre de "je comprends que j'ai mis dans ce com, je crois que le message est clair! lol-

Marion 12/01/2015 19:21

Merci, très intéressant tout ça :) J'aime beaucoup ton style d'écriture aussi.
Bien oui, la décentration peut-être un formidable "outil" qui nous permet de mieux comprendre le monde (donc peut-être de l'aimer davantage ? "comprendre" = "prendre avec soi", enlacer...?). En parallèle, en miroir, mieux je comprend l'autre, mieux je me comprend, et vice et versaaa.
Plus je prend conscience de mes multiples voire infinies facettes, plus je les accepte, plus je les capte et les accepte chez l'autre. Sentiment parfois d'être perdu, fou, schizophrène, de n'avoir aucun véritable avis durable... mais finalement, la vie nous demande-t-elle d'avoir un avis, ou d'accepter ce qui parce qu'on aura vu la beauté et l'utilité en chaque chose ?

Ketrichen 13/01/2015 10:32

Marion, Vincent, je suis bien d'accord avec vous. Marion oui: la beauté de ce qui est se suffit à soi même. Bienvenue à toi. Merci d'avoir pris le temps de commenter et d'apporter tout plein d'espoir. Et oui Vincent, il faut prendre le temps de se "recentrer" quand on est tout seul pour savoir qui on est.

Vincent 12/01/2015 21:34

Marion, j'aime aussi cette axe. Les myriades de ressenti a travers l'échange avec les autres. Plus jeune je disais, j'apprend plus en discutant avec les gens que de lire des livres. On me disait ce n'est pas pareil. => et en effet, car au delà de l'aspect logique et cognitif, on y trouve la dimension émotionnel rattachée. Le piège parfois, c'est de s'oublier dans le regard des autres. L'importance de temps à autres de faire une pause pour un re calibrage intérieur pour ma part. Merci pour cette approche de la décentration qui m'ont fait écho.

Vincent 12/01/2015 16:33

Merci pour ce joli article qui développe et interprète de manière plus aisé certains passages de Fabrice Bak (autant la vidéo "easy", autant le livre, certains paragraphes piquent - Heeuuu, la phrase contient 30 mots dont 1/3 fait plus de 4 syllabes dont encore 1/3, le mot est nouveau car vous n'avez pas psy dans votre cursus. Je savais que j'aurais du plus lire.)

Pour Cassandre, on peut même ajouter pour les + veinards, que l'on va vous reprocher votre vision, car celle-ci était saugrenue et que si elle est arrivée, c'est de votre faute. Ca pique (Aie).

Comme vous êtes une Cassandre (ou sentinelle pour le terme de Mr Bak) et que vous cumulez une empathie foudroyante et que comme si bien dit vous êtes très patient et que vous aimez prendre des baffes car vous êtes dans le bon sens et que c'est pour autrui. Ils vous arrivent d'aller plus vite que le développement du discours de l'interlocuteur et dès fois PIRE vous êtes allé plus vite que sa pensée voire PIRE vous avez vu la faille qu'il fallait pas voir. Selon vos dires en retour de votre interlocuteur (si vous lui avez laissé le temps de finir), vous avez le droit d'entendre de manière directe (ou indirecte soyons honnête)
- tu sais ce que je vais dire ? (70-80% : oui, le % peut augmenter si vous connaissez de mieux en mieux la personne))
- tu violes mon intimité de pensée (70-80% : oui, mais c'était pour soulager ta peine pour que tu te sentes compris(e))=> en fait elle voulait juste se déverser. Oups je me suis fait encore avoir,
- Tu crois me connaître mieux que moi (70-80% : Si j'avais su .......).

Pour les TSE avec les chakra empathiques complètement ouverts qui fait face à un TSE ultra rationnel (très bien décrit dans l'article), vous remarquerez que leur rationalisation extrême est comme une armure d'or (choisissez votre signe zodiacale préférée lol) où vos dires et votre empathie von rebondir voir ricocher ou faire face aux murs des lamentations (un silence profond, où en fait vos dires & vos émotions sont en train de raisonner dans leur être et qui sont en train de se ranger dans le labyrinthe sans fin de leur esprit en étouffant leur émotion). Pour les plus tenaces (ca m'est arrivé 2 fois avec la mêmes personnes), vous arrivez à percer leur armure (4 heures à déjouer les pièges, les traduire les silences, voir toutes les mimiques du visage les plus infimes), vous aurez "la chance" de voir les larmes derrière ce grand ordinateur surpuissant. Voilà derrière ces grandes machines rationnelles, ils ont un bouillonnement émotionnel tel le magma en fusion, où chaque grande logique se cache une faille douloureuse et qui va taper à un endroit bien connu des TSE et leur point faible : leur estime de soi. Leur cascade affective est complètement intériorisée. Même si parfois exceptionnellement il craque par la colère ou les pleurs (au même rythme que les éclipses, pas loin en tout cas), la lave sèche et la croûte terrestre de leur volcan se voit renforcer leur armure.
Cet article m'a inspiré (de diouuu que je suis bavard).
Merci encore pour cet article

Ketrichen 13/01/2015 10:28

Salut Vincent!! Il est vrai que le livre de Bak est assez indéchiffrable. Il semble qu'il ait été écrit pour des universitaire (étudiant ou chercheur en psycho) d'où sa complexité.
Je vois bien les reproches qu'on peut te faire quaadn tu déchiffre de l'autre (ce qu'il vit comme une intrusion). Perso, j'ai accepté de les laisser suivre leur chemin et d'être là pour eux le jour où ils ouvrent les yeux. J'aime bien ta description des hyper rationnels. Oui, ce sont de terribles volcans d'émotion quand ça sort (et ça sort dans tous les sens avec une intensité de tsunami). Merci de ta lecture. A très vite