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L'empathie, Cassandre et la décentration

Bien le bonjour et ravie de vous retrouver.

Je tiens à souligner, qu’il n’est pas facile d’enchainer après la semaine qu’on a eu quand on ne fait pas de politique. Et je ne fais pas de politique (enfin sur ce blog, bien sûr, ne vous faîtes pas trop d’illusion sur moi, j’arrive à faire de la politique seulement en respirant –et oui, c’est un art-) Mais, je ne suis pas là pour parler de moi (comme l’indique le titre du blog, je ne vais pas tout reprendre, lisez bon sang !)

Tout de même, je tiens à préciser quelques éléments essentiels à notre compréhension future et je vais le faire en une phrase (The Défi !- Notez !-) : Je suis citoyenne de la terre, j’ai un profond respect pour la foi (de toutes les confessions multiples et variées) bien que je sois profondément athée, je suis contre toutes formes de violences et pour la liberté d’expression.

Voilà, ça y est, c’est dit fermons cette parenthèse. (Vous avez remarqué que j’adore les parenthèses ? Si si, je kiffe les parenthèses et les tirets qui m’autorisent à partir dans tous les sens et il n’y a qu’avec vous que je peux faire ça, merci de me lire ! –Je vous aime !!!- Fermez le tiret.)

Alors, revenons à nos fées celtes. Donc je ne veux pas rentrer dans un débat et je ne veux même pas participer à un débat, voici le sujet de ce post. Or, comme vous l’avez remarqué, ce n’est pas du tout le titre du post. « Alors où qu’elle veut en venir ?» vous demandez-vous avec un fort accent franc comtois –parce que je touche l’intégralité de la France même les francs comtois-. (Ne soyez pas étonnés, merde, arrêtez d’avoir des préjugés !) Quel est le rapport donc, avec la cancoillotte ? Et bien vous allez le comprendre. Nous allons d’abord parler de l’empathie, puis du syndrome de Cassandre puis nous arriverons à la décentration et c’est là que vous allez pouvoir embrasser la totalité de ce que j’essaye de vous expliquer (comme un éclair lumineux qui vous frappera -« Schtlak ! » en pleine tête-) soit : la raison du pourquoi je ne pratique pas le débat. (Non, non, jamais, pas de débat, merci bien !)

Je me dois de préciser que cette passionnante et grandiose réflexion que je vais vous exposer ne touchera pas un certain nombre de TSE. « Lesquels ? » me demanderez-vous avides et sans accent. (Parce que les parisiens n’ont pas beaucoup d’accent.) « Les TSE hyper rationnels. » vous répondrais-je avec mon accent lyonnais  prononcé (qui en fait ne s’entend pas dans cette phrase).

Les TSE hyper-rationnels (voire les différents structures mères des TSE dans le Livre de Fabrice Bak : « La précocité dans tous ses états » un peu expliqué ici) ont souvent l’impression de ne rien ressentir du tout. –Hé, je le sais, j’en connais plein !- Les hyper rationnels quand ils lisent des livres sur les TSE? Ils se disent  « Ah ben, je ne le suis pas, moi, je n’ai aucune empathie! » Ils regardent des films sans verser une larme, ils se sentent décalés des sentiments, ils ont l’impression de n’avoir aucune capacité émotionnelle. (Et souvent ils s’en veulent un peu ou ils se disent qu’ils sont fous ou tout ça, tout ça…) Mais en fait, ils ressentent –rassurez-vous- sauf qu’ils n’y ont pas accès. Eux, ce sont de vrais cerveaux sur pattes, analysant tout ce qui bouge à la vitesse de la lumière sans passer par la case « émotion » (pourtant présente). Et comme je ne suis toujours pas P….. (Je vous laisse deviner)… Patrick Bruel ! (Non non, toujours pas -Notez que vous seriez sacrément surpris!-) … Ni P …Paléontologue… Non plus –c’est facile pourtant, je ne cesse de le répéter.- C’est Psychologue ! Je ne suis toujours pas psychologue ni psychiatre d’ailleurs. Je vous invite donc pour creuser ce sujet, à vous adresser à des professionnels. Quoi qu’il en soit, vous hyper-rationnels TSE que vous êtes, risquez fortement de ne pas vous reconnaître dans l’article qui va suivre. C’est pourquoi (si tel est le cas) je vous autorise à filer sur votre ordinateur pour jouer à CIVILISATION –ce sera vachement plus amusant pour vous-.

L’empathie :

Depuis que vous êtes petit, vous vivez quotidiennement ce drame de savoir exactement ce que ressentent les gens sans qu’ils aient envie que vous le sachiez et sans que vous n’ayez rien demandé non plus. Par exemple : La première fois que vous avez vu un clochard allongé sous une couverture en plein hiver, vous avez bêtement éclaté en sanglots. Vous n’avez pas pu vous contrôler car vous avez vécu en même temps que lui, le froid qui le rongeait, la solitude, la faim et la soif. Cela faisait beaucoup d’émotions pour votre petit cœur tout mou et vos yeux se sont mis à fondre. Votre grand-mère qui vous accompagnait ce jour-là, a été attendrie (vous aviez 10 ans) mais vous a quand même trouvée un peu bizarre.

Et puis ça n’a fait que s’amplifier. Croiser des gens en deuil vous mettait à terre et vous coupait le souffle. Entendre des gens hurler vous rendait malade etc. etc. Vous viviez au quotidien un envahissement absolu de l’extérieur sur votre intérieur. Vous qui ne souhaitiez que passer votre petit bonhomme de chemin tranquillement, c’était sans compter ce déluge d’informations émotionnelles si envahissant qu’il vous fallait quelques fois plusieurs heures pour vous remettre.

Heureusement vous avez grandi et votre super ami-cerveau vous a aidé à prendre un peu (je dis bien : un peu) de distance avec ces moments traumatisants pour vous et pour vous seuls (parce que vous avez bien constaté que cette malédiction n’était pas donnée à tout le monde). Donc il s’est mis en marche à toute berzingue et il a commencé à vous expliquer ce que vivaient les gens et pourquoi ils étaient dans de tels états (= souffrance, colère voire violence). Et c’est après plusieurs années de vie (ça peut être assez rapide) que vous êtes arrivée au syndrome de Cassandre. (Je ne m’attarde pas plus sur l’empathie parce que tout le monde connait, qu’il est facile de se renseigner sur le sujet et que comme elle m’a un peu harcelée cette semaine, je ne vais pas lui faire le cadeau de parler d’elle pendant trois heures ! C’est ma vengeance. « Tiens prends ça dans ta face, l’empathie ! »)

Le syndrome de Cassandre :

Je tiens à saluer Vincent qui a écrit un très beau texte sur ce sujet (dans l’onglet vos créations) et qui résume bien l’idée développée ci-dessous. Alors, la mythologie grecque nous raconte cette histoire : Une jeune femme dénommée Cassandre, se vit offrir le don de prédiction par Apollon parce qu’elle était super canon. Apollon lui a dit : « C’est ok, je te donne le don de voyance mais après, paf, tu couches avec moi ! ».  Et Cassandre lui a répondu : « Ok, on deale mec ! » Et elle lui a serré la main pour sceller leur accord. Elle a reçu le don de prédiction. Sauf que Cassandre elle voulait bien le don mais elle ne voulait pas coucher avec Apollon ! (Elle avait d’autres choses à faire, faut bien le dire et puis elle se réservait pour un mec plus intelligent –ce qui était une bonne idée en soi-). Le problème c’est qu’on ne dit pas oui puis non à un Dieu grec sans qu’il te fasse tomber dessus une malédiction horrible ! (Faut dire que les Dieux grecs étaient tout sauf gentils et compréhensifs !) Du coup, il était bien énervé et il lui a dit : « Tu te refuses à moi et bien Paf, je te crache dans la bouche –c’est le passage dégoutant de l’histoire, berk !- et du coup, Paf, personne ne pourra plus jamais te comprendre, ni n’écoutera tes visions ! ». Elle, elle a répondu : « Ok, je m’en fous t’es qu'un con, j’coucherais pas avec toi, Nom de Dzou ! » Et alors, la très belle Cassandre prédit plein de trucs mais tout le monde s’en foutait et personne ne l’écoutait jamais. Elle a prédit la chute de Troie par exemple et elle a passé sa vie à savoir que tout le monde allait mourir sans jamais pouvoir l’empêcher. Bref, elle en a sacrément bavé la choupinette ! (C’est que je n’aurais pas aimé être à sa place.)

Moralité, beaucoup de TSE souffrent de ce syndrome. Ils savent, ils devinent ce qui va se passer mais personne ni ne les écoute, ni ne les croit. Des exemples ? Allez des exemples.

Vous voyez votre meilleure amie se déliter progressivement dans son travail. Son état vous inquiète et vous ressentez sa souffrance au point de vous ronger les sangs pour elle toute la journée. Mais elle s’évertue à vous expliquer que tout va bien, qu’elle est très épanouie seulement un peu stressée. Vous guettez la suite des évènements, vous ne cessez de l’exhorter à changer de travail et elle commence à vous en vouloir de lui dire ce qui lui semble être totalement faux. Vous vous fâchez pour de bon avec elle et cela vous attriste beaucoup. Heureusement, elle vous aime quand même car deux mois plus tard, c’est vous qu'elle appellera en premier pour vous dire qu’elle est en burn out. « Non ? Sans déconner ? Je ne m’y attendais pas. » Vous êtes là pour elle évidemment.

Autre cas difficile : Vous travaillez dans l’Education Nationale et un certain collégien vous inquiète fortement. Comportements étranges, pas d’amis, repli sur lui et surtout, jolis symptômes de comportement animal… Hummm... à 11 ans, il faut se méfier tout de même. Vous alertez le proviseur, la CPE, l’assistante sociale, la maman (qui elle, s’inquiète aussi) et votre hiérarchie et vos collègues vous expliquent « Mais pas du tout, il fait son intéressant, si on arrête de se focaliser sur lui, il rentrera dans le rang ! » Bref, vous passez pour une tarée et c’est un an plus tard que vous apprendrez qu’il a atterri en hôpital psychiatrique pour une durée indéterminée. Oui, elle n’est pas marrante cette histoire mais surtout, elle est tellement réelle ! ARG !

Et enfin (après on arrête l’énumération parce qu’on connait bien la souffrance, ce n’est pas la peine d’en rajouter des tartines !) il y a ce couple que vous aimez beaucoup et que vous regardez progressivement s’échouer sur la berge d’une séparation imminente. Il est évident qu’elle sait et que lui, lui, ne veut surtout pas voir.  Vous vous inquiétez beaucoup beaucoup et vous en parlez à ceux qui les connaissent et tout le monde vous rit au nez. Sauf que manque de bol, vous aviez bien raison et quand lui s’écroule avec perte et fracas pour finir à l’hôpital, tout le monde tombe des nues et vous appelle pour vous déclarer, stupéfié : « J’aurais jamais pensé !! » et vous n’avez pas la force de leur dire alors : « Mais j’ai essayé de t’en parler maintes fois! » -désespoir, désespoir / Cassandre CQFD-  et vous acquiescez, parce que ces personnes attendent de vous que vous soyez aussi sidérée et surprise qu’elles. Vous ne l’êtes pas. Vous êtes juste traumatisée de n’avoir  rien pu faire  et de n’avoir jamais été entendue.

Très bien. On a mis les choses en place, vous voyez arriver les drames comme on entend arriver un éléphant dans un magasin de verrerie mais vous êtes bien la seule. Comme la plupart des gens ne voient pas l’éléphant (un éléphant rose au milieu de la ville quand même !!! Mais bon….) vous vous demandez tout le temps si vous n’êtes pas en train de délirer. Bien sûr, ça vous arrive. (Oui, parce que vous n’êtes pas vraiment Cassandre en fait, vous n’avez jamais rencontré Apollon et si c’était le cas, vous auriez probablement couché avec !) Mais si vous comptez bien –vous avez de l’expérience maintenant que vous avez passé la trentaine depuis belle lurette- vous avez tort dans 30 % des cas, ce qui vous laisse un bon 70 % de votre côté.  Alors, faîtes-vous confiance et partagez avec ceux qui vous écoutent !

La décentration :

Alors la décentration est la troisième étape de votre développement empathique (ou alors, c’est parallèle ou simultané? Bonne question, je la note.) Vous avez cette capacité extraordinaire de vous décentrer. (C’est une qualité rare, prenez-en soin). Et oui, vous êtes capable de voir par les yeux de l’autre en vous logeant directement dans son cerveau et dans son cœur. (Non ceci n’est pas le premier chapitre d’un livre de science-fiction, c’est bien réel). Alors bien sûr, il est toujours compliqué de démêler ce qui appartient à « nos projections » et ce qui tient de notre capacité réelle de décentration. On apprend avec le temps à repérer l’un ou l’autre et il y a des fois un peu des deux. Vous êtes subjectif, c’est normal, vous êtes un être humain. Mais c’est une autre question que je n’aborderais pas dans ce post. (On aura bien l’occasion d’en reparler plus tard ou dans les commentaires).

Reprenons. Donc vous êtes capable de vous mettre aisément dans la peau d’un vieux paysan du fin fond de la Creuse (enfin faut quand même le rencontrer, hein, vous ne faîtes pas ça par télépathie). Vous pouvez également facilement enfiler le corps d’une pin-up obsédée par la couleur de son vernis. (Et on ne fait pas de commentaire sur le mot « enfiler » je vous prie, ce n’est pas toujours facile de trouver des synonymes !) Bien sûr, quand cette personne est très très loin de votre univers, il vous faudra quand même un temps d’observation et d’écoute avant d’arriver à vous dire « Ca y est, j’ai compris, je vois ». Mais tout de même, vous êtes un ethnologue sur patte bien malgré vous. Vous comprenez la petite mamie raciste qui s’enferme à double tour chez elle et qui passe sa journée à gueuler. (Vous n’êtes pas d’accord, ça vous révulse mais oui, vous arrivez à penser par ses yeux - c’est marrant comme image tiens !-) Vous comprenez ce chef d’entreprise obsédé par l’argent, vide à l’intérieur et très préoccupé par sa BMW. Vous comprenez tellement bien que vous pouvez prédire ses actes futurs et même échanger avec lui pendant une heure sans qu’il ne puisse se douter que vous êtes foncièrement révoltée par son mode de vie. Et bien oui, vous avez su vous suradapter toute votre vie alors vous connaissez bien la démarche.

Et quand vous regardez le monde, en macro (étudiez toutes les forces en présence, les enjeux de pouvoirs, l’économie, l’écologie etc. etc. -je pourrais faire une liste de 5 pages-) puis en micro (les failles narcissiques des dirigeants,  les capacités intellectuelles des uns et des autres, les motivations de chacun (leur nombril ou l’avenir du monde / tout dépend) leurs origines sociales ou culturelles, leurs codes de langage, leurs codes de comportement, leurs différents traumatismes etc. Et bien vous voyez devant vous se dessiner un sacré bordel qui n’a ni queue ni fin. Vous comprenez tout le monde, hein, cela va sans dire, vous pouvez vous mettre dans la peau de tous. Mais vous voyez l’ensemble de ce marasme, vous le sentez et vous pouvez même presque prédire tout ce qui va se passer. La seule chose qui vous parait une évidence c’est que faire un reset ne suffira pas. Non, non, il faudrait carrément reformater le disque dur de la Terre pour reconstruire tout depuis le début. (Mais hé, ce n’est pas possible hein ! Vous, vous êtes juste une petite fourmi perdue dans l’océan des fourmis et des tamanoirs et c’est tout.)

Quand on est capable de se « décentrer » et qu’on discute avec des gens –sur un mode « débat »- quel que soit le sujet, on se rend vite compte de ce qu’on peut dire ou pas, de ce qui va être compris ou pas. Mais c’est difficile de se positionner quand on ressent si fort les attentes de l’autre, ce qui le motive pour dire ceci ou cela, ce qui est sous-jacent à son discours, sa propre souffrance, ses frustrations etc. Alors on ponctue nos phrases de « Je comprends. » et c’est vrai qu’on comprend intellectuellement mais surement pas qu’on approuve.  C’est fatigant. C’est une perte de temps.

Il est vrai aussi que lors d’un débat, personne ne s’écoute. C’est une constante, les gens ne sont pas là pour apprendre les uns des autres mais bien pour s’imposer les uns sur les autres, découvrir des alliés ou des ennemis. Alors je ne débats pas. 

La seule chose que je trouve vraiment sympa, c’est de se faire des câlins et de rigoler ensemble quand on peut.

Je vais vous laisser là et si en ce moment vous êtes très triste, je vous fais un bisou sur le nez pour vous réconforter.

Je vous souhaite de la douceur et beaucoup d’amour.

"L'exemple n'est pas le meilleur moyen de convaincre, c'est le seul." Gandhi

Namasté.

Ketrichen

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