Les psys 03/02/2015

Publié le par Ketrichen

Les psys 03/02/2015

Attention : Cet article n’est pas drôle du tout. Si j’arrive à vous arracher un sourire, c’est que vous êtes soit : 1) complètement bourré – lisez le demain à jeun, vous comprendrez - soit 2) totalement fou amoureux de moi et dans ces cas-là sachez que : je suis prise + je suis très très grosse + j’ai le visage plein de pustules + je ne me lave qu’une fois par semaine donc je sens le camembert farci à 10 mètres –de quoi faire vomir un cafard-  (Croyez moi quand je vous dis de vous méfiez de l’illusion d’internet !!!) En même temps, notez que ce n’est pas très facile de faire un article comique sur les psys. J’avoue que là, j’ai épuisé ma réserve de drôlation.

C’est parti :

Ca y est, vous y êtes. Vous repoussez depuis des mois voire des années. Vous trouviez toujours de bonnes excuses pour ne pas sauter le pas. Vous vous mentiez éhontément en vous disant que tout allait s’arranger avec le temps, que vous n’aviez pas les moyens, que vous ne connaissiez personne de confiance, que vous aviez peur. En fait, c’est cela. Vous aviez peur, vous étiez absolument terrifié.

Mais là, pouf, trop tard, plus moyen de reculer. Vous ne dormez plus, vous faîtes des crises d’angoisses à répétition, vous êtes paralysé à l’idée de sortir de chez vous etc. Quelles que soient les raisons qui vous poussent à agir aujourd’hui, il le faut, c’est décidé : Vous allez voir un psy.

Alors, c’est très bien de demander autour de vous l’adresse du meilleur des meilleurs des thérapeutes, certes. Mais votre copine Nadine n’est pas forcément la plus éclairée sur ce point malgré ce qu’elle vous certifie.

Quelques bases à connaître :

(Cet article n’est pas exhaustif et si vous constatez une erreur quelconque dans ce que j’avance, je vous remercie de me la signaler. Oui parce que je ne suis pas psy et je ne suis pas Dieu non plus... (Oui, oui, je sais c’est un choc, reprenez un whisky !) Cet article s’adresse aux néophytes c’est pourquoi je réduis les concepts à un minima, ce qui peut choquer les experts.)

Le psychologue :

Le psychologue a obligatoirement un MASTER 2 en psychologie. Mais attention, il existe de multiples branches. En gros et en général, le psychologue (lors de sa 3eme année d’étude) se spécialise soit :

  1. En psychologie sociale : le psycho social étudie principalement  les comportements des groupes et les interactions sociales. Ce cursus est idéal pour travailler dans les ressources humaines. Exemple d’auteurs : Erving Goffman, Stanley Milgram, Serge Moscovici etc.

Soit :

  1. En psychologie cognitive : Le psycho cognitif étudie le fonctionnement de la mémoire, de l’apprentissage et de l’ensemble des activités mentales. Les thérapies comportementales sont associées à cette branche de la psychologie qui n’utilise pas l’introspection pour le soin. Ce sont eux qui vous font passer des tests de QI. Exemple d’auteurs : Ivan Pavlov, Jean Piaget, etc. (Notons que Jeanne Siaud Fachin et Fabrice Bak sont issus de cette formation.)

Soit :

  1. En psychologie clinique : Le psycho clinicien analyse l’histoire individuelle du patient et tente avec lui de remédier à ses différents troubles affectifs. On pense à tort que cette branche est la psychologie en général. Exemple d’auteurs : Sigmund Freud, Jacques Lacan, Donald Winnicott, Françoise Dolto etc.

Je le précise car il est important de savoir qui vous allez consulter. Si dans une soirée, vous discutez avec un psychologue (qui omet de vous dire qu’il est spécialisé en psycho sociale) et que vous lui parler de vos problèmes avec votre mère, il vous répondra mais il vous donnera un avis personnel et non un avis clinique (tout simplement parce qu'il n'est pas qualifié). Si vous prenez rendez-vous avec un psychologue clinicien en espérant passer un test de QI, il vous éclatera de rire au nez (ou s’il est très gentil, il vous conseillera un collègue cognitiviste, s'il en connait). Commençons donc pas détruire ce préjugé qu’il n’y aurait qu’une psychologie car il y en a plusieurs et bien sûr, elles se tirent toutes dans les pattes entre elles mais aussi à l’intérieur même de leur propre courant de pensée. (Sinon, ce ne serait pas drôle quoi !)

Notez que les psychologues ne sont pas remboursés par la sécurité sociale.

Le psychanalyste :

Le psychanalyste a une seule obligation : avoir fait lui-même une psychanalyse. Issu de la culture freudienne ou lacanienne ou jungienne (ou ??? autre peut-être) il vous proposera un cadre de travail assez précis (mais je reviendrais dessus plus loin). Je ne saurais trop vous conseiller d’aller consulter un psychanalyste qui est également ou psychologue ou psychiatre. (Afin de s’assurer qu’il ait tout de même eu une formation quelque peu conséquente, en plus de sa propre expérience analytique).

Le psychiatre :

Le psychiatre a fait 6 années de médecine classique puis 4 ou 5 années de spécialisation en psychiatrie. Il est le seul à être habilité à vous prescrire des médicaments et il est également le seul dont les consultations sont prises en charge par la sécurité sociale. Il travaille principalement dans les hôpitaux psychiatriques ou cliniques du même nom mais quelques fois aussi en cabinet privé. Vous pouvez tout à fait être suivi par un psychologue et voir ponctuellement un psychiatre pour une prescription de médicaments.  

Voilà pour les bases.

Vous vous doutez que tout cela est très vulgarisé et si vous vous intéressez à la psychologie, lisez des livres sur le sujet. C’est parfois indéchiffrable et parfois passionnant mais ce sera sans aucun doute plus complet que le bref aperçu que je viens de vous donner.

Revenons à nos moutons argentés d’Amérique Centrale et projetons-nous dans le réel.

Je vais commencer par vous parler de la psychanalyse, elle sera freudienne car c’est celle que je connais. Un ami me disait qu’il était allergique à la psychanalyse car elle était toujours décrite comme « très mystérieuse » et qu’on disait en permanence à son propos : « Tu ne peux pas comprendre tant que tu n’en as pas fait une…. » Il m’a fait sourire ce jour-là et je n’ai pu que lui répondre : « Oui, malheureusement, c’est vrai. » Je vais quand même tenter de vous en dire un peu plus. La psychanalyse freudienne (je ne le reprécise pas, vous avez compris, celle de Papy Freud pas des autres) offre un cadre de travail très strict. Vous vous rendez chez ledit psy deux ou trois fois par semaine, vous vous allongez sur le divan et il se tait. Oui, le psychanalyste (s’il fait correctement son métier) se tait. C’est effectivement un peu angoissant au début. La seule chose qui est demandée c’est de parler de tout ce qui vous vient en tête et de faire des liens avec d’autres pensées. Ainsi vous passez du coq à l’âne pendant ¾ d’heure sans bien savoir où tout cela vous mène et on peut dire que les premiers mois vous pataugez sévère…

Vous savez qu’il faut parler de vos rêves alors vous le faîtes. Au fur et à mesure, vous allez devenir un détective plongé dans les limbes de votre inconscient. Le psychanalyste doit toujours avoir une attitude bienveillante vis-à-vis de vous et vous prendrez conscience avec le temps qu’il ne vous juge jamais. Rassurez-vous, il ne dort pas et il ne fait pas non plus sa liste de courses pendant que vous vous épanchez. D’une séance à l’autre, il reviendra sur des choses que vous avez expliquées précédemment et vous aurez la preuve que oui, il écoute ce que vous dîtes. Et bien sûr, il parle de temps en temps.  Il vous exhorte à creuser tel ou tel sujet, il vous questionne sur telle ou telle expérience de votre vie et il respecte si vous n'êtes pas d'accord avec lui. il sait que vous seul avez la vérité sur vous même. Ce qui est absolument délicieux dans le travail psychanalytique c’est que vous êtes le décideur, le maître absolu. Il ne vous dira jamais : « Vous avez subi tel ou tel trauma et vous êtes comme ça parce que vous avez vécu ci ou ça. » C’est VOUS qui le découvrirez par vous-même et quand votre inconscient sera prêt à en discuter. C’est intellectuellement passionnant et c’est efficace mais long très long. Une psychanalyse dure plusieurs années et vous traverserez des moments extrêmement difficiles et douloureux. Mon avis subjectif est que c’est un travail indiqué lorsque vous avez vécu beaucoup d’intrusions dans votre vie, lorsque vous avez subi beaucoup de jugements et que vous avez l’impression d’être dépossédé de votre propre histoire personnelle. Cela me semble indiqué car vous allez reprendre vous-même possession de votre vie à votre rythme.

CEPENDANT, j’émets un gros MAIS. En très gros, comme ça : MAIS : La plupart des psychanalystes ne connaissent strictement rien à la TOUSEULITUDE et sont très allergiques à ce concept. Ils pourront vous dire des choses telles que : « Je n’y crois pas. » ou « C’est un phénomène de mode. » ou encore « Ce n’est surement pas ça qui vous empêche d’avancer. » Une de mes amies a eu la chance d’en consulter un qui était lui-même TSE et le savait. Il lui a recommandé de passer un test de QI. Chance, chance… Mais c’est très très rare. Alors pour éviter de perdre votre temps, je pense que poser directement la question au soignant concerné est pertinent. Pourquoi ? Parce qu’au bout d’un certain temps, vous allez prendre conscience que votre psy rabâche les mêmes choses, qu’il tente de vous mettre dans des cases qui ne sont pas adaptées à ce que vous êtes. Il vous fera des remarques du type « Mais il faudrait peut-être arrêter d’être aussi sensible? » ou il vous expliquera comment « fonctionner normalement » et vous lui direz que vous êtes TSE mais il ne comprendra pas et ce sera très douloureux parce qu’il attendra de vous que vous changiez, que vous deveniez « normal » et ce n’est pas possible. Le travail prendra fin parce que vous serez très fatigué, ce qui vous laissera frustré et dépité.

Mais ce problème vous allez y être confrontés avec tous les psys que vous allez rencontrer. (Exceptés les psychologues cognitifs spécialisés dans la douance, la précocité etc.)

Cela ne doit pas vous empêcher de travailler sur vous car des psys peuvent vous aider à résoudre des problèmes liés à votre petite enfance (douce et paisible, n’est-il pas ?). Cependant gardez bien en tête que vous pouvez vous sentir décalés et incompris sur certains points de votre spécificité face à votre psy. Il y a les problèmes que nous posent notre TOUSEULITUDE et les traumas que nous avons vécus enfants. On peut éventuellement traiter les deux séparément. Toutes nos problématiques ne viennent pas de notre TOUSEULITUDE. Il faut apprendre à distinguer les deux et un psy classique peut vous aider à résoudre des difficultés qui n’ont rien à voir avec votre TOUSEULITUDE mais à un moment, il y aura des limites. Sachez le.

Passons aux psys cognitivistes. Si vous avez la chance extraordinaire d’avoir un psy spécialisé dans la TOUSEULITUDE à côté de chez vous, je n’aurais qu’une chose à dire : Foncez, foncez !!! (Et bénissez-vous d’habiter dans une grande ville !)

Si vous avez besoin de travailler sur un point spécifique (la phobie des araignées par exemple)  un psy-comportementaliste classique fera l’affaire. Ce sera une thérapie courte et efficace. Si le problème est plus important, essayez un psy qu’on vous aura recommandé (c’est toujours mieux) évitez de simplement consulter l’annuaire.

Quoi qu’il se passe et comme toujours (car c’est applicable tout le temps dans toutes les situations de votre vie) : ECOUTEZ VOUS. Vous devez vous sentir bien avec votre psy, vous devez vous sentir écouté, vous devez vous sentir en sécurité. C’est en fait le seul critère à réellement prendre en compte.

Enfin, si vous êtes suivi par quelqu’un et que vous sentez que votre TOUSEULITUDE pose un problème dans la relation thérapeutique, je vous conseille vraiment vraiment de prendre rendez-vous avec un psy spécialisé sur cette question même s’il est très loin de chez vous et qu’il vous faudra subir 8 heures de train pour le voir. Allez-y au moins une fois, ça vaut le coup et cela vous permettra d’éclairer ce qui vous pèse et peut-être même de trouver des solutions.

Après si vous faîtes une allergie profonde aux psys, n’hésitez pas à fouiller d’autres méthodes et à passer par votre corps en testant la réflexologie, la lithothérapie, le yoga etc.

J’espère vous avoir un peu éclairés et je vous souhaite beaucoup beaucoup de bonheur.

Namasté

Ketrichen

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Commenter cet article

Scarlett_W 31/12/2015 15:21

Bonjour :-),
c'est amusant, car pour ma part, c'est une psychologue clinicienne qui m'a fait passé mon WAIS IV. Mais ça tient peut-être du fait que c'est sa spécialité de travailler avec des enfants et des adultes zébrés.