Plaidoyer pour Wyatt et handicap

Publié le par Ketrichen

Plaidoyer pour Wyatt et handicap

Allez, je vous avoue tout, nous sommes le 8 juillet 2015 et j’ai froid ! Si si, c’est vrai, je ne mens pas. Après m’être liquéfiée pendant 10 jours, priant le Dieu de la pluie et de la Grande Islande de poser sa douce main sur nos visages combustionnés, c’est arrivé, il fait 26 degrés et… J’ai froid. Je viens de refermer toutes les fenêtres de mon appartement parce que je me gelais et que c’était ça ou mettre une écharpe en laine. Qui a dit que le climat se déréglait ? N’importe quoi !!

Alors oui aujourd’hui, je vais vous parler du grand n’importe quoi de ceux ou celles qui assènent LA  vérité du haut de leur zèbritude. Je vais vous parler de ceux qui critiquent Wyatt. (Voir le lien : « Wyatt, 25 ans, j’ai raté ma vie» en bas de page) Je  vais même leur parler à eux directement, alors ne prenez pas le « vous » que j’emploie pour « vous » qui me lisez (sauf si vous êtes des détracteurs du texte de Wyatt, alors là, c’est bon vous pouvez prendre le « vous » pour vous !)

Alors Wyatt, qui est-il ? On ne le sait guère, on l’ignore, on s’interroge dans la terre du milieu. Existe-t-il ce Wyatt ? Quel est ce média étrange « Konbini » qui l’a publié ? « Où, comment et pourquoi ?» sont-ce les questions qui me paraissent appropriées.

Enfin, ça me parait approprié à moi, bien sûr, subjectivement, égotiquement. Parce que je ne suis ni psychologue, ni psychiatre, ni psychanalyste, ni spécialiste de rien.  J’ai lu son texte  plein de sincérité, plein de souffrance et ça m’a fait du bien, oui, ça m’a fait beaucoup de bien qu’il parle de sa TOUSEULITUDE comme d’un « handicap » et qu’il explique son énorme dilemme entre ses idéaux politiques et ce qu’il peut réellement faire dans sa vie, de la paralysie psychique  qui s’en suit et l’amène à travailler comme chargeur de palettes. (Travail hautement passionnant s’il en est.) Je voulais le contacter, lui faire un câlin, poser ma main sur sa tête prête à exploser et lui dire : « Ne t’inquiète pas, tout va s’arranger. » Mais il est introuvable le choupinou ! Alors j’ai partagé ce texte sur ma page facebook, je l’ai partagé sur ce blog et puis je suis allée fouiner sur internet.

Je vous l’avais dit, j’ai quitté les forums de discussions zébrés, il y a plusieurs mois, forte de constater la connerie ambiante et malsaine qui régnait. Et ce nouveau petit tour dans le virtuel m’a convaincue que la connerie est toujours là et c’est un comble pour des Hauts Potentiels !

Revenons à la base. La toute première base : le soi, votre moi, votre vous, votre sensibilité, votre expérience. Vous lisez le texte de quelqu’un (Wyatt en l’occurrence) qui ne se veut pas un texte scientifique mais bien une expérience personnelle subjective. Ce texte vous agace, vous fait mal, vous dérange vous titille, vous chatouille la colère etc.  Très bien. Respectez-vous, il faut toujours écouter ses émotions et ce que vous avez à l’intérieur. Si vraiment, vous avez besoin d’en parler faîtes-le, dîtes « Ça me fait mal qu’il… » « Ça me renvoie que… et je n’aime pas ça » etc. Centrez-vous sur vous et assumez de ne pas être le porte-parole de la vérité de ce qu’on doit dire ou non sur les TOUS SEULS. Mais ne jugez pas Wyatt. Ne le descendez pas en public alors qu’il vient de lancer un cri de désespoir du fin fond de l’espace dans lequel il se délite. Qui êtes-vous pour faire ça ? Quelle légitimité avez-vous pour dire que ce qu’il assène est scandaleux, incohérent, mal argumenté, avec des contradictions etc. ?

C’est si facile de juger. Rassurez-vous, les TOUT LE MONDE vont le faire, ils le font si bien. Et je peux le prouver car j’ai trouvé des critiques et des commentaires fustigeant sur un forum dont le thème est la « virginité tardive » Et oui oui oui oui ! Absolument, c’est véridique, les puceaux sur le tard  (qui aiment être un groupe de puceaux sur le tard) critiquent aussi Wyatt ! Ah ces TOUT LE MONDE, ils ne cesseront jamais de me faire marrer. Et là, les critiquent sont fascinantes : « Il manque de nuance, il est prétentieux, il devrait changer de psy » et puis ils critiquent ses chaussures (qui ne sont plus à la mode !) Allez, ça c’est drôle je ne perdrais pas mon temps à leur expliquer quoi que ce soit, c’est déjà très très compliqué de leur faire comprendre notre fonctionnement émotionnel et cognitif de base, alors les plonger dans la souffrance quotidienne de ce que peut être la TOUSEULITUDE, c’est un chouïa trop demander. Rions ensemble de leur méchanceté gratuite. Ah Ah Ah. Voilà c’est fait.

Non, le plus grave, ce qui me heurte profondément, ce sont ces TOUS SEULS qui s’insurgent contre ce texte et le lapident en place publique. Là, c’est embêtant. C’est embêtant parce qu’on attendrait d’un TOUS SEULS un minimum d’empathie ou au moins un peu de respect solidaire. (Heureusement j’ai lu des argumentaires de TOUS SEULS défendant Wyatt avec beaucoup de bienveillance qui m’ont réchauffé un peu le cœur, merci à vous.) Mais parlons des autres, de ceux qui l’attaquent et surtout parlons de ce mot que j’ai découvert avec stupéfaction (Merci merci d’enrichir mon vocabulaire !) la « comorbidité ». La comorbidité m’a suggéré du morbide  et du co (je ne connaissais pas encore la définition). En réalité son origine épistémologique latine serait : « morbis » = la maladie et « co » = plusieurs, soit plusieurs maladies associées. Le Larousse définit la comorbidité ainsi = « Association de deux maladies, psychiques ou physiques, fréquemment observée dans la population (sans causalité établie, contrairement aux complications) ; état qui en résulte : L'obésité et l'arthrose de la hanche présentent une comorbidité. »

J’adore cette définition. Ainsi, plusieurs TOUS SEULS partent du principe que Wyatt souffre d’une « comorbidité ». (Et j’ai envie de leur demander : arthrose de la hanche ? diabète ? cheveux roux ?) Mais ils sont bien convaincus que Wyatt est dépressif, que peut-être il souffre d’un trouble bipolaire, voire pire…. (Et pourquoi pas ? Wyatt est peut-être allergique au lactose, ce qui aurait déclenché une schizophrénie paranoïaque aigüe. Et oui le lactose a certains effets qu’on ignore !) Sourire tragique…

Et j’en reviens à ce que je dis toujours : Ne vous improvisez pas psy quand vous n’en êtes pas un ! (et j’ai envie de rajouter : Bordel de merde !! –parce que je suis vraiment très énervée-)

Arrêtez, mais putain de merde ! ARRETEZ de poser des diagnostics graves, enfermant, lourds très lourds alors que vous n’avez AUCUNE  qualification pour le faire ! Ne l’avez-vous pas vécu vous même quand vous étiez enfant ? Ne vous a-t-on jamais dit : « Qu’est-ce que tu es prétentieux ! » « Tu as vraiment un problème toi, tu emmerdes toujours les gens, tu devrais consulter un psychiatre ! » On ne vous l’a jamais dit ? Tant mieux ! Tant mieux ! Réjouissez-vous. Vous avez beaucoup de chance ! Que tous les TOUS SEULS qui sont heureux dans leur vie et qui considèrent qu’être un TOUS SEULS  dans ce monde est une chance se réjouissent et profitent. Profitez ! Mais foutez la paix à ceux qui souffrent bordel ! Foutez-leur la paix !

Quel est le problème finalement ? Quel est le vrai problème ? Vous ne voulez pas être associé à quelqu’un qui se considère comme un handicapé dans ce monde ? Et bien ça tombe bien, nous sommes tous différents et le TOUS SEULS n’est pas un être unique qu’on aurait cloné en plein d’autres TOUS SEULS.

Alors pourquoi cette polémique ? Pourquoi ce besoin virulent, profond, viscéral de dire : « Je ne suis pas Wyatt ». « Les surdoués ne sont pas comme ça, ce qui le fait souffrir c’est autre chose (C’est sa comorbidité !) » Pourquoi ?  Parce que vous avez peur ? Mais de quoi avez-vous si peur ? Que les TOUT LE MONDE vous regardent de travers ? (ils le font déjà vous savez… Ça ne va pas changer grand-chose.) Vous avez peur que les handicapés mentaux ou physiques se sentent insultés ? Vous avez peur parce que cette souffrance est si terrible que vous ne voulez surtout pas que ça vous arrive ? Mais encore une fois : Ne projetez pas ! Vous n’êtes pas lui, il n’est pas vous, c’est un fait. Point à la ligne.

Mais on peut souffrir de sa TOUSEULITUDE  si fort et si violemment qu’elle devient un handicap oui, c’est un fait : OUI. Et si ce n’est pas votre cas, alors c’est merveilleux, c’est fantastique, mais si c’est votre cas, ce n’est pas grave, rassurez-vous, il y a des solutions.

Allez parlons de ce qui fait mal, évacuons ce pus enkysté sous les tabous de ce qui se dit et de ce qui ne se dit pas. Parlons de handicap ! Prononçons le mot ensemble,  dîtes avec moi : « handicap ». Ça fout la trouille n’est-ce pas ? On se sent diminué ? Relativisons un peu.

Des handicapés (tels que le tout-venant les conçoit) j’en connais plusieurs, qu’ils soient handicapés physiques ou psychiques, je peux vous assurer, qu’ils se fichent complètement que nous, les TOUS SEULS  soyons un jour associés à cette case-là, la case « handicapé ». Ils ont bien trop à faire ou à gérer avec leurs propres difficultés quotidiennes pour se préoccuper de nous. Peut-être même que ça leur ferait du bien (eux qui sont traités de débiles par les ignorants depuis leur plus tendre enfance) ils seraient très contents de se dire : « Ah, les surdoués sont comme nous ! » Ils se sentiraient moins seuls. J’en connais même un que ça ferait sacrément marrer !

Source : http://www.sanitaire-social.com/centres-pour-handicapes/d%C3%A9finition-du-handicap/m3/7
La définition légale du handicap en France

La loi du 11 février 2005 dans son Article 114 donne la définition suivante du handicap : " Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant.

La définition du handicap selon l’OMS

Elle comprend 3 dimensions qui révèlent autant de composantes du handicap. Ces concepts sont les suivants : déficience, incapacité et désavantage.

    - Déficience : " Dans le domaine de la santé, la déficience correspond à toute perte de substance ou altération d'une fonction ou d'une structure psychologique, physiologique ou anatomique. "

    - Incapacité : " Dans le domaine de la santé, une incapacité correspond à toute réduction (résultant d'une déficience) partielle ou totale de la capacité d'accomplir une activité d'une façon normale ou dans les limites considérées comme normales, pour un être humain. "

    - Désavantage : " Dans le domaine de la santé, le désavantage social d'un individu est le préjudice qui résulte de sa déficience ou de son incapacité et qui limite ou interdit l'accomplissement d'un rôle considéré comme normal, compte tenu de l'âge, du sexe et des facteurs socioculturels. "

(J’ai mis en rouge ce qui me parait le plus approprié pour CERTAINS TOUS SEULS ne souffrant PAS  de comorbidité !!!)

« Qui limite ou interdit l'accomplissement d'un rôle considéré comme normal. » « Rôle normal. » Voilà ce qui revient dans ce texte. Dans de précédents articles (en particulier celui consacré au travail) j’ai bien souligné que je connais des TOUS SEULS parfaitement intégrés dans la société, heureux en couple et / ou vie de famille qui ne présentent aucun handicap (tel que défini ci-dessus). On peut dire qu’ils ont une vie « normale » et accomplissent un rôle considéré comme normal.

C’est peut-être votre cas. Je vous le souhaite. Mais sommes-nous normaux ? Non, c’est dans la définition d’ailleurs : Qi supérieur à la « norme ». Alors si certains d’entre nous sont totalement capables d’avoir une vie « normale », d’autres ne le sont pas. Je connais plusieurs personnes TSE (dont je fais partie) qui ont de grandes difficultés à faire des choses toutes simples comme : passer  une après-midi en famille, aller travailler tous les jours, trouver l’âme sœur, avoir des amis et même conduire (= hyperstimulation et hyper conscience du danger de la route) !! Est-ce que mes amis et moi-même ne sommes pas limités sur des domaines de vie très important, presque sur l’ensemble de notre vie ?????????

Je connais également au moins trois TOUS SEULS qui (selon leurs médecins-psychiatres ne souffrent pas de troubles associés OU ont développé un trouble associé (la phobie sociale en l’occurrence) à cause de leur douance. Je répète : A CAUSE DE leur douance et qui sont reconnus comme « handicapés » par la société.

Quel est le problème  en fait ? En quoi est-ce si dérangeant qu’une partie des TOUS  SEULS soient dans ce cas-là ? Pour vous c’est un problème, pour eux c’est une solution. Ben oui. Vous ne l’aviez pas vu venir celle-là ! Pour le premier son statut de travailleur handicapé (à moins de 80 % évidemment, il n’a pas de carte d’invalidité et ne touche aucune allocation pour handicapé) lui permet de travailler chez lui via internet avec l’accord plein et entier de son entreprise. Ainsi, il n’est pas soumis à des horaires restrictifs, il est libre d’organiser son temps et ne subit pas la présence des autres. Il est enfin heureux et il travaille. Amen. Le deuxième bénéficie d’un aménagement spécifique de son lieu de travail (en particulier un bureau pour lui tout seul) et son statut le protège de certaines obligations sociales insupportables. Le 3eme est en recherche d’emploi.

Evidemment pour Wyatt c’est différent, il n’a pas encore fait le deuil d’un monde cohérent et ça c’est très dur et long. Je comprends qu’à 25 ans ça ne soit pas encore acquis. Wyatt, je compatis.

En fait, je vous déroule ma pensée toute en vrac car ce qui me scandalise me rend un tantinet désorganisée... Mais enfin, n’êtes-vous pas au courant que la TOUSEULITUDE peut entrainer des dépressions ? (Certains disent que Wyatt est dépressif.) Je l’ignore, je ne connais pas Wyatt (et je ne suis toujours pas psy) Mais s’il était dépressif, ce serait logique non ? Vous n’avez jamais fait de dépression liée à votre TOUTESEULITUDE ? C’est merveilleux ! Encore une fois : Quelle chance ! Enjoy brother !!

Il se trouve que j’en ai marre d’entendre des TSE se plaindre que les TSE souffrent. Je trouve carrément HALLUCINANT aujourd’hui que les TSE qui lisent des blogs et discutent sur des forums répandent les mêmes préjugés que les TOUT LE MONDE (qui sont « le surdoué a de la chance » « le surdoué peut tout faire » « Arrêtez de vous plaindre »). Et j’ai envie de dire à ces gens : Mais qu’est-ce que vous foutez sur internet ? Si vous êtes si heureux, pourquoi êtes-vous là ? Allez-vous promener avec votre chien ! Que cherchent-ils ? Un endroit où les TSE se retrouveraient pour auto-stimuler leurs cerveaux en se disant : « La vie est belle, c’est merveilleux. » ???? Si elle est si belle cette fameuse vie mais alors allez-vous éclater dans votre vie et ne perdez pas votre temps sur internet.

Je trouve DELIRANT  qu’on puisse lire sur un même blog que ce n’est pas une chance d’être surdoué et que c’est difficile et que s’adapter à notre société sera un travail long et délicat et que dans ce même blog on puisse fustiger la souffrance d’un TSE comme Wyatt. Cohérence, cohérence, si tu m’entends, téléphone moi !

Les TSE qui font du politiquement correct me gonflent. Je fais la différence entre « ne pas classifier les êtres humains dans le plus et le moins » (parce que ça n’a aucun sens) et faire du « politiquement correct » qui revient à dire que nous les TSE sommes des bons TSE, que jamais nous ne volerons leur place aux handicapés, que nous souffrons mais pas trop, que c’est difficile mais c’est cool ! (YOUPIYOU !!)

Et puis j’en viens à me dire : Pourquoi je perds mon temps à écrire sur ce sujet, sur ces gens ?  Ils ne prendront pas le temps de me lire et de toute façon je sais bien que je ne les ferais pas changer d’avis.

Alors je vais juste finir comme ça : Vous avez le droit de souffrir ! Vous avez le droit de hurler devant la bêtise incommensurable du monde, vous avez le droit de ne pas trouver votre place, d’être perdu, de dire juste le fond de votre cœur. Vous avez le droit d’être réconforté, câliné, rassuré. Vous avez le droit de vous sentir HANDICAPE, vous avez le droit de tomber en dépression sans souffrir de comorbidité. Vous avez le droit d’être LIBRE  d’être VOUS-MEMES, n’en déplaisent aux biens pensants.

(Bien sûr, il est important de voir un psy  si vous allez mal. Et il arrive qu’effectivement, certains troubles soient associés à la douance et si c’est le cas, pour votre propre équilibre, il est important d’être diagnostiqué.)

Mais vous souffrez peut-être uniquement de TOUTSEULITUDE et vous avez le droit de hurler votre souffrance. Vous avez le droit de démonter les préjugés à la lumière de votre expérience de vie. Vous avez le droit d’être Wyatt.

La prochaine fois, on va parler du travail, je crois que c’est le moment.

Belle journée à vous.

Namasté

Ketrichen

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Gudule 17/08/2017 00:58

Je suis la même Gudule oui.
Et j'ai hâte de découvrir ton prochain article!

Gudule 18/06/2017 22:28

(par chance, je peux! Merci pour ta sollicitude)

Salut à toi Ketrichen !
Ca va, pas trop froid 2 ans plus tard ?!
Je trouve que tu as fais preuve de courage, ne serait-ce que vis à vis de toi même, d'affronter ainsi ta colère et de mettre autant que faire se peut, tes sentiments en ordre au sujet du battage (abbatage!?!) concernant Wyatt, publiquement.
Il est bien dur de prendre la plume quand on sait que ce qu'on s'apprête à écrire ne sera pas tout doux, tout neutre et consensuel ! Alors bravo ! (pour ma part en pleine (tentative de) rédaction d'un livre, je me heurte à mon manque de courage ...)
Après être allée mettre le bout de mon nez dans un forum "HP", j'ai moi aussi pris peur en y trouvant tant de bêtise et de virulence! On se serait cru sur un champ de bataille, avec comme mot d'ordre "ne faites pas de prisonniers!" J'ai récupéré le bout de mon nez et on est rentré chez nous bras dessus bras dessous.
Je ne suis pas psy, et manque de vocabulaire et de connaissances en ce domaine, mais plus ça va plus il me semble qu'on peut être "sur-doué" en étant très à l'aise avec les chiffres, et en ayant une grande capacité d'attention, une excellente mémoire, beaucoup de savoir .... mais en étant fortement "sous-doué" pour ce qui est de l'empathie, de la gentillesse, de la politesse, de l'auto-critique, de la psychologie de base et ce genre de choses ... Si toi ou d'autres lecteurs se sentent en mesure de m'éclairer à ce sujet, ce sera avec bonheur que je recevrai votre savoir (ou vos impressions).
Je suis d'autant plus heureuse d'être tombée sur ton blog, car même lorsque tu te lâches, tu sembles toujours t'en tenir à une certaine correction, une certaine noblesse si je puis dire.
Namaskar

Ketrichen 03/07/2017 14:41

Salut Gudule (es-tu la / le même Gudule que pour le commentaire "De la bêtise qui dévore le cerveau"?) Il semblerait qu'effectivement, nous TSE ayons beaucoup de mal à communiquer en groupe et à fortiori en virtuel. Ce devrait être le sujet de mon prochain article, j'espère que cela pourra t'éclairer. Mais je reconnais que je pensais bêtement que l'intelligence faisait de nous des êtres attentionnés et bienveillants, capable de décentrer pour comprendre le ressenti/ vécu de l'autre... Mais peut-être est-ce plus compliqué que ça? (Si tu / vous avez des avis sur la question : je prends!) Au plaisir. Namasté. Ketrichen.

Sem 15/11/2015 23:41

Cette fois j'ai lu Wyatt. Je relève des incohérences qui me font dire que ce n’est pas forcément quelqu'un de réel. En tout cas, je m'y retrouve bien... La façon de "capter" tout ce qu'il se passe et... la culpabilité !!! Je ressens pas le besoin de voir un ou une psy par contre. Bon, ça a déjà été fait, remarque. Mais l'éventuelle touteseulitude n'avait pas été prise en compte. Je me souviens de certaines remarques comme "c'est incroyable comme vous avancez vite, que vous compreniez tant de choses e si peu de temps" ou "mais pourquoi vous regarder vivre comme ça, pourquoi tout penser, d'où cela peut il venir ?"

Isa 17/07/2015 15:09

Bonjour,
Je lis votre article, après celui de Wyatt et un petit tour sur Internet pour trouver qui est Wyatt (et une incursion de ce fait sur le forum "virginité tardive" qui m'a laissée plus que perplexe) et je voulais vous dire merci! D'abord parce que j'ai bien ri en vous lisant, ensuite parce que je trouve ça rassurant de ne pas lire comme partout qu'en fait, ce type est surdoué, certes, mais avant tout malade. Et maintenant, je vais retourner me promener avec mon chien ;-) .... Votre blog est un beau projet en tout cas....

Ketrichen 20/07/2015 23:53

Merci beaucoup Isa pour votre commentaire. (ah oui ce forum de "virginité tardive"... Ca nous vend du rêve :o) Très heureuse de vous avoir faire rire en tous cas. Je vous souhaite une belle soirée. Namasté. Ketrichen

Ketrichen 11/07/2015 13:00

Bonjour Sem :o) Faire le deuil de l'incohérence de ce monde... Est-ce véritablement possible? Totalement? Grande question... Je pense qu'on peu s'y résigner et faire son petit bout de chemin à soi. Non, je n'ai pas décoléré, j'ai compris certaines raisons de leurs réactions et j'ai évacué ma colère, c'est déjà très bien. Je te remercie beaucoup pour tes pensées et ta gentillesse. Très belle journée à toi. Namasté.

Ketrichen 11/07/2015 12:57

Bonjour Marc. Je ne savais pas pour la "comorbidité", je note. Je suis bien d'accord avec vous sur " Je soupçonne la stigmatisation d'être la manifestation d'un réflexe de l'humain à se retourner une image de soi-même positive, en se disant: " c'est pas moi qui est comme ça... Moi je suis clean..."." C'est tout à fait juste. Disons que c'est un réflex humain... Merci beaucoup pour votre commentaire qui alimente ma réflexion. Et moi aussi, j'ai été Wyatt... très belle journée à vous. Namaste.

Sem 11/07/2015 01:56

"Faire le deuil d'un monde cohérent" ... Je n'avais pas mis les mots dessus mais je suis bel et bien en train de faire ce deuil depuis quelques temps.
Alors... ça ne m'étonne pas, ça ne me met pas en colère que des TSE fustigent d'autres TSE... J'ai constaté que des TSE aiment parler les uns sur les autres et sur les TLM, comme les TLM...
Ce qui isole un peu plus.
ça ne m'étonne pas, ça ne me met pas en colère ... ça me désole (et me déprime) que l'humanité n'en soit que là.
Et c'est bien pour ça que je suis vachement contente quand je lis tes articles.
Parce que, quand même, certains humains, comme toi, évoluent.
J'espère que tu as décoléré grâce à l'écriture.
Des pensées.
Merci de cette empathie, ça me réchauffe le coeur de savoir que certains en sont capables.
:-)

Marc Z Qc 09/07/2015 17:19

Le buzzword "comorbidité" est utilisé sciemment en santé mentale, milieu de la recherche, milieu dans lequel j'ai trempé pendant un temps.

L'autre mot qui n'est malheureusement pas encore un buzz word (mot qui fait de l'effet) c'est la stigmatisation. C'est aussi un terme très utilisé en recherche sur la santé mentale. La grande majorité de nous citoyens, stigmatisons, malgré nous même parfois, la différence. Surtout celle en santé mentale.

Je soupçonne la stigmatisation d'être la manifestation d'un réflexe de l'humain à se retourner une image de soi-même positive, en se disant: " c'est pas moi qui est comme ça... Moi je suis clean...".
Un peu comme cette curiosité morbide que vit monsieur tout le monde à absolument vouloir voir et savoir ce qui se passe sur le lieux d'un accident qu'il croise.

L'autre truc qui me vient à l'esprit quand vous parlez des TOUTSEULS qui frappent dans la "confrèrerie" c'est cet effort qui est fait pour ne pas être tellement PAS comme les autres. Cette lutte qui pour moi aura duré plus de cinquante ans... Cette lutte qui dure tant qu'on ne sait pas que nous sommes zèbre.

En tout cas, Wyatt pour moi existe. Wyatt c'est moi à son âge. C'est d'autres zèbres ailleurs, disséminés sur la planète. Alors je vous salue et remercie d'avoir commenté beaucoup de dimensions de votre réflexion. Je suis surpris que ce texte ait fait réagir. J'en suis aussi content, parce que ce qui m'agace au plus haut point dans la société occidentale dans laquelle je vies, c'est cette foutue propension à vouloir taire ce qui ne se dit pas.

Ketrichen 09/07/2015 00:37

Salut Marilou! Non ce n'est pas toi qui m'a énervée! (Et félicitations pour ton diplôme de psychologue!!) Asperger, oui, pourquoi pas? Je n'y avais pas pensé. Ce que j'aime bien dans ce que tu dis c'est que tu finis en disant "j'aimerais bien parlé avec lui". C'est ouvert,c'est doux. Je m'insurge contre ceux qui n'ont pas cette "empathie là" ce désir de comprendre mais qui l'ont sévèrement jugé. Je pense (très subjectivement de mon propre point de vue tout personnel) que l'hypersensibilité comme l'hyperhéstésie font partie intégrante de la douance autant que le QI. Tu dis que "130 de QI ce n'est pas le bout du monde", j'entends mais Quid de ceux qui ont bien plus? Je pense que la souffrance liée à la douance est personnelle, liée à la propre histoire de chacun. Ce qui est certain (en tous cas pour la génération qui n'a pas été dépistée "enfant précoce", les + de 30 ans souvent) c'est que la société n'est pas adaptée et peut avoir été dévastatrice (principalement par l'école). En fait, je répondais à une personne en particulier qui ne me lira surement jamais (et ce n'était pas du tout toi). Quoi qu'il en soit, j'avoue que je ne comprends sincèrement pas pourquoi ce texte a déclenché tant de réaction négative? Ce que tu me dis m'éclaire un peu. Peut-être que les personnes (peut-être que c'est ton cas, je ne sais pas ?) qui vivent très bien avec leur douance ont été choquées qu'on puisse souffrir à ce point et ont cherché d'autres explications à ce niveau de souffrance? Est-ce cela? Je peux tout à fait le comprendre. La différence pour moi entre ta réaction et celles de ceux que je critique c'est que tu te positionnes en essayant de comprendre avec le souhait d'un dialogue avec lui quand eux se sont contenter de le juger sans autre forme de procès. J'espère t'avoir rassurée et que tu ne l'as pas pris pour toi. Des bises. Très bonne soirée. Ketrichen

Marilou Loulou 08/07/2015 23:31

Bonsoir Ketrichen!
Ouille, ouille, ouille... Voilà un article qui pique!
Je me demande si je ne fais pas partie des gens qui t'ont énervé (j'ai republié l'article de Wyatt sur FB, avec comme commentaire "A vue de nez, je dirais que son problème est bien plus l'hypersensibilité et éventuellement une forme d'autisme (sûrement Asperger) que la douance. 130 de QI, c'est loin d'être le bout du monde... Par contre être un homme Asperger + QI 130 + hypersensible, c'est explosif. J'aimerais vraiment pouvoir parler avec lui..."
Si c'est le cas, dans un sens je te comprends, mon jugement était peut-être un peu rapide. Mais en même temps l'écrit de Wyatt m'a hurlé "ASPERGER!" dans les oreilles du début à la fin... et si, si, ça y est je suis psychologue (depuis un mois, yay!). Par contre, pour l'hypersensibilité, on peut pas se tromper, hein?
Bises. Tu n'es pas seule! Et désolée si je t’ai énervée...