Parce que le professeur Xavier n'existe pas

Publié le par Ketrichen

Parce que le professeur Xavier n'existe pas

[Cette introduction étant parfaitement inutile, vous pouvez passer directement à la ligne en noir plus bas (dessous, encore en dessous… Vous allez trouver !) Oui parce que je me rends bien compte que je fais des posts longs mais longs… Et que ce n’est surement pas la meilleure formule pour appâter le chaland. Mais voyez-vous, quand je finis un article, je suis toujours terriblement frustrée parce que je n’ai pas assez développé ci ou ça et que j’aurais pu donner plus d’exemples, et que peut-être on pourrait interpréter de travers ce que je dis là ou là. En résumé, pour que je m’auto-satisfasse il faudrait que j’écrive un livre par thème abordé et que chacun de ces thèmes soit étayé d’une bibliographie exhaustive, ainsi que d’une enquête effectuée dans des conditions optimum avec un protocole scientifique strict (sciences molles bien sûr). Moralité, je suis bien loin de m’auto-satisfaire et ceci n’a rien à voir avec l’onanisme. Donc, je fais long parce que je n’arrive pas à pondre moins de deux pages, que c’est génétique, je n’y peux rien. (Et je vous remercie et vous félicite mes courageux lecteurs d’être suffisamment entreprenant pour lire de bas en haut et de gauche à droite, l’intégralité de mes élucubrations.) - Vous avez ma reconnaissance éternelle !-

Tout ça pour vous dire que j’ai passé un été de merde ! Mais alors un été de merde comme il m’avait rarement été donné de passer ! Des dires de mon amie (qui aime bien se plonger dans la lecture des astres) il parait que c’est normal, qu’on en bave sacrément et qu’il faut avancer dans le brouillard, vivre l’instant présent et ne pas s’empêcher de pleurer et de se reposer ! (Mais ça, c’est valable tout le temps.) Selon les dires de mon amie Etoile (je vais l’appeler comme ça, ça lui va à ravir) on va en baver encore jusqu’au 24 septembre. Tout est variable, changeant et flou : En gros, c’est le bordel. MAIS (parce qu’il faut savoir positiver) c’est pour le plus grand bien ! Positivons, positivons. Le monde se restructure, les taux vibratoires augmentent pour que nous soyons tous à notre bonne place dans le futur en harmonie avec notre être profond et j’ai envie de dire : Amen !  Mettons de côté les morts, les maladies, l’optimisme débordant du peuple grec et les posts tous plus joyeux les uns que les autres qu’on lit sur Facebook et… Soyons positifs ! ]

Je sais, je sais que je vous avais dit que je vous parlerais des vacances et je n’ai pas oublié. Mais chaque chose vient à point qui est bien cuit et là, tout de suite, c’est un peu saignant. Alors, on va aborder un sujet que (j’en suis sûr !!) vous attendez avec impatience depuis de longs mois, un sujet léger, drôle et efficace pour tout TSE qui se respecte, un sujet qui ravivera vos plus beaux souvenirs d’enfance… J’ai nommé l’ECOLE !!!

Et c’est parti !

Maître Yoda dit : « Comme tu as vécu l’école, ton travail tu aborderas. » J’en profite donc, pour vous rappeler (avec énormément de finesse, notez-le) que je recherche un travail actuellement -pour me nourrir accessoirement-. Ainsi, si vous-même ou un de vos proches êtes intéressé pour embaucher mon cerveau et mon hypersensibilité, je suis à votre disposition. (Salaire minimum : 3500 € par mois / à mi-temps et en télétravail si c’est possible, merci de votre gentillesse). Ok, je blague. Non, j’étudie toutes les propositions, contactez moi en privé. Fin de la parenthèse.

L’école donc… Alors je ne vous demanderais pas : « Comment vous avez vécu votre scolarité ? »  Mais plutôt : « A quel moment vous avez commencé à vous arracher les cheveux ? » Ok, ok. Je sais que certains hauts potentiels (non testés et non accompagnés dans leur spécificité à l’époque) ont bien vécu ce passage merveilleux de leur vie…. Et ça m’épate. J’en viendrais même à vous envier bande de petits veinards et je pourrais également vous demander la recette mais c’est un peu tard pour moi et mes amis et je n’ai toujours pas d’enfants. Encore une fois, je ne traiterais donc pas ce sujet de l’épanouissement des TSE à l’école parce que je n’ai pas de données concrètes sur ce sujet (mais les témoignages m’intéressent bien sûr, comme toujours). Je ne parlerais pas non plus des profils laminaires ou complexes, ce n’est pas ma fonction. Je suis toujours subjective, toujours pas psy et je ne suis pas là pour vous apprendre quoi que ce soit mais plutôt pour vous arracher un petit sourire ou réconforter votre petit cœur en vous disant : Vous n’êtes pas tout seul. Non vous êtes des TOUT SEUL mais pas tous seuls !

Beaucoup d’enfants n’aiment pas l’école, ils s’ennuient et préfèrent jouer avec leurs copains. Il faut travailler, les programmes sont d’une incohérence à s’enfoncer le doigt dans l’œil jusqu’aux orteils, donc c’est normal. C’est ce que vivent (il me semble sans vouloir trop m’avancer) beaucoup d’enfants TLM. (Si je me trompe corrigez moi, j’aime apprendre, faîtes-vous plaisir !) Mais les petits zèbres que vous étiez ne mettaient pas le même sens dans ces doux mots « Je déteste l’école ». Il n’était pas question de « préférer jouer avec ses copains » il était question d’apprentissage. Il n’était pas question « d’ennui » mais d’ENNUI. Je veux dire d’ENNUI  à vous donner envie de taper le prof ou la maîtresse avec une carotte et de lui mordre les chevilles jusqu’à ce qu’il ou elle vous donne (ENFIN !!) quelque chose d’intéressant à faire ! (Mais vous étiez bien élevé et vous n’avez jamais mordu personne ! –Vous auriez peut-être dû d’ailleurs à la réflexion !-) Tout est question de proportion. Je me rappelle quand j’étais plus jeune, à quel point je me sentais seule. J’ai eu des moments de solitude profonds, intenses, accompagnés d’une grande détresse, une réelle impression d’être seule au monde. Quand j’ai parlé (à l’époque) de ce sentiment à des TOUT LE MONDE, ils m’ont tous répondu : « Moi aussi je me sens seul. » Et c’est vrai, ils se sentaient seuls, comme ils se sentaient différents des autres également. C’est un sentiment humain. MAIS ce n’était pas du tout la même chose en fait. Tout est une question de proportion et d’intensité. Ce n’est pas la même chose de se sentir seul parce qu’on n’a pas de petit ami et de se sentir comme une vache qui essayerait de communiquer avec des poules. Comme un extra-terrestre dont personne ne comprend le langage qui vit sur une planète horrifiante. Le sentiment originel est le même (sentiment de solitude) mais l’intensité est presque incomparable.

Pour le petit TSE que vous étiez, il ne s’agissait pas de « préférer jouer avec vos copains » tout simplement parce que vous n’aviez pas de copain. Il ne s’agissait pas d’en avoir marre de travailler parce que vous adorez faire faire des bulles à votre cerveau. Non, il s’agissait de stimuler ledit cerveau et de ne pas plonger et plonger et plonger et plonger et plonger (imaginer un vieux 33 tours rayés / oui, je suis née avant 1982) dans la REPETITION. Ah la répétition ! Ça c’est une torture inventée juste pour nous. Et l’école (si par bonté d’âme j’enlève la maternelle et le primaire –et franchement, je suis sympa-) c’est 8 années de répétition infernale.

Avant d’aller plus loin, je voudrais  faire une distinction importante entre une scolarité durant laquelle vous vous êtes adapté avec brio (maintenant une moyenne correcte et réussissant peu ou prou une myriade de contrôles qui vous ont permis d’aller jusqu’au bac et au-delà) et une scolarité épanouissante. Ce sont deux choses différentes. Vous avez surement entendu parler du faux-self ? (Si vous n’avez pas entendu parler du faux-self, allez vite lire des livres sur les surdoués, ce blog ne satisfera pas votre besoin de vous connaître en profondeur. -Allez, ne traînez pas, renseignez-vous c’est peut-être une partie importante de votre construction, qui sait ? Il faut connaître le faux-self !-) Fermez la parenthèse. Si donc vous aviez construit un faux-self efficace (attention le faux self est nocif dans la durée) que vous aviez réussi à camoufler votre véritable fonctionnement cognitif, si vous aviez compris ce que l’école attendait de vous, on peut dire que votre vécu à dû être ni agréable, ni désagréable. Vous vous êtes peut-être fait des copains et vous avez répondu sagement à toutes les questions qu’on vous posait de façon discrète et efficace. Chance pour vous, vous aviez bien compris ce que l’école (professeurs, surveillants et camarades inclus) attendait de vous.

Dans une étude sociologique que j’ai lue (dont je suis incapable de vous citer le nom de l’auteur et je vous prie de m’en excuser) il y avait un cas très intéressant. Le sociologue était en observation dans une classe de primaire. Les enfants devaient trouver dans une phrase le sujet le verbe et le COD. Ils devaient souligner le sujet en bleu, le verbe en rouge et le COD en vert. Une petite fille (qui avait eu en cadeau des supers jolis feutres) a décidé de souligner le sujet en rose, le verbe en violet-avec-des-paillettes et le COD en jaune. Elle a donc obtenu la note totale de zéro sur 10. Oui, farpaitement, elle a eu 0/10. Et ce sociologue (dont l’étude était tout à fait passionnante par ailleurs) de nous démontrer par de multiples exemples de cet acabit que l’école n’évalue pas l’intelligence. L’école évalue la capacité à se conformer à des consignes et à adopter des comportements. En effet, cette petite fille avait en fait toutes ses réponses justes puisqu’elle avait correctement identifié le sujet, le verbe et le COD de chaque phrase ! Mal lui en a pris de vouloir colorer un peu tout ça ! Honte sur elle, la sanction ne s’est pas fait attendre.

Revenons à nos théorèmes de Pythagore en goguette. Quand on vous a expliqué, petit, en quoi consistait le rôle de l’école (« Tu vas apprendre plein de choses, écrire, lire, compter. Puis plus tard, tu vas apprendre l’histoire du monde, la physique, la biologie, l’anglais etc. ») vous étiez enthousiasmé au point de devenir un chouïa hystérique à l’idée d’un nouveau monde merveilleux qui s’ouvrait à vous. Enfin, vous alliez nourrir votre cerveau affamé de connaissances diverses et variées. Vous étiez comme un loup qui n’a pas été nourri pendant des mois et à qui on offre la chance de dormir dans une bergerie.  Vous baviez d’impatience. (C’est dégoutant, au demeurant !) Vous n’avez pas compris tout de suite, que c’était une bergerie vide de tout mouton et que la seule chose qui ressemblait de près ou de loin à de la nourriture était des puces et des tiques. (Sans offense pour nos amis les animaux, bien entendu !) Il faisait noir dans la bergerie, on vous avait fait toutes ces promesses, il devait bien y avoir des moutons, ils étaient juste cachés, voilà ce que vous vous êtes d’abord dit. Ok, trêve de métaphore, je sens que je vais m’embourber profond en continuant dans cette voie, retour à la froide et glaciale réalité.

Vous avez passé votre maternelle et votre primaire sans trop de difficulté -peut-être que le fait d’avoir sauté une classe a pu aider dans ce sens-. (Pour les plus chanceux d’entre nous évidemment !) Vous aviez bien des difficultés à communiquer avec les enfants de votre âge mais qu’à cela ne tienne vous aviez de très bonnes notes et on vous félicitait pour votre vivacité d’esprit sans que vous n’ayez rien à faire de spécial. Et c’était très important pour vous de vous sentir aimé et satisfaisant. Les instituteurs étaient contents et vos parents aussi (à 5000 ou 3000 détails près, ne chipotons pas !) Bref, c’est l’entrée au collège qui a été vraiment compliquée. Vous rentriez dans « la grande école », on allait enfin passer aux choses sérieuses et ça faisait un peu peur mais c’était excitant. Le problème, le problème qui commence à ce moment-là c’est que vous allez prendre conscience qu’il n’y a aucun mouton dans la bergerie. On vous a roulé dans la farine et on vous a fait cuire. (Tiens je me demande si mon inconscient n’est pas en train de me dire qu’il a faim. C’est vrai qu’il est déjà 14h30….) Donc je récapitule vous venez d’entrer dans l’enfer absolu de l’ENNUI. Mais pas seulement ! Non ! Non ! Vous venez de rentrer dans l’enfer de l’ENNUI, de la sacro-sainte REPETITION, mais aussi de l’ECHEC, des CRITIQUES, du REJET et du HARCELEMENT, pour les plus chanceux d’entre nous. « Bienvenue au collège, vous trouverez : à droite l’ennui, à gauche la solitude, au milieu la tristesse etc.… » Ils devraient en faire un slogan comme ça, on serait prévenu tout de suite.

C’est étrange de faire un tour dans le passé comme ça, après plus de 15 ans d’éloignement. Mais c’est nécessaire. Je n’écris pas cet article pour vos enfants. S’ils sont des TOUS SEULS, heureusement, il existe aujourd’hui quelques solutions que nous n’avions pas à l’époque. En fait, j’écris cet article pour vous et aussi pour moi parce que cette expérience peut-être si traumatisante, qu’aujourd’hui encore, nous en portons les stigmates. Je trouve important de s’interroger sur les conséquences que notre scolarité a eu sur notre image de nous-même et  sur notre vie professionnelle et sociale.

Alors qu’est-ce qui était si dur à l’école ? L’ennui. Mais pas l’ennui que vivent les TOUT LE MONDE (tout le monde s’ennuie à l’école). Non, une autre forme d’ennui. Une frustration qui vous tenait au ventre toute la journée, avec ces questions en boucle que vous vous repassiez dans la tête : « Mais pourquoi elle parle de ça ? Mais ça fait 10 fois qu’elle dit la même chose avec des phrases différentes, pourquoi dit-elle dix fois la même chose ? On a compris ! »  Et puis vous leviez la tête vers vos petits camarades assis sagement tous en train de noter avec un air très concentré. Et vous ne compreniez pas ce qu’il fallait noter parce que ce serait encore dire et redire et redire encore toujours la même chose. Alors vous faisiez des petits dessins sur vos cahiers de français en attendant que l’heure passe. Le problème c’est quand vous demandiez à vos camarades ce qu’ils avaient pensé de la leçon et que la plupart vous répondait : « Ben, c’était intéressant. » Si vous aviez le malheur d’insister, ils vous expliquaient ce qu’ils avaient compris et tout leur semblait parfaitement normal et logique. Quelques fois, les leçons vous paraissaient si simples ou simplistes que  vous étiez persuadé d’être passé à côté de l’essentiel. Alors vous vous torturiez le cerveau en vous disant : « Je n’ai pas dû comprendre, qu’entend-elle exactement par « conjonction de subordination » ? » Et vous passiez des heures à réfléchir sur ce point, persuadé d’être profondément débile ou attardé. Il est vrai que l’expression « conjonction de subordination » est un peu pompeuse et semble complexe donc tout indiquait que vous aviez loupé quelque chose.  Mais non, pas du tout en fait. L’avantage certain qu’ont les TOUT LE MONDE, c’est leur capacité à apprendre par cœur et à ne pas se soucier de la signification exacte des mots. Pour eux « conjonction de subordination » ce sont juste deux mots attachés par une préposition, en l’occurrence « de ». Ils ont compris comment repérer dans une phrase « les dîtes traitresses » et ils appliquent la règle grammaticale qui correspond à leur emploi. POINT. Mais vous, vous ne comprenez pas, ça vous affole. Pourquoi passer 5 heures de cours sur ce sujet ? A quoi est-ce que ça va vous servir ? Pourquoi répéter et répéter encore ? C’est lent, si lent tellement tellement tellement lent. Et pourtant, vous adorez lire et écrire, vous ne demandez que ça d’apprendre toutes les ramifications de la langue et les emplois des « dîtes traitresses ». Mais c’est à vous décourager ! Tout est découpé par petit bout. On apprend une chose, puis une autre, puis encore une autre et pour ces trois choses, on passe un mois et puis on a un contrôle. Après on va encore découper une autre idée en petit bouts qu’on étudiera très très très très très très très très LENTEMENT…… C’est parfait pour une pensée linéaire (la pensée des TOUT LE MONDE). Ils assimilent, apprennent, ajustent et c’est fantastique, ça marche ! Mais pour votre pensée en arborescence à vous TSE !!! Cette pensée qui passe d’une idée à l’autre tous les millièmes de secondes, c’est… Effrayant. C’est effrayant, enfermant, affolant, angoissant et cela ne fait que perturber encore plus vos fonctions cognitives qui s’affolent en tous sens parce qu’elles n’arrivent pas à se repérer dans cet illogisme.

Vous commencez à douter sérieusement de vos capacités intellectuelles. Vous êtes débile, cela vous parait de plus en plus évident. Parce qu’avec tout ça, vos notes chutent considérablement. Et vous vous faîtes engueuler parce que tout le monde sait que « vous avez les capacités ». C’est donc que vous devez le faire exprès. Là, ça commence à devenir de plus en plus dur de se lever pour aller en cours. Rajoutons encore quelques petits paramètres délicieux pour parfaire notre soupe. (Faut vraiment que je mange moi !!)

Vos pairs ! (J’adore ce mot, souvent employé en sociologie.) Les pairs sont très importants pour se socialiser et se construire une identité personnelle et sociale. Ce sont vos camarades, les pré-ados de votre âge disons pour faire simple. Vous avez un peu du mal à intégrer leur groupe (vous êtes encore au collège, n’oublions pas). Disons que vous ne comprenez pas bien les sujets de leurs discussions. Que ce soit les « On se fait chier ! » ou « T’as vu la pouffe, les chaussures qu’elle porte, laisse tomber ! » ou encore « C’est quoi ton plat préféré ? Moi hier, je suis allée au Mac Do et j’ai pris….. [On est parti pour la liste de tout ce qu’il ou elle a mangé] » Bon, déjà ces sujets ne vous intéressent absolument pas. Vous détestez critiquer les gens dans leur dos, plus encore si ça concerne les vêtements (la mode est un concept qui vous est totalement étranger) vous vous fichez éperdument de ce que chacun d’entre eux a mangé à telle heure, tel jour et s’ils se font chier…. Bah… Ils n’ont qu’à lire un livre non ? Ou se plonger en eux-mêmes pour penser ? N’est-ce pas comme ça qu’on fait ? Et donc (car vous êtes très jeunes et encore si innocents) vous leur dîtes ce que vous pensez de tout ça et vous essayez de les orienter vers quelques chose qui vous intéresse, comme par exemple : « Est-ce que tu sais ce que c’est un atome ? » Et là. Là. Je n’ai pas à vous décrire ce qui se passera ensuite, vous l’avez probablement vécu ou deviné. Progressivement le groupe va vous mettre à l’écart, vous regarder bizarrement et même quelques fois, se liguer contre vous pour vous insulter. (Les enfants adorent faire ça, c’est un jeu fort sympathique qui lie un groupe d’amis. Amen.)

Bon, soit. Vous commencez à vous faire à l’idée que vous êtes décalé, bizarroïde (voire pestiféré) pour vos camarades. Qu’à cela ne tienne, vous ne manquez pas de ressource et vous avez toujours pu discuter librement avec les adultes et vous ne vous ennuyez jamais avec eux (ça changera bien sûr -sourire sadique-). Vous vous tournez donc, plein de bonne volonté vers vos professeurs que vous avez décidé d’assaillir de questions. En effet, vous vous ennuyez tellement, mais tellement… Vous n’avez pas vraiment d’ami pour compenser donc vous décider de vous instruire pour de vrai….. Et là encore… ECHEC. L’adulte susnommé professeur a un ego qu’il ne faut pas toucher.  (« Ne jamais, jamais jamais heurter l’ego d’un prof ! » C’est une règle de base, très difficile à suivre.) En classe vous décidez de participer, de vous investir, de renverser la tendance et de retrouver vos jolis 18/20 de primaire. (Ce sera au moins ça de gagner). Le problème c’est que vos questions dérangent le professeur. Pour répondre à vos questions, il doit vous parler de sujets qu’il n’est pas censé aborder dans cette classe, peut-être même que ce sont des sujets qu’on aborde uniquement à l’université. Vous, vous voulez seulement donner plus de sens à son cours. « Mais quel est le but Monsieur ? A quoi ça vous nous servir ? Quel est le rapport avec la leçon qu’on a vu précédemment ? » Et cela dérange son programme, ses plans, cela fait perdre du temps à tout le monde et surtout, surtout : Mais pour qui vous prenez-vous de l’interpeler sur la façon qu’il a de mener son programme ? Pour qui vous prenez- vous pour déranger l‘apprentissage de tous avec vos questions ? « Mais je ne veux déranger personne Monsieur, c’est juste pour comprendre. » « Et bien tu vas comprendre, je te mets une heure de colle et je ne veux plus t’entendre. » Vous êtes devenue sa bête noire et il va vous le faire payer. Gardez à l’esprit que ce jour-là, vous lui avez peut-être posé une question à laquelle il était incapable de répondre. Et ça mon petit ! Ca mon petit : c’est mal ! On ne met JAMAIS l’autorité supérieure devant ses propres limites. C’est grave, très grave, c’est pêché mortel !! [Je me marre en écrivant ça parce que quand j’ai travaillé avec des EIP, il m’est arrivé plus souvent qu’à mon tour de devoir répondre à un enfant de 11 ans. « Je ne sais pas, je ne peux pas te répondre mais je peux me renseigner et toi aussi tu peux te renseigner et on en rediscutera. » N’est-ce pas simple de faire ça ? Reconnaître ses propres limites, ne pas être dans la toute-puissance, est-ce si compliqué ? Je ne dis pas que ça ne fasse pas un petit picotement à l’ego, de se dire « Ah merde, j’ai jamais réfléchis à ça ! » Mais alors ? Alors quoi ? Quelle importance ? Personne n’est un Dieu. Fin des crochets.]

Bon résumons ce qu’on vient de voir :

  1. Votre pensée en arborescence ne s’accorde PAS DU TOUT avec la méthode d’enseignement prévue pour les pensées linéaires. Vous ne comprenez pas le sens de vos leçons, vous vous ennuyez ferme et vous vous confrontez à l’échec scolaire. (Et je vous ai épargné le thème des déductifs et des intuitifs, les TSE intuitifs n’ayant pas accès au raisonnement qui leur permet d’arriver au résultat correct et pour eux c’est extrêmement compliqué, en particulier en mathématiques. Chance pour moi, je suis une déductive.)
  2. Vos préoccupations et votre personnalité ne sont pas en adéquation avec les jeunes de votre âge, vous êtes rapidement exclu, seul (voire dans les pires des cas : harcelé. Et ça ce n’est vraiment vraiment pas cool du tout. )
  3. Le soutien que vous pourriez obtenir des professeurs se solde par un rejet car ils vous pensent « insolent » puis « fumiste » parce que si vous ratez, c’est que vous le voulez bien. (Et n’oubliez jamais que les professeurs discutent entre eux et qu’une réputation est vite cadenassée sur un enfant.)

Très bien. Donc là, on est à la fin du collège et j’ai envie de vous dire que ce n’est pas vraiment le carnaval de Rio. Alors, que va t-il se passer ? Le prince va-t-il arriver pour sauver la princesse avec son cheval blanc ? Que nenni mon petit, on va en baver jusqu’au bout !

Arrive le Lycée. Alors, vous appréciez tout d’abord la liberté que le Lycée offre. Vous n’avez plus l’obligation de rester en salle de permanence, vous profitez donc de tous vos temps libres pour faire le tour des cafés de la ville. Ça c’est pour le côté positif… Et je crois que c’est la fin de ma liste des choses agréables au Lycée. Voilà, voilà.

Donc, fort de votre expérience, vous avez appris à vous méfiez des gens de votre âge, à vous méfiez de vos professeurs et vous êtes de plus en plus doué pour dessiner des papillons sur toutes les pages de vos cahiers. L’ECOLE vous a perdu, elle vous a exclu et banni de son sein. Vous êtes présent, mais vous n’êtes plus là. Vous avez abandonné toute idée de réussite scolaire, comme vous avez abandonné toute idée d’apprendre quelque chose d’intéressant dans ce lieu de… connaissances désorganisées et fatuites.

Ce qu’il va falloir gérer maintenant c’est la perte d’espoir. Je crois que la perte d’espoir est une des pires choses qui puissent arriver à un enfant ou à un adolescent. Se résigner à cet âge-là. C’est terrible. C’est une chose que nous devrions vivre beaucoup beaucoup plus vieux. Dans ces heures obligatoires que vous passez parmi ces gens qui vous semblent tous de plus en plus étrangers, vous allez apprendre à vous occuper tout seul, à réfléchir sur votre différence. Vous allez vous comparer aux autres sans cesse pour comprendre ce qui cloche chez vous. L’idée n’est pas de réussir, ni de construire sa vie. (Ce sont des notions que vous avez mis de côté voire auxquelles vous avez renoncé.) L’idée n’est pas d’emmagasiner des connaissances car rien de ce qu’on vous enseigne ne vous intéresse. L’idée, c’est de comprendre pourquoi c’est si compliqué pour vous alors que cela semble si simple pour les autres. Vous allez passer par différents stades. Vous observez les autres, vous leur posez des questions discrètement sur ce qu’ils vivent (vous enquêtez). Et vous ne les comprenez pas. Vous ne comprenez absolument pas ce qui les motive dans leur vie. Vous allez constater que le monde est rempli d’injustice, de violence, d’incohérence et il faudra le digérer plus ou moins tout seul dans votre coin parce que cela indiffère presque l’intégralité des gens qui vous entourent. Vous allez vous révolter, essayer d’expliquer les choses, ce que vous pensez du monde par exemple et cela n’occasionnera que du rejet. Je vous peints là un tableau un peu noir. Bien sûr, avec de la chance, vous aurez un ou deux amis différents, comme vous, ou un professeur particulièrement curieux ou lui-même TSE qui prendra le temps de vous écouter. Mais au final, cette période si importante dans la construction du jeune adulte que vous êtes en train de devenir sera ancrée dans la frustration, la colère, la solitude et l’incompréhension.

Vous finirez peut-être par vous dire que vous êtes complètement stupide ou même taré jusqu’à ce que vous puissiez enfin mettre un mot sur vos différences : vous êtes haut potentiel. Juste haut potentiel. Et tout s’explique. Et heureusement que cette compréhension arrive à un moment ou à un autre. Heureusement qu’enfin, vous pouvez vous dire que vous n’êtes pas le seul spécimen dans votre genre.

Mais ça ne va pas régler tous les problèmes. Entre temps, peut-être avez-vous appris à vous adapter. Peut-être avez-vous dû vous camoufler pour simplement vous sentir appartenir à un groupe, pour vous sentir aimé, pour valider votre valeur. Il faudra apprendre à se désadapter, à se respecter plus et mieux. Vous allez apprendre à reconnaître ceux qui sont comme vous et qui éprouveront un profond plaisir à discuter avec vous.

Tout ira bien. Tout ira bien maintenant que vous savez.

Ce que je garde en moi comme des stigmates profonds de cette période fort peu agréable de ma vie, c’est cette impression d’écrasement. Les autres qui sont si nombreux et si forts. Ils sont tellement persuadés d’avoir la vérité, persuadés de leur bon droit et il n’est pas possible de les raisonner. Il y a une réalité extrêmement violente dans ce constat, dans le constat d’un mur infranchissable dans la communication. Certaines personnes ne peuvent tout simplement pas comprendre ce que je dis et ce que je pense et je ne peux et vous ne pouvez strictement rien y faire.

Pourquoi je vous parle de l’école ? C’est loin maintenant, ce sont d’anciennes, très anciennes blessures.  Mais je me suis rendue compte malgré tout le travail que j’ai fait sur moi, malgré la connaissance assez étayée que j’ai de ma douance, que je continue à reproduire des schémas qui viennent de cette expérience. Que, quelques fois, je me sens tellement impuissante et démunie devant le manque de cohérence de pensée des gens en face de moi que j’ai ce premier réflexe (développé à l'école) : celui de courir me cacher ou de me remettre en question pendant des heures et des heures. Il faut casser ces schémas, c’est possible et c’est important.

Je ressens encore aujourd’hui cette profonde colère quand je vois se manifester la bêtise ou quand je constate qu’on me rejette ou que je dérange. J’ai gardé cet instinct, ce premier mouvement de culpabilité qui me dit : « Qu’est-ce que tu as encore fait ? Qu’est-ce que tu as encore dit qu’il ne fallait pas ? Tu sais pourtant bien qu’ils sont incapables de comprendre. »

Quand on me critique ou qu’on est volontairement blessant vis-à-vis de moi, j’ai toujours cette première réaction de demander à l’autre  « Qu’ai-je fait ? Puis-je me remettre en question ? Qu’est-ce ce qui te rend si agressif envers moi ? » Malheureusement, il arrive que cette personne soit incapable de répondre à ces questions ou qu’elle le fasse en partant sur un raisonnement qui n’a aucune logique et qui me perd complètement.  Dans ces cas-là, je me pose des questions des jours entiers pour comprendre ce qui motive sa démarche, quelles raisons conscientes ou inconscientes le poussent à se comporter comme ça avec moi. C’est une erreur. Je ne devrais pas faire ça, il ne faut pas faire ça.

La réalité c’est que je ne suis plus à l’école et que oui, je n’ai pas eu la chance d’avoir pour directeur le professeur Xavier. Mais maintenant je sais pourquoi j’ai été houspillée, critiquée violemment ou sommée de changer. Parce que cette école n’était pas faîte pour moi et qu’il n’y a strictement rien que je ne pouvais y faire. Que je n’ai, que nous n’avons AUCUNE, je dis bien AUCUNE responsabilité dans ce qui s’est passé alors que nous n’étions que des enfants.

Aujourd’hui, nous sommes des adultes et la reconnaissance que ne nous a pas donné l’école, c’est à nous de nous la donner. Pour avoir surmonté tout ça, pour avoir eu le courage de trouver qui on est réellement, d’avoir découvert notre spécificité, de vivre avec et avec dignité.

Oui, je suis insolente, oui, je déteste l’autorité gratuite et Mon Dieu, oui, c’est une chose merveilleuse. Je n’ai, vous n’avez plus rien à prouver à personne. Ce qui s’est passé à l’école ne peut être réparé mais vous avez votre place dans le monde aujourd’hui et vous n’avez plus à subir. Vous avez le pouvoir de choisir votre vie. Et quand vous rencontrez quelqu’un dont la logique n’a aucune cohérence, vous n’avez plus à vous remettre en question, vous n’avez même plus à essayer de le comprendre ou de lui plaire. Vous avez le droit de simplement tourner les talons et de dire : « C’est un con. ».

Et n’oubliez pas : « Ce n'est pas un signe de bonne santé mentale d'être bien adapté à une société malade » Jiddu Krishnamurti 

Prenez soin de vous.

Namasté

Ketrichen

article suivant

Commenter cet article

maya 05/04/2016 04:11

Sur une présentation powerpoint trouvée au hasard de mes recherches il était question de 6 profils d'enfants surdoués et de comment ils s'adaptaient à l'école. Pour des raisons personnelles (environnement familial toussa toussa), j'ai fait partie de ceux qui se sont suradaptées tout en étant hyper consensuelle. Je ne me suis pas retrouvée dans l'article au niveau collège ni même lycée, mais j'ai fait le parallèle avec ce que j'ai vécu dans le supérieur. Pour faire court, on a voulu me faire redoubler la maternelle (oui, vous avez bien lu) pour manque de maturité, en fait je refusais de faire des découpages car je trouvais cela trop bête et on me privait de récréation pour me punir. Ensuite, scolarité exemplaire jusqu'au bac, toujours tête de classe, sage en cours devant les profs, mais toujours à faire des conneries dès qu'ils avaient le dos tourné. Du coup, j'étais pote avec les bons élèves et avec les cancres ou ceux qui foutaient aussi le bordel. Je n'avais pas beaucoup de possibilité d'apprendre en dehors de l'école (le quid c'était bien pratique avant l'invention d'internet)et je passais mon temps libre à m’abrutir devant la télé à regarder séries et dessins animés, je suis quasiment incollable sur les épisodes des années 80 à 90 et j'avais bien compris le système de l’école. J'ai donc passé mon temps à comprendre ce qu'on attendait de moi et agir en conséquence. Je ne remettais rien en cause et attendait sagement la suite des leçons pour avoir de bonnes notes. J’aurais pu lire tous mes livres en avance, je n’en ai jamais eu l’idée ! (Alors que maintenant, c’est ce que je ferais) Ca marche très bien jusqu'au bac où le perfectionnement ultime du bon élève c'est de viser un bac S. Ce que j'ai réussi sans peine. C'est après que les choses se sont compliquées. J'avais des envies comme devenir architecte, scénariste, monteuse de cinéma... mais il fallait faire prépa scientifique pour viser l'X. J'en rigole encore parce que je n'ai pas du tout choisi la prépa qu'il fallait pour ça et mon niveau n'était pas bien terrible vu que je n'avais jamais réellement bossé de ma vie. Juste apprendre à ne rien faire comme il est dit dans le post. Donc arrive la fameuse prépa où je m'étais entendue dire depuis des années "mais ça, vous le verrez l'année prochaine"... jusqu'au moment où c'est le tour : « vous verrez ça en prépa, vous verrez ce sera génial ». Bah, là, j'ai été franchement déçue. Je ne me suis jamais autant ennuyée, pas le temps de comprendre quoi que ce soit, il fallait recracher, plus de matières littéraires pour se nourrir, au revoir l'histoire... sans parler de mes camarades avec lesquels je n'étais pas du tout sur la même longueur d'ondes. J'ai mis fin au jeu de massacre assez rapidement, 4 semaines et puis s'en va. Et là, j'aurais tout à fait pu tenter ce qui me faisait vibrer (archi...) mais non, j'ai persisté dans l'idée qu'on m'avait bien ancrée que non, il n'y a qu'ingénieur de valable et que je ne peux faire que ça (ingénieur en quoi d'ailleurs ?). J'ai donc tenté plusieurs IUT (info, mécanique, électrique), reçue partout et j’opte pour électrique car il y a aussi de l’info et de l’électronique et que ce sont des trucs que j’ai pratiqués en autodidacte à 10 ans quand je ne passais pas mon temps devant les séries débiles (avec le recul Shériff tu me fais encore plus peur !). J’avais tellement bien pigé le système de l’école et de ce qu’on attendait que j’avais fait un dossier de candidature balaise où je parlais de mon envie de bosser dans l’intelligence artificielle (c’était il y a 20 ans, tout juste au moment de Deep blue et Kasparov) autant dire j’étais un ovni en arrivant à l’IUT. Il m’a fallu seulement une semaine pour comprendre que j’étais au mauvais endroit. Pression parentale oblige et honte du redoublement à éviter une nouvelle fois (après mes 4 semaines de prépa, j’ai refait un tour en terminale histoire de m’occuper quelque peu), j’ai fait mes deux ans d’IUT comme une peine de prison. Là j’ai connu la phobie scolaire, ne rien comprendre, être en échec et c’est finalement par un concours de circonstances que j’ai eu mon diplôme avec la moyenne pile, grâce à l’anglais et les cours de culture générale. Ensuite j’ai pu bifurquer sur tout à fait autre chose : la communication. Je disais merde aux sciences et à la technique. Intellectuellement ce n’était pas très poussé, mais suffisant pour me redonner un semblant d’envie d’apprendre (la nouveauté, c’est toujours bon à prendre). Et malgré ce deuxième diplôme je n’ai jamais travaillé directement dans le domaine. C’est au moment de rechercher du travail que j’ai mis beaucoup de temps à trouver… et pas dans mon domaine d’étude que j’ai appris qui j’étais, le faux self etc… Je l’aurais su pendant la scolarité, cela aurait peut-être été différent, mais je n’en suis pas si sûre car l’environnement familial n’est pas du genre à accepter ça. Dans les études supérieures, j’ai vraiment crue que j’étais devenue débile, que mon intelligence était partie. C’est terrible. Et je comprends maintenant ce que peuvent ressentir les enfants/ado à qui cela arrive au tournant du collège. Aujourd’hui je me galère au niveau professionnel mais j’envisage de reprendre une formation, je ne sais pas trop encore dans quel domaine, je vais juste essayer d’éviter les erreurs du passé ;-)

lillo 21/08/2015 12:43

Élucubrations à moi, après la lecture de ton billet.
Maitre yoda de facebook a dis « La vie est un si bon prof, que si tu n’apprends pas bien ta leçon…..Elle te la répète »
L’école, le travail, les amis, tout est source de problème. Ketrichen aurais pu écrire cette article sur n’importe quel sujet, ça aurai collé. L’école c’est juste la première étape à franchir. Personnellement je me suis adapté toute ma scolarité. La vie à l’école ne m’intéressait pas, le but était de finir mes devoirs juste pour faire mes points. En même temps, terreur absolue de parler devant tout le monde en classe, d’aller chercher du pain car peur de la vendeuse et d’oublier ma phrase ( un pain blanc coupé SVP) Et oui en Belgique on a du pain blanc a couper. On n’a pas que des baguettes. On est civilisé ici. Non la vrai Vie, l’Aventure commençait des que j’en sortais. Grimper aux arbres, excursions interdite jusqu’ aux champs d’à coté, puis sortie dans les endroits les plus underground du comté, excursion en bagnole jusqu’au Portugal, une meute d’amis, discussion avec des petits politiques, des francs maçon que je mettais en boite (enfin, après 4h du mat et qque boissons, pas sùr que soit la réalité). Excursion jusqu’au pays bas pour aller faire des bricolages avec des 3 feuilles et de la résines.
« Nos nuits était devenus plus belle que nos jours ».
Ma solution a été de me faire pote avec le gars le plus cool, le plus aventureux de la classe, du quartier etc. Cela a fonctionné jusqu'à la sortie de l’école, les jours était devenus important mais je n’avais fait que le minimum syndical jusque là. Les problèmes non réglé ont d’un coup amplifié à la vitesse du cheval au galop. Mauvais choix de formation supérieur, ben oui m’en foutais, donc chômage. Terreur diverse lors des entretiens d’embauches, échafaudage de plan qui ne servir à rien. Et puis nos nuits se sont transformé en cauchemar. J’ai plaqué cette vie pour essayer de vivre le jour. Et la j’ai vécu tout ce que ketrichen écrit dans ses billets : affolement de travailler derrière un téléphone, de croiser les collègues et supérieur, faire semblant de m’intéresser au foot, de la médiocrité partout. Excommunié de partout dés que je donne mon avis, je m’ennuie et je m’angoisse dans les réunions de famille, plus d’amis propre etc. Après avoir changé 6 ou 7 fois de boulot c’est toujours la catastrophe. Une vie de couple qui s’est soldé par une séparation et un padawan de fils en cadeau. Puis seulement découverte de la douance qui m’a donné un nouvel éclairage. Le padawan de fils (il avait 1ans lors de la séparation) m’a obligé de me poser et de recréer qqch à moi. Comme dirait Vincent, lors de son post « Faut être le maître jedi de ses enfants même si nous n'avons pas eu l'enseignement de la force au préalable, à nous de l'inventer ». Mais il me semble que cela vaut également pour tous les autres domaines.
Alors tout ça pour dire quoi ? Pourquoi ce basculement ? Je ne pense pas que ce soit les astres, l’école ou je ne sais quoi d’autre. Tout ce que je sais c’est que notre cerveau fonctionne comme un amplificateur de tout. Ayant connu les 2 vies, J’ai vraiment l’impression qu’on est, les TSE, dans un wagon de 8 aérien et que les TLM dans un wagon de train normal sur le plancher des vaches.
Sur le 8 aérien, il y a 2 attitudes :
-soit on gueule de peur, on ferme les yeux et on attend que cela se passe,
- soit on gueule de joie, et on en profite.
La seule différence, il me semble,c’est ce qui se retrouve dans l’amplificateur. Notre cerveau amplifie la branche qui lui semble la plus forte au hasard de nos vie.
Voila, voila mon élucubration …

Ketrichen 21/09/2015 21:26

Merci pour ton témoignage Lillo. Et je suis d'accord oui et oui sur l'amplification. Prends soin de toi. Namasté.

vincent 19/08/2015 02:04

Halala, le sujet de l'école,
En effet, le garçon que je fus était dans un faus self de sur adaptation. pfffff. Comme je me suis aussi étonné à dire sur le péri scolaire, on m'a "obligé à rien faire" : je décortique tjrs cette phrase qui m'est venue avec ma super amie TSE.
Sinon en effet l'école est tjrs un sujet complexe pour mes 2 loulous en primaire à ce jour. Le grand en cm1 a enfin passé une année "sympa" en Ce2, qu'est ce que j'ai bossé,plus sur le social que sur le fond de ce qu'il apprend, vu que ce jeune homme trouve ça interessant même s'il s’ennuie parfois, le carnet est sans appel. En tout cas je suis content pour lui car il a enfin réussi à se faire une bande de copains (j'ai dit le mot groupe et je me suis fait reprendre sur le terme par le fiston, on est carrément une bande), comme quoi tout peut arriver. En tout cas, c'est quand même plus simple à aider l'enfant qd celui ci est d'humeur tumultueuse quand ça ne va pas. Plus complexe pour sa jeune soeur de 2 ans de moins qui elle a passé une année "merdique" où s'est ressorti cet été. Une petite qui se sur adapte comme son gentil papa à l'époque. Doit être bien vu au comportement même si en pleine classe elle se fait embêter et que la maîtresse est dépassée par un grand nombre de perturbateur (dixit la maman qui est maitresse dans la même école, ça aussi c'est drôle mais ça a cretains avantages). Enfin bon, la louloute s'exprimant de plus en plus sur les fonds de ses pensées (ca fait 6 mois que l'on travaille le sujet), l'école a ressurgi cet été. Avec des problèmes dans la sociabilisation (surtout qd sa 'super amie" est une petite pourrie gâté qui a compris via sa maman ultra permissive que pleurer amène à la culpabilité des gentilles camarades hypersensibles. Tu m'étonnes qu'elle adore ma fille, j'ai croisé sa maman plusieurs fois, on a vite compris le personnage et on se retient de lui secouer le cocotier (il paraît que c'est interdit). Donc objectif de cette année de manière un peu excessive, faire en sorte que ma fille se révolte, je veux voir des mots dans ces cahiers parce qu'elle se sera défendu lorsque le corps enseignant et surveillant auront encore laissé place béante à l'incohérence et absence. Je dois être un rare parent à vouloir voir un mot dans le cahier avec une pastille orange ou rouge de comportement (ca permettra de creuser les erreurs soit de sa fille et surtout les failles incohérentes de ses précepteurs scolaires). Voilà ma petite histoire sur cette thématique de cette été. Le collège et plus, ca va pas être de la tarte non plu, en espérant que certaines bases de "défenses"seront acquises avant. Faut être le maître jedi de ses enfants même si nous n'avons pas eu l'enseignement de la force au préalable, à nous de l'inventer. Bien à vous tous et Merci pour cet article.

Ketrichen 21/09/2015 21:23

Bonsoir Vincent. Oui je comprends très bien votre envie qu'elle ait des mots dans son carnet! Cela garantira qu'elle se met à exister et cesse l'adaptation systèmatique. Quand à voter fils, c'est une grande chance qu'il ait des copains, cela compense beaucoup de choses. Belle soirée à vous. Namasté.

Sylvie 18/08/2015 11:25

J'aime toujours autant vos publications auxquelles je suis abonnée. Je me retrouve dans chaque détail, bien souvent j'explose de rire tellement "c'est tellement ça" et ça fait un bien fou au moins pour la journée (bin oui cette perpétuelle histoire de se sentir moins seule le temps de quelques lignes...).
J'ai vécu l'intégralité du parcours scolaire exactement tel que vous le décrivez, en ne sachant pas (en plus) ce que "je voudrai faire quand je serai grande". Maintenant que je suis une grande fille de 47 ans (lol) je ne sais toujours pas! Je me délecte en revanche de ce champs des possibles au fond de moi, en recherche d'emploi aussi mais avec une furieuse envie de changer de profession (assistante de DG ça va un moment ...- même si j'ai eu la chance d'avoir des patrons qui ont suivi et m'ont donné des missions très épanouissantes). Bon enfin tout ça pour dire (oui ce problème d'introduction de sujet pour être sûre que le cadre soit bien posée et que tout va être bien compris...) que la maternelle (oui je sais volontairement pas développé dans votre publication) a été pour moi la période la plus violente et la plus triste (voir traumatisante) = "bienvenu dans le monde bébé zèbre". Et je crois, les pires moments de solitudes et d'injustices ressentis dont je sens encore l'odeur nauséabonde. J'ai les mêmes ressentis quand j'arrive dans un groupe de personnes nouvelles. Alors, oscillant entre une fausse timidité (me planque, j'observe et je ne dis surtout rien...) et une envolée lyrique sur un sujet qui va soudainement (et enfin) m'intéresser dans une discussion, quoi qu'il arrive à la fin de la soirée je repars en ayant eu l'impression qu'on m'a encore "jeté des cailloux" (lol). Au lieu de terminer parano je me souviens tout simplement qu'effectivement je ne suis juste pas "linéaire". L'adaptation permanente aux TLM est épuisante pour tous. Comme vous le dites : à nous de nous nourrir ailleurs et sur les sujets qui nous intéressent. Et de regarder cette scolarité et ce passé avec cet oeil enfin compréhensif, les explications qui vont avec, et se délester du poids de "je ne suis pas normale ou quoi???" Mais tout simplement différente. Oui oui cela peut être une chance !!! Mais en attendant bon courage... :-) Sylvie

Ketrichen 21/09/2015 21:20

Bonsoir Sylvie et mes excuses de vous répondre un mois plus tard... Je comprends très très bien ce que vous décrivez dans l'arrivée d'un groupe : le silence observateur et d'un coup, l'envolée lyrique qui nous submerge! :o) Courage à vous de même et merci. Namasté.

Severine 17/08/2015 23:49

Ben moi, je ne prends pas le temps de vous lire, mais quand je le fais, je le fais entièrement et le savant dosage entre détails et synthèse me convient parfaitement, Merci donc ! Je connais se problème de trouver la justesse d'expression de notre pensée et de s'y perdre. J'ai constaté une chose : entre TSE, ben intuitivement on se comprend, mais c'est très dur à croire... et ca doit pas marcher avec tous, mais qu'est ce que c'est économique ! ;)
Pour la partie thématique, je dirais qu'au départ, je me suis reconnu sans vraiment me reconnaître, je me suis dit..; "tiens, je suis encore à part, puisque j'ai déjà lu ce genre de témoignage, mais que j'ai pas vécu ca !" Puis est arrivée l'entrée au collège et là description de l'ennui, de la résignation, de l'isolement... là ca a fait TILT ! ... mais ca m'a tilté au niveau de ma maternelle : oui j'ai vécu ca, mais j'avais 4-5 ans !
Alors en quelques mots, j'avais vu que je refaisais en boucle ma scolarité dans ma vie, mais votre vision si pertinente va permettre à mon esprit d'aller plus loin dans la résilience : merci de m'avoir montré d'ou venait la colère (tellement enfouie chez moi que je ne la ressens violemment que lors d'agressions psychologique intense et qu'alors la colère m’annihile), l'incompréhension, la frustration et la solitude (qu'on finit par croire normale car meme avec des amis on se sent seule). Eh oui, grace à ce texte, j'ai des mots clairs à mettre sur des émotions, mais j'ai aussi leur origine (tout ca n'était pas si élaboré jusque là) !
Merci

Ketrichen 21/09/2015 21:16

Bonsoir Séverine. Merci beaucoup pour votre témoignage. Vous n'êtes pas la seule à avoir souffert très violemment dès la maternelle. Je suis très heureuse si j'ai pu vous apporter un nouvel éclairage. (Et merci de me lire jusqu'au bout). Prenez soin de vous. Namasté.

lillo 17/08/2015 22:07

très bon texte ketrichen ;)

Ketrichen 21/09/2015 21:16

Hé Merki Lillo! ;o) Namasté.