L'amitié

Publié le par Ketrichen

L'amitié

La nuit est tombée. Travailleurs et travailleuses du jour sont blottis sur leur canapé ou peut-être même dans leur lit et je commence enfin à respirer de nouveau. La ville tait ses klaxons, son lot d’insultes ou ses hurlements d’excitation. Tout est enfin calme, paisible. Seules les lumières clignotantes des télés de l’immeuble d’en face manifestent un semblant de vie qui cherche le repos. Et je peux renaître sans stimulations sonores, lumineuses, émotionnelles... Je m’offre les nocturnes de Chopin dans ce moment d’intimité sans étoiles mais protégée par l’absence des gens. J’aime la nuit. Je voudrais vivre la nuit uniquement….

C’est compliqué de tenir un blog, de suivre une ligne de conduite, de vouloir être sûre et certaine d’apporter à nos lecteurs quelque chose, quoi que ce soit, un petit quelque chose qui ne soit pas inutile, d’être sûre qu’on n’écrit pas juste pour le silence de la nuit. Mais on ne peut jamais savoir, jamais être sûre, alors il faut se lancer, convaincue que si personne ne nous entend, la nuit elle, nous bercera.

Bonsoir à vous mes chers lecteurs. Merci de votre patience quand je n’écris pas de textes pendant plusieurs semaines. Merci de votre fidélité. Je vais essayer de vous parler d’un sujet qui me trotte dans la tête en ce moment. Je voudrais vous parler de l’amitié. (Et vous constaterez au fil de votre lecture que le contexte dans lequel j’écris a une grande influence sur ma modeste plume et que Chopin n’invite pas à faire de grands traits d’humour à se fendre la poire toute la nuit.) Posons-nous donc au bord de la lune pour décortiquer un peu ce qui nous lie les uns aux autres et pour combien de temps.

Quand j’étais enfant je pensais dur comme fer que l’amitié était éternelle. Je faisais des serments d’amitié du plus profond de mon cœur et de mon âme comme si j’avais conclu le pacte du sang avec des frères et sœurs que je me serais choisie. Au bord de ma 35ème année, force est de constater que les pactes de sang sont aussi crédibles que l’histoire du prince et de la princesse qui se marièrent et vécurent très heureux avec beaucoup d’enfants. (Et ce n’est pas Lady Di qui me contredira !)

Avoir des amis, appartenir à une « bande » est un des premiers souhaits que l’on a quand on est enfant. C’est d’ailleurs une obsession normale et logique de vouloir : « S’intégrer, être aimé, jouer et rigoler avec des copains, n’est-il pas ? » Mais pour l’enfant TSE que nous étions cela s’est avéré plus compliqué, beaucoup plus compliqué. J’ai choisi de nous appeler les TOUS SEULS plutôt que les « surdoués, les hauts potentiels etc. » et ce n’est pas sans une bonne raison car je crois que nous ressentons la solitude à un niveau extrêmement profond, beaucoup plus profond que ce que peuvent ressentir la plupart des TLM. (Je précise la plupart parce qu’il y a toujours des exceptions…) Et notre solitude commence dès l’enfance, d’abord par ce sentiment très vivace que nous ne sommes pas « comme il faut » que nous ne sommes pas tout à fait « normal » et que bien évidemment, nous devons changer et nous adapter. Je ne reviendrais pas là-dessus, vous connaissez la question et j’ai déjà usé de mes maux sur ces sujets. Je vais passer rapidement sur ces moments de solitude intense qui ont bousillé notre enfance à bien des égards sans que nous ne puissions mettre des mots sur le pourquoi du comment.

Passons directement à la façon dont nous avons essayé de nous intégrer parmi nos pairs et puis nous parlerons du moment où nous pouvons être enfin nous-mêmes mille fois et sans tabous.

Quand on est un jeune TSE qui s’ignore et qui n’a pas la chance d’être entouré soit de TLM bienveillants et très ouverts d’esprits, soit d’autres TSE, on comprend rapidement qu’il faut agir et prendre les choses en main pour « appartenir à un groupe » pour ne pas passer le nouvel an de ses 15 ans avec ses arrières grands-parents dans la Creuse parce qu’on est invité nulle part ailleurs et qu’on peut toujours prétexter que : « Ils vont bientôt mourir vous comprenez, alors, il faut profiter de leur présence…. » ARF. A cet âge-là une profonde mauvaise foi et un pieux mensonge valent mieux qu’une honte incommensurable, un aveu terrible et cuisant : « Je n’ai pas d’amis. »

Phase 1 de la recherche d’amis : la stratégie :

Les différentes stratégies que j’ai pu observer chez mes amis TSE et moi-même peuvent se compter au nombre de cinq. (Dans ces cinq stratégies, j’exclue volontairement l’option du faux self qui consiste à se conformer à tout ce que les autres attendent de nous au détriment de notre propre identité.)

Vous avez donc pu devenir :

1) Le comique de la bande. (Lui on l’invite, on est sur de se marrer.)

2) Le psychologue du groupe. (On l’invite aussi parce que c’est trop génial d’avoir à disposition quelqu’un qui nous écoute sans jamais rien demander en échange.)

3) Le cultivé du groupe. (On l’invite parce que c’est un faire-valoir absolu dans les soirées : « Demande à mon meilleur ami Arnold." (Surnommé « Wikipédia quand il n’est pas là.) « Lui, il sait, c’est sûr ! C’est mon meilleur pote ! »

4) La personne qui ne parle jamais mais attire tout le monde parce qu’elle est mystérieuse. (Les gens adorent quand on est mystérieux parce qu’ils s’imaginent qu’on est exactement comme eux ou qu’on est l’incarnation exacte de tous leurs fantasmes = processus de projection.)

5) La personne qui a une piscine, un grand jardin et dont la porte est toujours ouverte quand on crève de chaud et qu’on a soif. (Etonnamment, les gens se rapprochent de vous en juin et vous oublient en octobre. Notons également que ce numéro 5 n’est pas une stratégie de défense mais un pur hasard des inégalités sociales que vous transformez en tactique anti-isolement.)

Bien sûr vous avez aussi pu combiner plusieurs de ces stratégies. Le but étant de ne plus être seul. Et ça a marché. Oui, ça a marché un moment. Ce n’était pas désagréable d’ailleurs, ce sont de bons souvenirs, des moments dans votre vie où vous vous sentiez légitime, vous aviez une vraie place et surtout vous ne passiez plus vos week-ends enfermé dans votre chambre à écouter du rap ou du hard core en haïssant la terre entière. De purs moments de joie donc. Mais ça ne dure pas. Non, ça ne tient pas la distance. De toutes façons c’est une règle absolue, à partir du moment où vous adoptez un rôle : Vous vous fatiguez. Vous vous perdez vous-même et un jour, vous en avez marre qu’on vous appelle pour se plaindre, pour que vous soyez drôle etc. Vous avez envie d’être un peu vous-même et que les gens vous écoutent pour une fois. Alors vous essayez, vous essayez de changer, de montrer votre vraie personnalité. Un peu. Oui, un peu. Vous vous dîtes qu’ils vous apprécient, cela fait des mois que vous les fréquentez, quand même ! Mais, ça ne marche pas. Et non, rien n’a changé. Et quand vous êtes vous-même, vous fatiguez les autres, ils ne vous comprennent pas et vous serez mis de côté encore une fois. Vous vous êtes transformé en objet et vous avez été entouré. Mais on ne peut pas être heureux en étant un objet, ce n’est qu’une stratégie de défense et non pas une issue en soi.

Ok. Ok. Tout ça est un peu déprimant, je vous l’accorde. Mais nous sommes passés par là non ?  C’est bien le problème. Avant d’entamer la phase plus positive, celle de la découverte de la véritable amitié, je voudrais parler d’une chose très importante à mes yeux : Les animaux. Pour ceux qui n’ont chez eux ni chien, ni canari, ni chat ou crocodile ou même qui mépriseraient les animaux, ne sous-estimez pas le pouvoir de nos amis les bêtes. Et je vous en prie, il est facile de se moquer du « chien-chien à sa mémère » mais un animal peut vous sauvez la vie. Et oui, il fut un temps (il y a quelques dix ans en arrière) où mon énorme chat de 8 huit kilos n’était qu’un petit chaton de deux mois qui sautait partout et me réveillait toutes les deux heures la nuit en me mordant le nez parce qu’il voulait jouer. (Hommage à mon chat obèse que j’affectionne tant.) A cette époque, il était ma seule raison de me lever le matin, ma seule raison de sortir de la maison pour être heureuse de rentrer chez moi. Et je ne vous parle pas d’une période de dépression, non, non, je vous parle d’une période plutôt normale dans ma vie. Une simple période d’immense solitude, une période où mes collèges me regardaient de travers sans que je ne sache ni ne comprenne pourquoi, une période où j’avais quitté les rôles que je m’étais donné pour appartenir à une « bande », une période où je me plongeais dans les livres comme un drogué sniffe de la coke, une période normale quoi. Mais les livres ne font pas de câlins et ne s’endorment pas sur votre ventre. Sachez que ce ne sont pas des états qui durent. La solitude n’est pas une fatalité. Mais si vous traversez dans votre vie une période de ce genre, prenez un animal. Evitez les crocodiles et les panthères parce que c’est interdit en France et compliqué à gérer en appartement mais prenez un animal qui vous correspond. Prenez en soin, mesurez bien que vous vous engagez pour plusieurs années mais ça en vaut la peine. Voilà. (Ceci était un message de SOS SOLITUDE sponsorisé par la SPA.)

Gageons maintenant que vous avez fait une rencontre ou lu un livre, ou vu une conférence sur le surdouement et que vous prenez conscience que vous êtes un TOUS SEULS.

Bon, vous arrivez à un moment de votre vie où vous découvrez le pourquoi du comment vous êtes si bizarre, différent et inadapté et pourquoi vous avez envie d’expliquer en long en large et en travers à tous les gens qui vous entourent à quel point ils sont stupides. On avance, on avance. Votre regard sur vos amis ou ex amis ou votre absence d’ami va changer. Vous allez maintenant vivre de très belles amitiés.

Phase 2 de la recherche d’amis : Trouver des TSE et / ou fusionner :

On est toujours très excité, terrifié et tourneboulé de découvrir qu’on est un TOUS SEULS. Vous allez vous rendre compte que certaines personnes de qui vous étiez / êtes très proches sont elles-mêmes TSE, et vous allez leur communiquer cette grande découverte. (Voire l’article : Petits conseils pratique pour TSE en milieu hostile) C’est un moment extrêmement exaltant de redécouvrir votre vie et celle de vos amis, de disséquer vos points communs, de mettre en lumière les dysfonctionnements dans votre rapport aux groupes, aux gens en général etc.

Je voudrais vraiment rendre hommage à ces très belles amitiés qui sont nées à ce moment-là dans ma vie. C’est un petit peu comme si on avait crevé de faim pendant des années et qu’on arrivait dans un verger plein de fruits juteux et bien murs, sucrés et tendres. On trouve des groupes sur internet, on adhère à des associations s’il y en a près de chez nous et on se met à observer les gens qui nous entourent tentant de repérer ceux « qui sont comme nous ».

[Je vous ferais un post sur : « Comment repérer un TOUS SEULS ? » Mais il faudra que j’aborde la question de la manipulation et ce sera un peu long. Donc en attendant, je vais vous donner trois critères de base : 1) La personne comprend tout ce que vous dîtes, vous ne vous censurez jamais en sa présence 2) La personne vous pose des tas de questions et reformule ou approfondit tout ce que vous dîtes 3) La personne n’arrête jamais la discussion avec des phrases toutes faîtes du genre : « La famille, tu sais, c’est dur pour tout le monde. » ou « Personne n’aime travailler. » ou encore « Lâche toi, rigole, bois un coup, détends toi. »]

Vous allez rencontrer des TSE avec qui la conversation est possible, rapide mais… ne vous apporte pas grand-chose. Le mythe du TSE hyper-humain et hyper-empathique va tomber en mille morceaux. Tous les TSE n’ont pas envie de sauver l’humanité. Certains TSE sont affreusement égoïstes et sont incapable de la moindre écoute. D’autres sont carrément fascisants. (Si, si, il y en a.) D’autres encore sont extrêmement manipulateurs et d’autres enfin n’ont tout simplement rien en commun avec vous. Il faudra rester à l’écoute de vous-mêmes pour déterminer ceux que vous gardez et ceux qui n’ont pas de place dans votre vie.

Parlons de ceux qui vont devenir vos proches. Je pense que quand on a été très isolé étant jeune, l’amitié est une découverte compliquée car on n’a pas vécu ce que les enfants doivent vivre pour construire leur identité vis-à-vis des autres. Donc on peut être amené à se comporter comme des « enfants » de façon fusionnelle, certains diraient « immature ». C’est tellement grisant de trouver des gens comme nous, d’avoir le droit d’être soi-même avec d’autres. Avez-vous passé des nuits entières à discuter ? A prendre des fous rires en critiquant le monde et sa bêtise, l’incohérence des gens ou leur méchanceté ? Vous êtes-vous sentis plus fort, plus légitime d’exister tel que vous êtes, dans votre différence ? Avez-vous enfin eu l’impression de trouver une famille ? De cette famille que l’on choisit, qui nous ressemble vraiment ?

Ce sont des moments bien plus magiques que tous ceux lors desquels vous avez essayé de vous adapter. Bien sûr, le monde autour de vous ne change pas. Les gens sont toujours des cons, vous êtes toujours conspué au travail ou harcelé par votre famille pour que vous deveniez normal mais maintenant vous n’êtes plus tout seul et vous pouvez vous confiez. Pas à un psy, non. Non, à un ami. Quelqu’un qui vous dit qu’il vous aime, qui vous prend dans ses bras quand vous êtes triste ou qui vous téléphone après avoir regardé les infos et avec qui vous pouvez pleurer sur l'état du monde. Avec ces amis là, vous pouvez faire des projets : « Viens on achète un terrain, on installe des yourtes dessus et on vit en autarcie. » « Viens on part en vacances sur les traces des Templiers et on passe deux semaines en visite guidée tous les jours. » « Viens on organise un week-end dans un gite où chacun d’entre nous fait une petite conférence sur ses compétences : les mathématiques, la physique, la psychologie, l’informatique etc. » « Viens on ouvre une école basée sur l’écoute et la différence où des femmes voilées côtoieront des lesbiennes sans que ça pose problème. Une école où on pourra accueillir des trisomiques et des petits zèbres en même temps. » « Viens on va se baigner dans une cascade et on se teint les cheveux en violet. » Bon ok, pour la dernière, je m’égare un peu.

Je vous souhaite, je vous souhaite de tout mon cœur de vivre ou d’avoir vécu cela. Ce sont des moments magiques. Ces amitiés-là permettent d’affronter le monde, de ne pas perdre espoir, d’avoir quatre bras au lieu de deux. Mais aussi de se remettre en question, d’approfondir votre découverte du monde sans lassitude, sans ennui.

Je remercie du fond du cœur les amies que j’ai eu avec qui j’ai partagé ces moments hors du temps et qui m’ont donné tant d’espoir en l’humanité.

Bref. Parce qu’il y a un BREF. Un BREF ou un MAIS ou un HIC ou… Des changements.

Comme je suis enfant de divorcés, j’ai toujours pensé que l’amour ne durait pas mais que l’amitié elle, était éternelle. En fait, comme dirait Héraclite « Une seule chose est constante, permanente, c'est le changement. » Et puisque j’ai découvert que les amitiés ont aussi une fin, je ne peux que souhaiter que l’amour lui, n’en ait pas.

Alors pourquoi ça s’arrête ? Parce que vous évoluez, parce que votre amie / ami évolue aussi ? Parce que vous avez été trop fusionnel ? Parce que c’était des amitiés adolescentes ? Parce qu’on vous dit un jour : « Tu as été ma colonne vertébrale mais maintenant j’ai besoin de faire mon chemin seule. » ???? Parce qu’un amoureux arrive et qu’il ne plait pas. Parce que, parce que… Il y a des tas de raisons. La chose importante c’est d’évaluer si cette amitié a été basée sur un mensonge (dans le cas d’un manipulateur) ou si elle était bien réelle et très forte mais que les chemins se séparent, car, dans ce deuxième cas,  on garde en soi tout ce que nous avons partagé même quand l’amitié prend fin.

[Comme j’écoute Lana Del Rey sur You tube et que je suis interrompue toutes les chansons par la même pub, je tiens à signaler officiellement à Lesieur que je ne me suis JAMAIS demandé d’où venait sa putain d’huile de colza et que je m’en fous bien plus que de l’an 40!!]

Phase 3 de la recherche d’amis : un équilibre ? :

C’est maintenant que je vais inclure les TLM. Car oui, ça fait du bien de fréquenter des TSE et de pouvoir enfin lâcher notre verve en privé sur ce que nous subissons au quotidien et de trouver des gens « comme nous » mais on ne peut pas vivre en vase clos en tournant autour de nous-mêmes.

Dans les TSE qui m’entourent, je suis la seule à avoir « besoin des autres. » Que ce soit mon compagnon ou deux trois amis proches, ils ont cette faculté fascinante pour moi d’accepter leur solitude avec sérénité. Ils se disent d’ailleurs prêt à aller s’installer définitivement au fond d‘un bois pour vivre heureux. J’avoue que cette idée ne me plait guère. Par contre, ils m’initient au plaisir de passer du temps avec des TLM et de « faire des choses » d’apprendre à les décoder et de partager des moments légers. J’ai des amies TLM que j’aime énormément et avec qui je prends plaisir à passer du temps mais elles connaissent mes caractéristiques spécifiques et cela les amuse, elles ne me jugeraient jamais pour ça.

Je ne pourrais pas vous éclairer bien plus que ça. Je ne peux que vous dire qu’il y a des passages à vide dans l’amitié.  Que ceux-ci sont surement nécessaires puisque c’est le temps pendant lequel on évolue, on change et on redéfinit ses priorités. Je trouve que ce qui est le plus compliqué en vieillissant, c’est que quand on rencontre quelqu’un, il faut expliquer à nouveau qui on est et pourquoi. (Sauf si on rencontre un TSE qui ne s’ignore pas !!! Et là : c’est un immense soulagement !) C’est aussi assez désespérant d’accompagner quelqu’un dans la découverte de sa douance car ce sont des stades par lesquels on est déjà passé et qu’on devient vite un mentor et qu’on répète encore et encore toujours les mêmes choses ! Peut-être aussi qu’en vieillissant, on se connait mieux et on devient plus exigeant. De ce que j’observe autour de moi, il s’agit toujours de faire son deuil d’un monde idéal, d’accepter une solitude qui est nôtre parce que nous sommes différents et que c’est ainsi. Que chaque TSE a son propre univers qui demande à être apprivoisé et compris en douceur et avec du temps. Qu’il ne faut pas trop s’emballer parce qu’on a un TSE en face de nous, ça ne fait malheureusement pas tout. Qu’il y a des passages à vide mais que comme dans chaque cycle, ces passages ont une fin.

Je vous souhaite de très belles amitiés, épanouissantes et véritables. N’oubliez pas de faire des câlins aux arbres.

NB : Vos témoignages et vos conseils sont les bienvenus, je suis loin, très très très loin d’être la science infuse.

Namasté

Ketrichen

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Chose 15/07/2017 18:43

Enfin un bon article sur l'amitié ! Je commençais à me demander qui en parlait (y pensait) sérieusement. Toi ! Vous ! Vous êtes super ! Merci, je sens que ça fait écho à ce que mon coeur ressent.

Ketrichen 24/07/2017 21:17

Salut! (Désolé, je n'arrive pas à me résoudre à dire : "salut chose!") Donc salut! :o) Et merki. Tu peux, bien entendu me tutoyer. Au plaisir. Namasté. Ketrichen.

Zgirl 19/02/2017 18:28

Merci pour ce superbe article, que j'ai lu en sentant de chaudes larmes couler sur mes joues hier soir.
C'était un de ces soirs, où la solitude ronge et dévore. J'ai pensé y avoir remédié ces dernières années, où j'étais assez entourée. Mais mon pilier social, ma meilleure amie, avec qui je passais au moins une soirée par semaine, est partie avec sa copine à l'autre bout de la France, laissant un cratère dans mon quotidien. Je ne lui en veux pas, bien sûr, mais je m'étais habituée au confort d'avoir une vie sociale plaisante et rassurante... Je ne cherche bien sûr pas à la remplacer, mais je pense que j'étais tellement heureuse d'avoir cette soeur de coeur, que je n'ai pas ressenti le besoin, pendant des années, d'essayer de rencontrer d'autres personnes. J'ai deux autres amies, mais, ce n'est pas pareil. Elles sont moins solitaires qu'elle et moi et ont compris que ce n'était pas la peine de me proposer des sorties en groupe, tant mon anxiété sociale me met mal à l'aise dans ce type de circonstances...
Merci encore pour ce billet, ça fait du bien de savoir qu'on est pas seule (même si je suis embêtée, en même temps, pour ceux qui souffrent autant...)

Ketrichen 02/07/2017 13:58

Zgirl... Oh mais comme je te comprends................. Je ne pourrais dire que ça. Certaines amitiés perdues m'ont aussi laissé un trou béant dans le coeur. Avec le temps, on s'en fait d'autres? Je me console en me disant ça. On verra. Un bisou sur le nez. Au plaisir. Namasté. Ketrichen.

Mabac 04/01/2017 15:44

On retrouve peu d'articles ou de documentations sur l'amitié des zèbres et celui-ci est assez complet. J'aime beaucoup lorsque tu décris ce moment où il faut s'adapter. En tant que fille diagnostiquée tardivement, je me suis toujours parfaitement bien fondue dans la masse. J'ai eu la chance inouïe de rencontrer à 3 ans celle qui est toujours ma meilleure amie, petit zèbre aussi de son état, qui nous a permis de vivre nos bizarreries au grand jour. Aujourd'hui encore, elle reste ma personne ressource un peu comme une extension de moi-même qui me comprend et m'aide (amitié fusionnelle, pour faire écho à l'article).
Cependant, à l'adolescence, qu'est-ce que ce fut compliqué ! J'ai compris rapidement qu'il me fallait rentrer dans le moule. Je me suis retrouvée à écouter les radios pour ados que je détestais, lire la presse people et suivre toute l'actualité "jeune" pour ne pas être hors du coup. J'ai caché mon goût pour des musiques de "vieux", mes innombrables lectures, mon intérêt pour l'école. J'ai joué la sotte comme la meilleure planque du monde. En bon petit caméléon, j'ai étudié puis copié les styles et les attentes. Plus tard, je m'orienterais vers la sociologie... il n'y a pas de hasard dans la vie. Et effectivement, une fois validée par le groupe, les difficultés ne se sont pas arrêtées. Il fallait choisir son rôle au sein du groupe, ne jamais empiéter sur celui d'un autre. J'étais l'audacieuse torturée faisant vivre par procuration mes "amies" par mon mode de vie débridé (aujourd'hui, je dirais autodestructeur).
L'amitié reste aujourd'hui un pilier central de ma vie et je pense être dotée d'une "intelligence sociale" importante, ce qui m'a offert la chance d'être souvent très bien entourée. On m'aime malgré mon étrangeté au monde, mes réflexions saugrenues ou mes propos déplacés. Certes, parfois on me rappelle les conventions, comme un petit coup de main en filigrane pour me dire qu'ici, je suis en sécurité mais pas à l'extérieur du cercle amical. Je me fais de nouveaux amis partout, et des vrais, pas uniquement des copains, délaissant les conventionnels au profit des belles personnalités. Je tisse très vite des relations sincères, franches et conviviales. Ceci dit, même si je me sais aimée dans mon entièreté, subsiste des décalages notoires sur mes aspirations de vie et ceux de mes amis notamment à l'approche des âges où l'on procrée et se marie. J'ai finis par me faire une raison : je serai toujours décaler même si je suis choyée ! :)

Ketrichen 02/07/2017 13:48

Salut Mabac! Chouette témoignage et super positif! Au plaisir. Namasté. Ketrichen.

Loulou 31/12/2016 19:32

Oooh merci pour ton article.
Cet après-midi j'ai revu de vieilles amies. Et je m'étais imaginée une proximité. Quelque chose de fusionnel, ou juste de sincère où on se sent bien et...non
Ca n'a pas marché. Je sais que je suis plutôt mal à l'aise avec les petits groupes de filles. Une soirée dans un appart avec plein de gens qui bougent, je connais le schéma de déroulement. J'essaye d'être drôle. La carte du comique. Ca marche souvent bien. Et en tête-à-tête je suis "super paychologue". Mais dans ces structures intermédiaires, je sens le malaise (le mien, celui des autres?) et la boite à pensées s'ouvre. Et je réalise que non je n'ai pas d'amis. Lalala oups. Petit moment de blues.
Je rêve d'avoir un chien. <3
Mon mari est un zèbre lui aussi, nous l'avons appris avant 10ans les deux, mais cela n'a rien changé dans le déroulement de nos vies d'enfant.
Et lorsque je l'ai rencontré, alors que prendre des verres avec des garcons étaient toujours une vaste comédie (je jouais la mystérieuse), ca a été fulgurant. Tout est devenu évident. La conversation, il n'y avait plus d'ego. C'était sincère.
Mais tous les deux on a pas beaucoup d'amis. Et moi surtout j'aimerais des amitiés sincères. J'ai beaucoup besoin d'échanger, j'aime quand les gens me racontent leurs vies, j'aimerai ressentir qu'avec d'autres petits humains, je suis à ma place, sans avoir peur d'être mise de côté :)

Et en lisant ce beau texte, je ne sais pas mais ca m'a fait du bien. Je me suis sentie acceptée.
Dans ces moments là je trouve internet magique. Merci :)

Ketrichen 02/07/2017 13:41

Bonjour Loulou! C'est beau dis donc ce que tu dis. Une très belle histoire avec ton amoureux. J'ai le même problème côté amical alors promis, dès que j'ai une solution, j'écris un texte dessus (et je prends tous les conseils, bien entendu!) Bises à toi Au plaisir. Namasté. Ketrichen.

Zebrima 11/07/2016 02:25

Bonsoir,

Je viens de lire ton article en faisant des recherches sur zèbre et amitié que j'ai trouvé génial.
Je suis moi-même THQI et souffre depuis toujours (j'ai 19 ans) de mes relations amicales. Je suis passée par toutes les phases que tu décris si bien, j'ai quelques zebres dans mon entourage que je vois rarement car on habite loin mais avec les autres et donc de manière générale le problème est que je suis partagée entre faire des efforts pour les voir sachant que ces efforts ne me seront jamais retournés et que je passerai sûrement sûrement un moment ennuyeux, ou rester chez moi et avoir beaucoup de choses mieux à faire. Du coup, j'alterne entre soirées avec des "amis" où 98% du temps je ne rêve que de faire autre chose ou alors je m'amuse seule et soirée chez moi où je culpabilise de ne pas vouloir sortir...
Je ne sais pas comment me sortir de ce déséquilibre voilà merci de m'avoir lue en tout ca, et merci pour ton article.
Bonne nuit.

Ketrichen 06/10/2016 21:40

Salut Zebrima. Pardon de te répondre si tardivement, mon été a été (tiens c’est marrant comme tournure de phrase ça !) un peu compliqué. J’espère que tu liras ce petit message un jour. Je comprends bien ce que tu vis et j’ai longtemps choisi la solitude plutôt que l’ennui avec les autres. Ecoute toi, c’est la première chose à faire. Dis toi également que tu n’es pas seule dans ton cas et que tu peux trouver des gens intéressants. (Si si, je t’assure, ils sont rares mais ils existent.) Cherche les, débusque les (en passant par tes hobbies -quels qu’ils soient- internet etc.) Méfie toi juste des gens nocifs, ils ont tendance à beaucoup briller au début. (Et rien de tel qu’un animal domestique pour tenir compagnie, ça fait tout chaud dans le cœur, des millions de câlins et tu n’es plus jamais seule.) Take care. A bientôt. Ketrichen.

Son's 10/07/2016 20:13

Bonsoir,

Merci pour cet article. Comme nombre d'entre nous, aucun probleme pour entrer en contact et se faire des amis... Dernièrement, une évolution dans ma vie me fait ressentir un malaise relationnel avec une amie qui a été tres proche (et me traite desormais comme une "connaissance") et la moitié de mes collegues qui revent de me voir partir... C'est actuellement douloureux, ùalgré cette conscience de sa propre personnalité "à part"... une personnalité "trop"...
Je pense être un zebre plutot tourné sur l'émotionnel... Le problème est le décalage entre la vision terre à terre de la majorité et nos valeurs un peu trop fortes et ... décalées...

Doit-on faire le deuil d'amitiés sinceres et durables?
Un zebre qui reve d'assumer à 100% ses rayures... ;-)

Ketrichen 06/10/2016 21:40

Bonjour Son’s. Mes excuses pour cette réponse tardive… Non, je crois pas qu’il faille faire le deuil d’amitié longues et durables. Surtout pas. Je pense en fait qu’il ne faut jamais perdre espoir et jamais faire le deuil ni de l’amour, ni de l’amitié, ni de l’épanouissement, aussi difficile que ce soit pour nous au quotidien, voire quelques fois à chaque heure ou à chaque minute. Il faut juste trouver une voix différente et faire le deuil d’être « normal ». Ce n’est pas là même chose. Bien à toi. Ketrichen.

Elodie 06/05/2016 10:58

Merci pour cet article.
Je ne sais pas encore si je suis une TSE ou une TLM. Ma meilleure amie est une TSE, mon compagnon aussi, et sans être extrêmement intelligente ou décalée du monde qui m'entoure, j'ai une capacité à l'émotion et à la compassion importante. Mais je n'ai jamais eu de mal à me faire des amies, probablement parce que cette compassion m'aidait. Clairement, ma stratégie était l'écoute (la psy du groupe). Mais je n'étais pas dans des groupes, plutôt en duos ou trios. Les deux TSE de ma vie (identifiés) sont des solitaires, plutôt mal à l'aise avec les relations sociales, surtout avec les TLM (voire carrément dans le rejet, en mode cabane dans la forêt). Je suis comme vous. J'ai besoin des autres. Je me sens comme un caméléon: je ne sais qui je suis que quand je suis entourée, car je sais alors quelle couleur je prends. Seule, je suis vide. Et si futiles soient la plupart des TLM, leurs émotions sont toujours complexes, instinctives, et donc intéressantes pour moi. Parfois, leurs émotions sont plus faibles que celles que je ressens par empathie, mais ils me donnent l'occasion de ressentir plus que si j'étais seule, et cela m'aide à me sentir plus vivante. J'ai eu la chance de grandir avec des TSE ou des TLM bienveillants (difficile à savoir, quand c'est notre entourage direct): si je suis moi-même TSE, je peux livrer ce témoignage que certains peuvent avoir des relations d'amitié, de vraies. Cependant, comme pour n'importe qui, la plupart de mes relations ont duré plusieurs années avant de s'achever, parfois de manière abrupte, ou insidieuse, ou lentement... Est-ce une fatalité? Qui peut le dire.

Ketrichen 06/10/2016 21:41

Bonjour et bienvenue. Oui, qui peut le dire ? c’est une bonne question. Mes relations amicales s’achèvent aussi quelques fois après plusieurs années et de façons brutales… Peut-être avons-nous un investissement intellectuel et affectif si fort qu’il ne tient pas les décennies ? Piètre argumentation. J’ai les réponses pour mes ami(e)s à moi, vous pouvez trouver une réponse pour les vôtres avec du temps, du recul et beaucoup de réflexion. Courage à vous. Au plaisir. Ketrichen.

Vincennt 24/09/2015 10:10

Olalala, qu'est que j'aime te lire. Beaucoup de chose que tu écris me renvoient des images précises. Chez les enfants TLS, l'amitié est quelque chose en effet de très complexe, après 4 longues années sur le sujet avec mon grand en CE2, il a enfin réussi à s'entourer d'une bande tout en laissant l'enfant qu'il est : un bouge partout monter sur pile nucléaire, la mémoire vivante des jeux et émissions si quelqu'un aurait un oubli quelque chose, ils ont créé une sorte de démocratie intérieure avec d'autres enfants avec une forte probabilité de 1 ou 2 tse dans le groupe. Ma petite puce au CP a encore beaucoup de mal, s'attachant à une amitié indéflectible quite à passer les caprices de sa copine qui pleure (bon ca progresse doucement sur le sujet), qui ne supporte pas quand une copine lui dit que ce n'est plus sa copine sur une bêtise d'enfant TLM ou n'arrive pas à dire stop à ses copines quand elle veut s'isoler 5-10 min pour réfléchir.Son année de CE1 sera surement l'année de son changement, en tout cas je l'espère et on y travaille bcp sur que la vrai amitié est celle où les autres nous acceptent telle que nous sommes sinon c'est du théâtre.

Pour l'adulte que je suis, alors oui que c'est agréable et libérateur de croiser et lié d'amitié avec un TLS qui ne s'ignore pas. Ca fait un bien fou. Oui tous les TLS ne peuvent se correspondre entre eux, imaginons que déjà que les TLM dit que nous sommes tous différents alors avec des TLS avec un champs plus grand de possibilité, ça multiplie les typologies de personnes. Ce n'est pas forcément le TLS qui nous ressemble qui va nous correspondre mais celle où 2 pièces de puzzle s'assemblent. POur les TLS qui s'ignore, oui ça fait un petit peu mentor donc "oui" ça fait plaisir de les voir s'ouvrir, mais comme dans l'amour, ca fait pas un double sens en équité pour que l'on appelle Amitié avec un grand A. Oui comme l'amour ou l'amitié, je suis aussi très d'accord, nous sommes des êtres évolutifs, des chemins peuvent se séparer mais en amèneront d'autres s'il ont reste ouvert au monde. Pour l'amitié avec les TLM, quand les TSE se découvre, ca fait un sacré ramdam. Il reste néanmoins la possibilité de s'allier avec eux, car l'amitié contrairement à l'amour est une relation entrecoupé d'espace de notre vie quotidienne. Chacun peut apporter à l'autre puis retourner à sa vie. Exemple le TLM peut se reposer de sa soirée intense de discussion avec un TSE.

Encore merci pour cette délicieuse lecture avec une plume qui correspond bien à ma vue. Et je suis vite décourager en général loool, c'est pour dire. Bravo Namasté.

Ketrichen 29/09/2015 21:21

Salut Vincennt (le "n" en plus était fait exprès ou faute de frappe??) Merci pour tous tes compliments, ça me fait chaud au coeur. merci également pour tes témoignages (sur tes enfants et toi même). Ce qui est agréable avec toi, c'est que tu reprends et re-synthétise tout ce que je dis (je fais pareil avec les gens pour être sure qu'ils ont bien compris ou leur montrer que je les écoute vraiment). Merci. Namasté et au plaisir.

lillo 24/09/2015 09:48

merci pour l article, j arrive, grosso modo, au même conclusion ou technique que toi pour survivre. c'est réconfortant ;)

Ketrichen 29/09/2015 21:15

Salut Lillo! Ben c'est réconfortant pour moi aussi! Merki :o)

Xine 23/09/2015 19:09

C'est...tellement...juste. Voilà. Juste. Tu as un don, tu sais? Namasté et gros câlin ;-)

Ketrichen 29/09/2015 21:14

Merci Xine. Je suis très touchée par ton petit mot. Un câlin aussi. <3