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Patience et longueur de temps blablabla....

Dès fois je m’emballe un peu. Je m’emballe un peu sur ma capacité à vous communiquer du positif ou à vous faire rire. Je m’emballe un peu sur ma capacité à faire abstraction du monde. Dès fois, j’ai tellement envie, je crois si fort en ma volonté que je me persuade que je peux y arriver. Mais non. Mais non, c’est physiologique, je ne pourrais jamais courir à 100 km / h. C’est con. (Quoi que ça me coûterait super cher en chaussures, alors il faut relativiser…)

J’ai appris des choses ces dernières semaines, des choses vraiment importantes et je me suis dit que ça pourrait vous aider. Alors j’avais vraiment hâte que ma semaine de boulot se finisse, que je puisse retrouver mon clavier et un peu de calme pour vous dire : « Soyez heureux, soyez heureux, c’est possible ! »

Mais manque de bol, un drame s’est produit, un drame que j’essaye de tenir à distance, aussi loin que possible de moi. Mais mes bras sont trop courts.

Si j’habitais au fin fond de la campagne avec juste mes yeux pour savourer, mes mains pour créer, peut-être, peut-être que ça aurait été plus simple. Peut-être que j’aurais pu vous raconter tout ce que j’ai découvert, tout ce que j’ai compris. Evidemment, je n’aurais pas eu à me préoccuper d’avoir des vêtements propres et repassés pour aller bosser lundi (la campagne aime les gens en pyjama et en jogging et c’est aussi pour ça que j’aime la campagne). Je n’aurais pas eu à me préoccuper de me coucher tôt ce soir et à mesurer exactement le peu de temps que je vais avoir de disponible pour moi cette semaine. J’aurais pu, comme je le voulais au départ, passer mon week-end plongée dans un livre de Robin Hobb, le cœur palpitant de rêves.

Je me serais contentée de moins, il y a des sacrifices que je peux faire, je suis plutôt bien lotie. J’ai de la chance avec mon homme extraordinaire, mes animaux, mon toit sur la tête, mes voisins exécrables et mes 38 m2. Bien sûr, je suis en deuil, c’est pas marrant. Je ressasse des souvenirs étranges, je les attrape, je les tourne dans tous les sens, essayant de faire le tri, de garder le meilleur, de brûler le pire. Bon. Pas toujours drôle mais plutôt gagnante au final avec mon copain le xanax qui m’aide à dormir… (Il faut ce qu’il faut).

Mais là, j’ai super peur de demain. J’ai super peur parce que je me sens le souffle coupé par ce qui se passe, que je n’ai pas pu me ressourcer ce week-end, parce que demain je vais voir mes collègues et que je suis terrifiée, terrifiée à l’idée qu’ils me parlent des attentats. Que vont-ils me dire ? «Que : « C’est horrible ? » (Non, sans blague ? Tu crois ???????) Est-ce qu’ils vont me parler de politique ?  J’ai super peur qu’ils me parlent de politique, qu’est-ce que je vais leur dire ? Comment garder mon calme ? C’est ça qui me terrifie le plus. S’ils disent des conneries plus grosses qu’eux je vais faire comment ? Je vais encaisser en souriant ? Je ne pourrais pas leur hurler dessus en leur disant : « Fermez vos gueules bande de sals cons, vous ne connaissez rien à rien ! Vous êtes trop stupides ! Si stupides que vous me donnez envie de vomir ! » Je ne peux pas faire ça. Je ne peux pas.

Que faire alors ?

C’était bien, j’avais des trucs à vous raconter, des trucs qui réchauffent le cœur.

Mais là, je ne peux pas, je suis trop triste. La semaine prochaine ? La semaine prochaine, je vous écris. J’espère qu’il n’y aura pas d’autres morts ou que j’aurais fermé les yeux suffisamment forts pour ne pas les entendre…

La semaine prochaine? Ou bientôt. Oui bientôt, c'est bien, c'est large. Dès que je peux, au plus vite, je reviens pour vous compter de belles histoires.

Namasté

Ketrichen

 

Tag(s) : #L'auteur, #précoce, #surdoué, #HPI, #HQI, #zèbre, #haut potentiel, #haut potentiel intellectuel

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